
Il est difficile de se sentir bien dans sa vie. Les idées noires et les crises d’angoisse viennent pourrir le quotidien de Clara. Elle peine à arriver à s’en sortir.
4e de couverture
Très attendue, C’est comme ça que je disparais est la première fiction de Mirion Malle, bien connue pour ses BD didactiques féministes, engagées et aussi percutantes qu’hilarantes.
C’est comme ça que je disparais est une tranche de vie douce-amère, pop et très « nouvelle vague ». Mirion Malle nous entraîne au plus près des personnages et de leurs émotions, au plus près aussi du mal-être et de la dépression vécue par l’héroïne.
Cette BD, qui est un véritable miroir tendu aux jeunes adultes du 21e siècle, aborde aussi en creux la question de la santé mentale et de la dépression. Mirion Malle, avec le talent qui est le sien, le fait avec énormément de sensibilité et de pudeur (avec humour aussi, bien sûr !), par petites touches impressionnistes composant un tableau particulièrement touchant et servi par une écriture remarquable.
On y retrouve par ailleurs l’univers et les thèmes de prédilection de Mirion Malle (le féminisme, la sororité, le soutien, l’écoute, le karaoké, les chansons des années 2000, la communication et les réseaux sociaux) et l’on y découvre la vie à Montréal.

Mon avis
Mirion Malle a toujours abordée des sujets très sensibles. Elle aborde toujours des sujets relatifs aux femmes que cela soit l’histoire du féminisme ou des souffrances plus personnelles. Dans ce récit de fiction, elle met en avant Clara. Elle a un travail avec un responsable malveillant et narcissique. Elle doit produire une bande dessinée et sa réalisation n’avance pas autant qu’elle le voudrait. La fatigue et la tristesse l’habitent au quotidien. Il faut gérer tout ce mal être qui n’arrête pas de la poursuivre. Même entretenir des relations avec des amis deviennent difficile. Comment faire comprendre aux autres la souffrance que l’on ressent? Comment l’expliquer quand déjà on ne se comprend pas? Que faire pour aller mieux? Que cela soit voir des professionnels ou soit aller dans une institution spécialisée, cela coûte trop cher à Montréal. S’isoler devient le bonne méthode pour se protéger. Quoi de plus naturel que les autres s’éloigne d’elle quand elle les ignore? Une seule fois les mots arrivent à sortir. Est-ce les premiers pas pour se sentir mieux?

La dépression n’est pas un sujet si souvent abordé. En plus, ce n’est pas une bande dessinée qui parle de l’histoire de la maladie mentale, de montrer le champ des possible et encore moins des soins possible. C’est une tranche de vie où l’on suit une femme dans la souffrance et qui n’arrive pas à s’en sortir. Il fallait finir sur un happy end où il y a un avenir meilleure pour elle. Ce n’est pas parce que l’on a un travail et des amis que l’on peut échapper à la dépression. Les choses sont plus complexes. Plus d’une lectrice pourra se reconnaître dans ce profil. Depuis le confinement et l’augmentation du harcèlement, des burn out, des féminicides… il n’est pas étonnant qu’un niveau d’incertitude génère des craintes assez fondées. Même si cela reste une fiction et qu’aucune solution n’est proposée à la fin. Pas même un petit dossier avec des numéros et des structures pour accompagner la dépression. L’éditeur français aurait pu le faire avec un partenariat avec une association nationale. La fiction parfois n’est pas loin de la réalité.
Au niveau graphique, nous sommes loin d’une forme classique. Les puristes de toute façon ne serait pas aller au-delà de la couverture. On y voit le style assez libre qui ne s’encombre pas d’hyperréalisme et de détails. L’écriture aussi donne l’impression d’être manuelle à main levée. Pas besoin de couleur non plus. Cela n’apporterait rien à l’histoire. C’est dans l’esprit moderne de la bande dessinée du 21e et dans la fibre féminine. On pourrait voir les traits précurseurs de Claire Bretécher avec « Cellulite » ou « Agrippine ». L’essentiel n’est pas forcément dans une esthétique très léchée.
Une lecture intéressante qui ose parler librement de la dépression.

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