
La vie au quotidien est remplie d’angoisse. Seul son appartement, son compagnon et son chat Michel lui apportent du réconfort. Leslie Plée partage ses névroses pour son plus grand plaisir.
4e de couverture
Du syndrome de l’adultisme (quand on veut faire des trucs qui font adulte alors même que quand on lit une carte des vins c’est comme du Kafka en japonais), au syndrome du super-héros (quand on veut être trop parfait), en passant par le syndrome de Bernard Montiel, Leslie revisite les syndromes les plus connus pour nous parler avec tendresse, justesse et humour de nos petites névroses au quotidien.

Mon avis
Le mot névrose n’inspire pas forcément à sourire de prime abord. Mais Leslie Plée à le talent de mettre dans l’humour et de la légèreté sur sujet lourd. Le mal-être n’est pas facile à gérer mais qu’est-ce qui nous empêche d’en rire pour aller mieux? Et puis qui ne c’est jamais senti mal à un moment puis avec du recul cela nous a semblé ridicule?
La dessinatrice impose un style avec décontraction en se mettant en scène. Ainsi elle ne se moque ni d’un voisin, ni d’un ami, ni d’un quidam uniquement d’elle. Son compagnon est un peu égratigné bien qu’elle souligne l’amour qu’ils se portent. Sans oublier Michel, le chat de la maison qui est assez filou.

Elle affirme dans cette bd son côté féminin avec le génial syndrome du sang bleue. Il n’y a aucun rapport avec la maladie du sang bleu. C’est plutôt en référence avec la couleur du sang dans les publicités pour les tampons et serviettes hygiéniques. Cachez ce sang que je ne saurais voir. Il ne manquerait plus qu’on montre des protections hygiéniques après usages. Certaines artistes d’art contemporain ont fait des expositions de tampons usagées sur une semaine.
Leslie Plée parle avec beaucoup d’humour des tabous liés à la sexualité féminines. Alors à bas les culottes, on parle de taille de vagin, de masturbation, de pornographie… Et si les femmes pouvaient être autre chose que des clichés et des objets sexuels?

Elle propose aussi de vivre une aventure incroyable. Il faut partir dans l’acceptation de soi, avec bienveillance et sans cruauté. Le pire ennemi qu’on a c’est soi-même. Elle tente avec légèreté de dédramatiser l’anxiété qui parfois est perçu comme de l’égoïsme.
Une écriture engagée avec un coup de crayon assez original. Pourquoi limiter l’espace avec des cases quand des touches de couleurs suffisent à créer un récit et quelques bulles. Pourquoi s’encombrer de décors quand l’important est dans les personnages et leur vie? Une touche légère et simple l’aquarelle qui rend la lecture très agréable.
C’est avec un optimisme délicieux que Leslie Plée nous parle de ces névroses. Alors ne pas glisser de la bonne humeur et des sourires dans ces peurs?

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