
La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Cécile en sait quelque chose car la mort l’a colle de près. Par conséquent, il devient nécessaire de cultiver les petits bonheurs.
Il n’est pas courant enfin d’aller faire des balades dans un cimetière quand on est enfant. Mais n’est-ce pas une belle occasion de leur raconter une histoire? Pas n’importe laquelle, puisque cela les concerne directement. Patiemment et en trouvant les bons mots, la mère leur parle d’un évènement important dans la vie avec leur papa : la signature de leur pacs. Puis de l’achat de leur maison dans laquelle il y allait avoir du travail à faire. Par chance, ils pouvaient compter sur Papylain et Maminie, les grands-parents, la famille et les amis. « Tout était à construire. On ne savait pas encore, à ce moment-là, combien dans le même temps… ». Puis mamie Francisca mourut d’une crise cardiaque. Les maladies graves qui l’avaient poursuivies toute sa vie lui ont permis de préparer comme il faut ses obsèques. Ensuite, c’est au tour de la mère, Annie, de mourir. Le bouleversement émotionnel est au rendez-vous. Pourrait-il en être autrement? Malgré la tristesse immense, la vie continue avec d’heureuses surprises et d’autres un peu moins.

Dès la première page, Cécile Porée nous fait découvrir son style graphique particulier. Un dessin net, précis et très lisible. Mais qui laisse de côté une mise en page assez standard pour mettre parfois des cadres noirs et parfois non. Le gaufrier c’est bien néanmoins cela coince parfois pour faire des focus sur des moments clés. Avec le choix de laisser du blanc, elle pose des touches de couleurs qui contribuent à rendre les choses délicates, douces et fragiles. Même le visage des personnages à quelque chose de grâcieux, agréable et sensible. On s’attache avec facilité à cette petite famille particulière. Le contraste entre les gris et les couleurs facilite les immersions dans les émotions fortes. Ce travail est en total adéquation avec le scénario de Camille Anseaume. Les deux amis ont su insuffler de l’amour et de la bienveillance dans leur récit inspiré de faits réels personnels. Elles sont arrivées à aborder avec beaucoup de pudeur les questions du deuil et de la maladie. Une intimité qui parle à tout à chacun qui a du faire face à la perte d’un être cher. Pour une première collaboration, les artistes s’en sont tirées haut la main. Attention âmes trop sensibles s’abstenir.
Une bande dessinée singulière et touchante qui ose parler de la mort et de la force d’avancer. L’amour moteur de l’espoir en des lendemains meilleurs.

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