Indiana ne connait pas vraiment le sens de l’amour. Son mari est autoritaire et sévère. Un jour un beau parleur ravit son coeur pour sa perte.

4e de couverture
Indiana a épousé pour son malheur un officier en retraite, antipathique et autoritaire. Elle vit avec lui dans la tristesse d’un château de province. Tout la dispose à se laisser séduire par l’amour : Raymon qui possède la fougue et la jeunesse que n’a plus son mari. Hélas, cette aventure (et son amant) s’avère bien décevante.
Alors que tout prédestinerait l’héroïne à une fin tragique, elle trouvera le réconfort et la sérénité sur l’île Bourbon, dans la compagnie de son cousin Ralph.
Une intrigue amoureuse fougueuse et délicate, une étude des moeurs incisive, une charge contre l’oppression dont les femmes sont victimes font d’Indiana un classique de la littérature féministe.

Mon avis
Quand on voit que Catel Muller est de la partie, on a envie de lire la bande dessinée. Elle nous a toujours épaté par ces précédents albums. Pour cette aventure littéraire où l’on met en image le roman « Indiana » de George Sand, elle collabore avec Claire Bouilhac et Marie-Anne Didierjean pour la couleur. L’auteure sera peu présente. On découvre l’origine de son nom d’artiste au début et on découvrira à la fin qu’elle a toujours été égale à elle et une femme libre. Cela permet de poser un contexte de création.

Entre les deux, on rencontre Indiana, une jeune belle femme marié à un homme riche mais autoritaire, méchant et sans coeur. Pour lui l’argent et l’honneur comptent plus que le reste. Elle est fragile car tout le temps dans la plainte et les pleurs. Une personne fade comme on les aime. Son cousin reste à ces côtés. Il l’aime en secret. Le fils de la voisine, Raymon, aime manipuler les femmes pour qu’elles se donnent à lui. Maîtriser les mots fait les coeurs. Il s’amuse de ça, qu’importe si les nanas se suicident après de s’être fait jeter. C’est le jeu ma pauvre Lucette. Pour le jeu, il fait en sorte qu’Indiana tombe amoureuse de lui. Quand il arrive à son objectif, car elle va tout abandonner pour lui, il s’est marié. Par chance, le cousin Ralph est dans le coin et le mari est mort. Après une tentative de suicide à deux, ils s’en sortent, se marient et vivent heureux. Quel flot de niaiserie. Il n’y a rien de mignon à la stupidité des femmes incultes et à la force de mecs narcissiques. La bd donne un peu de dynamisme à ce récit ennuyant et plat. La nouveauté est que tout se termine bien sans suicide de l’héroïne. La littérature au service de la propagande pour souligner l’infériorité des femmes et la force de l’homme.

Il est bien de retracer ce genre de choses pour que l’on n’oublie pas le déploiement de la phallocratie. C’est énervant au final car on ne peut qu’admirer la médiocrité d’Indiana. Heureusement qu’elle est belle sinon elle n’aurait pas grand chose pour elle. Sans mari elle ne vaut rien. Seules les veuves peuvent bénéficier d’un peu de liberté de penser et d’agir. Monsieur lui peut tout faire tant que l’argent rentre. Il doit construire et maintenant son réseau pour ses affaires. Son épouse lui sert d’objet d’admiration surtout lorsqu’elle est jeune et mystérieuse. Le roman graphique met en lumière comment la discrimination favorise bien certains au détriment d’autre à cause de leur sexe et de leur statut social. On ne reste pas insensible à cette lecture qui donne envie de se battre pour l’égalité ainsi que l’équité des droits des femmes.

Une lecture soulignant l’état d’esprit d’une époque qui n’a pas tellement changé sur certains points de nos jours.

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