Le bordel ça parle forcément à tout le monde. Soit on est désordonnée ou soit on subit ceux qui le sont, voir on les redoute. Pourquoi ne pas partir à la rencontre d’une personne qui l’affirme et l’accepte?

4e de couverture
Le livre que vous avez entre les mains n’est pas vraiment un guide de rangement. Car Einat Tsarfati ne s’en cache pas : elle est une incorrigible bordélique. C’est pourquoi elle pourrait bien avoir deux ou trois idées pour vous aider à faire face à votre propre chaos – ou, au moins, pour soulager votre conscience…

Mon avis
Pour sa première bande dessinée adulte, Einat Tsarfati y va fort. Elle parle d’un sujet assez tabou : le bordel. A une période, où l’on voue un culte à Marie Kondo et à une pléthore d’émissions télé sur le rangement et le ménage, il n’est pas bon de parler de désordre. Le dénigrement pour les personnes qui aiment le désordre est assez forte et fait consensus. Et pourtant, ce n’est pas faute d’essayer d’être carré. Pourtant qui voudrait mettre un rectangle dans un rond? Personne alors pourquoi juger si durement ceux qui vive dans un chaos totalement désorganisé?

Pour rassurer tout le monde, la bédéaste fait un guide pour montrer tous les pans du problème. Une fois qu’on l’accepte, les choses se font plus facilement. Il ne faut pas lutter contre sa nature profonde. Elle nous explique comment se passe dans le quotidien et dans la tête d’un individu qui aime l’ordre et pas l’autre. C’est sympathique. On sent à la fois l’amusement et la souffrance. Aucun doute que le récit soit autobiographique. Cela lui permet d’avoir une grande fantaisie dans la mise en page. Elle positionne le texte tout autour de la page, même à l’envers et elle ose même déroger au sacro saint sens de lecture standard. Après tout, c’est totalement évident pour une bordélique.

Une lecture drôle et piquante sur un tabou sociétal avec les bordéliques. Le désordre est aussi une façon d’être.

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