Quand on est un transexuel, la vie quotidienne n’est pas facile. Les choses se compliquent vraiment quand on tombe amoureux. Cynthia va tout faire pour conquérir le coeur de son aimé.

4e de couverture
« Si vous pensez qu’être transexuel est un problème, alors vous n’avez jamais eu de vrais problèmes. Vous n’avez jamais été transexuel et amoureux. » Cynthia est blonde platine, a un goût immodéré pour les imprimés léopard, adore tomber amoureuse et aspire à une vie ordinaire. Cynthia est transexuelle aussi.

Mon avis
Pendant toute la lecture, il y a eu quelque chose de dérangeant. Pourtant, en lisant la quatrième de couverture, notre curiosité est piqué car il en rare de trouver des albums avec des personnages transexuelles. Tomber amoureux en temps normal est difficile donc cela doit être plus difficile en tant que transexuel. Cynthia rencontre un homme dans la rue et en tombe éperdument amoureuse. Il faut à tout prix qu’elle se rapproche de lui. Comme elle cherche un boulot, elle pourrait postuler dans celle de beau gosse. Mais à tous ces précédents entretiens, les choses tournent mal quand on lui demande sa carte d’identité. Légalement pour l’instant, elle porte encore un prénom d’homme et ça coince tout de suite. Donc, elle met de côté sa vraie identité de côté et postule en tant qu’homme. Le souci est aussi que l’entreprise prône la thématique un papa, une maman et une croix au-dessus du lit. L’amour pousse à faire n’importe quoi. Progressivement, ils se rapprochent et avec d’hasardeux stratagèmes ils sortent ensemble.

On pourrait croire que c’est chouette ce happy end. Mais beaucoup de choses dérange et il est difficile de dire si c’est pour faire rire médiocrement ou pour plus. Léo Ortolani voulait-il critiquer et se moquer en même temps? Par exemple, dans les réunions LGBTQUIA+, le bédéaste change le nom LGBTQISW pour intégrer des personnes qui se déguisent en personnages de Star Wars. Qu’elle est le rapport entre les personnes gays, les lesbiennes, queers… et la guerre des étoiles? Et après se rajoute des extraterrestres obsédés par des sondes anales, cela n’a aucun rapport encore une fois et c’est grossier. On dirait qu’une association thématique ne sert à rien puisqu’on y accueille n’importe qui. Il y a aussi les remarques sur les lesbiennes végétariennes, assez grossières, qui n’apportent là aussi rien du tout. C’est gratuit et méchant. Ces moments sont assez récurrents dans l’album. Le dessin avec des visages avec des têtes de carlin gêne aussi. Pourquoi faire des corps d’humain avec des visages d’apparence canine et des coiffures humaines?

Et pourquoi aussi faire des blagues gratuites grossophobes et rire de la discrimination? « – Les enfants qui ont une orientation sexuelle différentes sont marginalisées et deviennent victimes de harcèlement à l’école! Voilà pourquoi nous demandons une éducation sexuelle correcte, qui inclue tout le monde! – Mais moi, je suis harcelé parce que je suis gros! (…) – Désolée gros lard, mais tu nous fais perdre notre temps! Oust! Va manger ton goûter! » (p. 195). Il n’y a vraiment rien de comique là-dedans. C’est navrant au possible.

La caricature est trop présente pour être appréciable. Pourtant Cynthia aurait plus parler de son affirmation d’être une femme. Pourtant, on parle de ces échanges avec sa grand-mère qui auraient pu être plus approfondi. L’amie de Cynthia est une fonceuse, courageuse et téméraire. On aurait pu en savoir plus sur elle pour aller plus loin que faire valoir. Tout ressemble à une farce dont on ressort dégouté. Un sujet survolé pour se moquer grossière de tout. Apparement c’est la pâte de Léo Ortolani. Une certitude, on n’ira pas en savoir plus. On est étonné du choix éditorial de Steinkis qui se veut plus raffiné et intelligent à l’habitude.

Un album très décevant dont il vaut mieux passer son chemin.

Une réponse à « Cynthia – Léo Ortolani »

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