
Il est difficile de trouver sa place dans la société en tant que femme. Les attentes sont multiples de toute part. Les choses empirent dès qu’il est question de l’éducation des enfants.
4e de couverture
Des lignes et des cailloux…
Dans ce nouvel ouvrage de la série Un autre regard , Des lignes et des cailloux, Emma revient avec trois nouvelles histoires pour celles qui en ont marre de se faire exploiter : vous y rencontrerez Jean-Martin et ses ingénieuses techniques d’évitement des tâches ménagères ; Henri-Gontran, le mec bien (mais qui place quand même son ego avant les droits des femmes) ; et pour finir, un anti-manuel de coaching parental, par et pour des daronnes qui aimeraient bien qu’on leur lâche un peu la grappe.
Un pas de côté vis-à-vis du débat pour ou contre l’éducation positive , parce que finalement, un bon parent, n’est-ce pas avant tout un parent qui va bien ?

Mon avis
Emma a fait sa place dans le monde du 9e art. Surtout en parlant un peu d’écologie et beaucoup du sujet de la charge mentale. Le cinquième tome de sa série « Un Autre regard » est consacré d’une part sur la part des hommes dans les tâches ménagères à la maison et d’autre part sur l’éducation positive.
Deux choses surprennent dans cette bande dessinée. Tout d’abord sur la question du format qui est assez grand et pas très confortable à lire. Il détonne totalement avec les tomes précédemment publié chez Florent Massot. D’autant plus que le format poche est le plus répandu pour une seconde édition. L’autre chose est sur la répartition entre les deux sujets abordés. Le premier sur l’absence d’implication des hommes dans les tâches ménagères. Pour eux, cela leur semble sans intérêt à faire et normal que madame s’en occupe. Qui n’a jamais entendu « elle repasse toujours derrière moi donc j’arrête ». La mauvaise foi d’un côté et le manque de lâché prise de l’autre génère des situations conflictuelles sans réelles solutions. Les parties étant sourdes aux solutions. Donc ça reste comme avant et tout le monde est content ou presque. La bédéaste dresse un constat sans pour autant proposer des solutions. Elle n’omet bien le sujet du mec bien qui veut se distinguer des autres et rappelle « Et moi?? ». Il oublie que le sujet n’est pas eux.
Les trois quart de la bd concerne l’éducation positive. Les mères ont de plus en plus de pression pour donner une éducation parfaite à leur progéniture. Certains disent que crier sur un enfant ou faire du troc risquent même de lui provoquer un cancer. Comment croire ces absurdités? La peur de ne pas faire des enfants parfaits est trop prégnante. Les mamans sont prêtes à se former dans des sectes pour être les meilleurs, les plus incroyables. Malheureusement cela peut mener à des sévices graves chez des enfants comme la malnutrition car on laisse l’enfant choisir ce qu’il veut manger et quand. Il n’y a pas de recette magique et il faut accepter l’imperfection ainsi que l’échec, bien que cela ne soit qu’un point de vue.
N’ayant pas eu connaissance de ces gourous de l’éducation parfaite, cela a été une découverte. Emma insiste assez sur la désespérance de ces mamans qui cherchent leur place. D’ailleurs où sont les papas dans cette histoire? Ils ne doivent pas vraiment s’occuper de leur gamin ou se posent moins de questions. C’est incroyable la pression qu’elles peuvent ressentir. Elles veulent le meilleur pour leurs petits et paraître la meilleure à l’extérieur. Quel parent aiment que les gens leur jette des regards mauvais quand le petit dernier fait une crise au supermarché? C’est intéressant à connaître mais fallait-il une partie si importante? Une certitude tout de même, plusieurs personnes devraient le lire. Cela ne leur fera pas de mal d’apprendre à voir les choses autrement.
Une lecture dense, avec des références et pourtant on se lasse un peu.

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