Les vacances arrivent à grands pas. Cette année, Nino ira les passer chez sa grand mère à la campagne. Un nouveau monde plein de surprises s’ouvre à lui.

4e de couverture
Nino passe pour la première fois ses vacances d’été chez sa grand-mère, à la campagne. Là-bas, pas de wifi, pas de jeux vidéo, pas d’enfants de son âge. Pourtant, Nino ne s’ennuiera pas, car sa mamie décide de l’initier à sa passion : le jardin. À ses côtés, il apprendra à planter, à récolter, à nommer, et… à prendre le temps d’observer.

Mon avis
Nino est un enfant de la ville. Par conséquent, il vit dans un appartement où il privilégie les activités d’intérieur. Son truc repose sur les jeux vidéos auxquels il peux jouer tout le temps. Mais voilà que pour les vacances on le met chez sa grand-mère. Quel ennui quand on n’a pas d’internet. « Cette année, je veux te faire découvrir le jardin! ». Bien entendu, l’enfant répond qu’il a déjà été dans le jardin. Mamie ne pédale pas dans la semoule. Elle veut lui transmettre l’amour de la terre et la satisfaction d’un potager florissant. Pour mieux l’impliquer, elle lui donne une tenue de jardinier avec un tablier et un chapeau. « Si mes copains me voyaient… » Toujours la peur du ridicule en société. « Justement, ils ne te voient pas! Tu leur raconteras ce que tu veux! » le rassure la mamie. A partir de là, l’aventure commence. « je trouve que ça pique, les radis… ». La mémé lui explique : « Les radis trop gros, ça pique, oui. C’est pour ça qu’il faut les récolter juste au bon moment! ». Elle explique calmement avec sourire et enthousiasme. A côté, pour les lecteurs, on voit l’évolution de la pousse dans le sol. C’est une approche très pédagogique. Il y a quelque chose d’un peu magique dans le jardinage.

Il faut accompagner les fruits et légumes pour profiter de leur production. On met des tuteurs. On met des ficelles. On arrose. Puis il y a le meilleur moment avec la récolte et des légumes moches aussi. Isabelle Rimasson en profite pour parler de la diversité dans la récolte. Les pommes de terre n’ont pas toute la même taille. Une façon de montrer d’une part comment pousse ce que l’on ne voit qu’en magasin. Peu d’enfants et d’adultes aussi, ne connaissent pas la chaîne de pousse de la terre à l’assiette. On observe aussi les herbes aromatiques qui sont très multiples : persil, thym, livèche, sauge, romarin… C’est une découverte positive. Et il n’y a aucun jugement de ne pas savoir.

Rien ne se perd. Les fans de carotte c’est pour Albert, le lapin. N’oublions pas que les lapins ne mangent pas de carotte, c’est mauvais pour leur santé. C’est bien pour une fois de montrer cet élément. Rien ne se perd, tout se transforme. Avec les fruits et quelques légumes, on fait des confitures, de la gelée, du sirop… Nous avons même le droit à une jolie image d’Epinal avec des étagères remplies de gourmandises. Nino dévore une tartine de pain avec du beurre et de la confiture, le sourire aux lèvres. La mamie derrière entrain de donner une autre vie en cuisine.

On peut faire aussi des décoctions, macérats, extraits fermentés et autres purins de plantes… Cela peut servir à faire fuir limaces, chenilles, escargots, pucerons… les ennemis du jardinier. « Ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse! ». Et tous possèdent une fonction même si comme ça, on ne voit pas laquelle. « Parfois, c’est vrai, c’est un peu enquiquinant, quand je me fais piquer par les moustiques, ou lorsque les guêpes mangent mes fruits… Mais tu sais, on fait bien pire avec eux… On les chasse à coups de produits chimiques, on les écrase, on leur tend des pièges… » (p. 29). Parmi eux, beaucoup adorent les fleurs. Elles aussi ont des formes, des couleurs, des odeurs, des modes de pousse hétérogène. La nature est d’une grande richesse.

Il est possible de vivre en harmonie même s’il faut un peu de contrôle et maîtrise pour du rendement suffisant. On transforme en source de nourriture. Et aussi en moment de convivialité de production dans le jardin et avec ces amis. Ainsi, on peut déguster des salades appétissantes, des fromages, du pain, des patates à la cendre… et la bonne humeur. Simon Hureau apporte avec son dessin beaucoup de tendresse, d’amour et gentillesse. On dirait même des représentations dans des livres enfants des années 70. Le livre est en format paysage. Chaque page se compose de quelques dessins, quelques bulles et du texte. On se rapproche d’un livre jeunesse. Un format entre deux âges pour un public entre deux âges aussi. Le dessinateur s’était fait connaître sur un ouvrage similaire à destination des adultes avec « L’oasis ». Impossible de douter de son amour du jardinage. Son travail avec la scénariste est très complémentaire. C’est mignon et attendrissant. Peut-être un peu trop idéaliste mais pourquoi n’aurait-on pas le droit d’espérer? Le garçon ne se plaint, ne casse rien, n’insulte pas car il n’a pas d’internet et sur plusieurs jours. Est-ce réaliste un enfant qui ne se rebelle pas car il ne peut plus jouer en ligne pendant des heures? et surtout un garçon? On va se ravir de se dire que c’est possible qu’il soit heureux, qu’il ne conteste pas, qu’il participe volontairement… L’espoir est permis dans la fiction. Et rassurons nous, il n’a pas dit qu’il voulait vite revenir pour continuer l’expérience. Mais bien raconter aux autres ce qu’il a fait pour crâner un peu. Ouf, un peu de réalisme quand même.

Une jolie leçon de découverte du jardinage de façon intergénérationnelle.

2 réponses à « Un jardin extraordinaire – Isabelle Rimasson et Simon Hureau »

  1. Avatar de belette2911

    Les mamys faisaient tout, à notre époque, nous en faisons moins… Je note aussi la bédé et je te mets sur liste rouge 😆

    1. Avatar de noctenbule

      Est-ce que les générations futures vont comprendre la référence de ces mamies qui font le jardin et la cuisine?

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