
Comme le disait Simone de Beauvoir, on ne naît pas femme, on le devient. Pour Lucie Lgt, c’est bien vrai, elle le ressent jusque dans son corps. Dans sa bd, elle partage son parcours de personne engagée et paumée.
4e de couverture
Vous vous demandez à quoi ressemble la vie d’un.e féministe tout ce qu’il y a de plus vénère en 2021 ? Accrochez-vous, Lucie Lgt vous y embarque.
Lucie a 24 ans, une dent pétée et elle adore dessiner son quotidien avec humour et légèreté, mais surtout, sans filtre.
Dans cette BD, qui est sa première, elle regroupe les épisodes marquants de son quotidien de jeune fille queer, féministe et révoltée qui navigue à travers la vie comme elle peut. Des rendez-vous gynéco chiants aux coups de gueule contre le harcèlement de rue, en passant par des peines de cœur ou une reprise difficile du sport, les tranches de vie qui défilent au fil des pages constituent le portrait de l’autrice, mais aussi de toute une génération qui cherche sa place dans un monde en chamboulements constants.

Mon avis
Lucie Lgt présente son livre dans son avant-propos. Elle propose un recueil de ces dessins réalisés entre 2018 et 2022. Et « ça parle d’amour, de féminisme, de tracas du quotidien, de découverte de soi et du monde, de blessures et de guérison, bref de plein de choses, parfois rigolotes et parfois moins. » Elle en profite aussi pour prévenir le lecteur : « Je préfère donc t’avertir ici que par endroits, j’aborde des thèmes qui te remueront peut-être : préserve-toi, n’hésite pas à sauter des pages ou à refermer le livre pour un temps ou pour toute la vie. » (p. 10). Par la suite, comme elle possède un langage bien à elle et propre à certains milieu, elle nous met un lexique. C’est assez pratique car en effet tout n’est pas compréhensible comme askip, fancy, go, oklm, track ou undercut. Quand on n’est pas jeune et en dehors d’une communauté, une forme de langage nous échappe. Donc c’est assez bien de nous faciliter la lecture pour la suite.

Lgt propose des courts récits de sa vie. Les questions n’arrêtent pas de lui traverser l’esprit. Comment définir son statut de féministe? de femme blanche? de queer? Comment tout concilier? Comment se comporter avec une nouvelle relation? Comment bien rompre? Comment bien aimer? Comment bien se faire aimer? Comme gérer son célibat? Cela n’arrête jamais de tournoyer. Tous les lecteurs trouveront des similitudes avec leurs histoires personnelles.
Les doutes, l’incertitude, la peur est commun à tout à chacun. Après, elle s’interroge sur sa situation de queer et de l’expliquer, le vivre et le partager. Elle est sans cesse en construction. Et quand les règles arrivent les émotions fortes débarquent. Comme c’est un fait récurrent, on a le droit d’avoir une grande diversité dans les aventures. Là également, les lectrices pourront s’identifier. Douleurs, tristesse, déprime deviennent des conjointes fidèles, peut-être trop. Des tranches de vie réalistes parfois amusantes.
Par contre, on s’étonne de l’impression. Le format est plus qu’un A4, le papier est très épais et très blanc. Ce choix n’apporte rien au récit. Surtout que les livres du même genre sont plus du registre de l’objet d’art. D’autant plus qu’il n’est pas question de valoriser des teintes plus que d’autres puisque tout est en noir et blanc. Le trait est assez basique, fait à main levé sans vraiment de finesse. Même si l’on voit une évolution dans les représentations à travers le temps, ce n’est pas non plus très flagrant. En tout cas, on va suivre l’artiste dans son chemin de quête. Doit-il y avoir une fin?
Une bande dessinée qui parle d’une femme qui se dévoile dans son entièreté et ses contradictions.

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