
Dans le monde artistique, il y a des femmes qui ont su sortir du lot. Germaine Richier a su toucher son public avec ces oeuvres singulières. Le talent ne s’estime pas notre genre.
4e de couverture
Remise en lumière d’une artiste majeure, immense sculpteur, dernière élève de Bourdelle. Une trajectoire solaire qui traverse tambour battant le XXe siècle, en poussant les limites, en questionnant la nature et le vivant, et qui trouve une résonance toute particulière avec notre époque en quête de racines et d’ensauvagement.

Mon avis
Quand on pense sculpture, on pense en général des noms d’homme. On a su faire sa place. Bourdelle a détecté très tôt son talent. C’est la raison pour laquelle il l’a prise dans son atelier. A sa mort, elle n’était plus une apprentie. Sa passion, son enthousiasme, sans savoir-faire, son faire-savoir, sa curiosité, son imagination, sa bonne humeur, sa fraîcheur ont permis de se faire reconnaître. L’Etat lui achète une oeuvre et même une église lui passe une commande. Elle bénéficie même de rétrospective de son vivant. Pourtant, elle tombera dans l’oublie.

En 2022/2023, les portraits de femmes sont à l’honneur dans la bande dessinée. L’insertion des femmes dans l’Histoire commence à se faire et pas uniquement dans le 9e art. On peut le voir avec le succès de Mona Chollet par exemple. C’est plaisant à lire car on découvre l’évolution du parcours d’artiste de Germaine Richier et sa personnalité. On est plongé dans la conception, la fabrication, l’inspiration, sa technique, ses essais/erreurs, son lien avec des journalistes, des créatifs… Sans omettre l’importance pour elle de transmettre son art avec des élèves aussi bien homme que femme. On y voit une femme libre, autonome et passionnée. En son temps, elle a été perçue comme une femme malgré son sexe. Le seul soucis rencontré a été des opposants à la commande dans une église. Des intégristes religieux s’oppose à l’exposition de l’oeuvre. C’est impudique qu’une femme réalise JC sur une croix. Pourtant les professionnels et des croyants trouvent la réalisation fabuleuse. Qu’importe la qualité du travail, être une femme reste un outil de discrimination. Cela prouve la persévérance d’une créatrice prête à tout pour créer même ces humains insectes.
Jusqu’au bout, elle a pensé sculptrice, gravure, peinture… Le noir et blanc subliment les créations et permettent de jouer avec la profondeur, les perspectives, les ombres… On se laisse porter avec plaisir de la première à la dernière page. En plus, on a très envie de savoir où est-ce que l’on peut voir son travail en vrai.
Une lecture réjouissante, dynamique et passionnante qui donne envie de voir au delà de l’art.

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