
Pour se débarrasser d’un boulet, Nathalie Leboeuf invente un concept relationnel très particulier. Elle se sent contraint d’aller au bout de son idée. A sa grande surprise, tout fonctionne ou presque.
4e de couverture
Lorsqu’une simple boutade pour se débarrasser d’un gros boulet en soirée change entièrement la face de notre société. A quarante ans, Nathalie Leboeuf, adolescente attardée n’ayant toujours pas passé le cap de l’adulte qui s’assume, est en passe de réussir à rater sa vie. Quand, lors d’une soirée, elle rencontre celui qu’elle identifie immédiatement comme le crétin universel à l’égo boursouflé, Nathalie lui lance à la tronche un « métier » imaginaire : auteur et coach en « comment devenir un super connard bien dans sa tête ».. En d’autres termes : contrairement aux guides de développement personnel qui multiplient la bienveillance comme les pains chez Jésus, Nathalie apprend aux autres à devenir un gros con qui s’assume en marchant sur les autres. Une autre idée du bonheur.. Sa technique : le développement personnel inversé.. Son ouvrage : « No ! » Sous la pression de son crétin mythomane, elle va écrire ce livre, le vendre et malheureusement pour l’avenir de l’humanité, il sera appliqué à la lettre…

Mon avis
Nathalie Leboeuf alias Mae de Wintour rencontre Ryan Gosseline et ce n’est pas le grand amour. On assiste à une tentative de séduction d’un gros beauf dans sa splendeur. Tout sent le faux aussi bien dans ces paroles que son attitude que ses vêtements. Elle décide de se jouer de lui. « Je veux éliminer le concept de « gens » de notre société. Et pour y arriver, j’apprends aux gens sympas à s’affirmer en chiant sur les autres » (p. 15). Elle va aller au bout de son concept que l’autre soutient. Puis elle fait des tourner au début dans des petites salles pour finir dans un zénith. Le succès est au rendez-vous. Par conséquent, elle rédige un livre qui se vend comme des petits pains. Malheureusement, elle ne gagnera rien de tout cela puisque l’abruti garde tout pour lui et s’approprie son travail. Un parcours d’une rencontre improbable qui tourne en jus de boudin.

Un contrepied flagrant aux ouvrages de développement personnel. D’habitude, on vend de l’écoute, de la bienveillance, du partage… Et là, on prône le narcissisme, l’égocentrisme et la violence. Etonnamment, cela prend. On ne s’étonne qu’à moitié car il n’est pas si difficile de rencontrer des gens qui prône le moi avant tout facilement, en dehors des adolescents bien entendu. Que serait le monde si tout à chacun revendiquait son égo avant tout? Aucun doute que la violence deviendrait chose courante. Alors autant essayer d’en rire. L’absurde est au rendez-vous. Le visage du personnage principal masculin est gratiné. On voit tout de suite la médiocrité qui émerge de lui.

Le style graphique est assez dynamique et proche de la caricature. On est dorénavant habitué à cette identité graphique que l’on trouve dans la bande dessinée plus moderne et féminine. D’ailleurs, c’est pour cela qu’au début, on parle d’un personnage nullipare. « Pour résumer, c’est une nana n’ayant jamais accouché et qui n’ira jamais acheter des fournitures scolaires en août. » (p. 1). Un terme rarement usité, encore moins expliqué et en plus en début d’ouvrage. Il est utile d’enrichir le vocabulaire des lecteurs. Le reste est tout à fait accessible et sans prétention. Pour impulser du mouvement, les bédéastes ont fait le choix de la trichromie avec le rose, noir et blanc. La structure est assez classique avec des gags prévisibles pour la plupart, surtout grâce aux clichés de genre très présents. La lecture se fait aisément sans pour autant rire. On esquive un sourire ici ou là. Néanmoins, on passe un bon moment, léger et c’est suffisant. Toutes les bd n’ont pas vertu à être mémorables.
Une lecture anti développement personnel qui change les idées. Une aventure mignonette entre une idée qui devient un projet rentable, mais pas pour toutes les parties prenantes.

Laisser un commentaire