Le grand large – Jean Cremers

Quelque chose de grave se déroule dans le monde. Les enfants doivent s’en sortir mais comment? Léonie et Balthazar vont tout tenter pour trouver la terre ferme.

4e de couverture
Sac sur le dos, Léonie se retrouve au milieu de nulle part, ou plus exactement en plein milieu de l’océan ! En lui apprêtant une embarcation, ses parents l’ont tout simplement forcée à prendre le large ! Mais pour aller où ? Comment diable va-t-elle s’y prendre pour trouver la terre ferme à l’aide de ses simples rames en bois ? Apeurée, elle va découvrir un univers sans foi ni loi où la nature, le hasard et la détermination vont guider sa barque. Bonne nouvelle: elle n’est pas si seule puisqu’elle rencontre Balthazar, un adolescent dont le canoë prend l’eau de toutes parts.
Dans cette immensité, tout le monde n’est donc pas logé à la même enseigne. Les yachts et les bateaux à moteur circulent à toute allure et ne se gênent pas pour détrousser le voisin. Parmi ce faste, il y a aussi ceux qui semblent avoir abandonné tout espoir d’accoster un jour, comme Agathe, qui s’est laissé porter par le courant… Quand ces trois naufragés se croisent, l’aventure prend un autre tournant. Léonie, décidée à trouver un rivage, va embarquer Agathe et Balthazar pour une traversée éprouvante, à la limite des forces qui lui restent, à moins que ce ne soit le contraire…
Il faut bien grandir un jour. Mais comment naviguer sur les flots de la vie ?
C’est à travers ce roman graphique que Jean Cremers tente de répondre à cette question en convoquant la force de l’imaginaire pour une métaphore du grand saut vers l’âge adulte. Ce récit initiatique plein de péripéties, que l’on lit d’une traite nous parle des rencontres marquantes et de ces épreuves nécessaires qui nous forgent.

Mon avis
La couverture avec du bleu provoque de nombreuses images. Notre imaginaire se met en marche. La fin du monde est-elle arrivée? On ne sait pas vraiment ce qui se passe. Mais des parents mettent leur progéniture dans un bateau et les jettent à l’eau. A eux de se débrouiller pour survivre. Léonie est terrifiée. Comment ne pas l’être? En chemin, elle rencontre des adolescents cruels avec leur bateau à essence qui aiment briser les bateaux en bois et d’autres qui volent les réserves alimentaires des autres. Par chance, il y a des adolescents sympa comme Balthazar. Le duo assez atypique avec une fille avec une seule main et un garçon muet possède une détermination hors du commun. Une vieille femme au passé tumultueux va les aider face à tous les rebondissements qui arrivent. Les profiteurs de la misère ne manquent pas et il n’est pas facile de se protéger.

Jean Cremers propose un graphisme assez lisse et très lisible. Une forme de classicisme avec une touche de modernité avec l’importance de la couleur sur l’entourage noir. Les plus beaux moments, bien qu’ils soient rares, sont les morceaux d’harmonica. Des teintes chaudes, orange et jaune, émergent de l’instrument. D’ailleurs, on croit un moment à un pouvoir magique de cette instant. Il n’en est rien. Les jeux entre bleu pour montrer l’immensité qui ne semble jamais s’arrêter comme si aucun échappatoire n’était possible.

Le parallèle avec le fait de changer de statut d’enfant à pré-adulte se fait sentir. Il faut laisser de côté la facilité, la liberté de faire ce que l’on veut, la protection tout le temps… Maintenant ils sont dans le grand bain et doivent se débrouiller. Compter sur soi et savoir à qui faire confiance demandent un apprentissage. Cette aventure sera très formatrice. En prenant que la sujet de la bd c’est un récit initiatique, le contexte semble moins important pour la compréhension. On se laisse porter jusqu’au happy end même si on aurait apprécier quelques précisions.

Une lecture pleine d’aventure qui saura séduire, surprendre et inquiété.

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