Ce n’est pas facile de définir exactement ce que peut être de l’art. Auteurs, critiques, journalistes échangent avec colère et conviction autour de la peinture, la sculpture… Difficile de convaincre et de toucher tout le monde.

4e de couverture
Vous ne savez pas distinguer un chef-d’oeuvre d’une croûte ? Laissez Baudelaire vous l’apprendre. Vous ne pouvez pas vois les fruits de mer en peinture ? Diderot risque de vous convaincre du contraire. Les impressionnistes vous lassent ? Zola vous remettra le compas dans l’ail… Après Mes hommes de lettres, visitez le musée idéal de Catherine Meurisse, où les peintres et les écrivains nourrissent des amitiés extraordinaires pour l’amour de l’art.

Mon avis
Catherine Meurisse est une femme passionnée et cultivée. L’art a toujours joué un rôle important dans sa vie. Elle lui consacre des albums pour montrer la conflictualité autour de ça. Qui fait du beau? Qui fait du laid? Qui fait quelque chose de brillant? ou pas? Il n’y pas de règles fixes et d’indicateurs. Par conséquent, il faut sortir sa verve pour convaincre, critiquer, crier, casser et même parfois détruire. Pour l’expliquer, la bédéaste l’écrit en introduction de la bd. « Sur une rive, la littérature, sur l’autre, la peinture. Entre les deux, un pont qu’empruntent les écrivains et les peintres, fascinés par la beauté d’une toile de l’un, puissant l’inspiration dans un roman de l’autre. » (p. 9). Par la suite, on se plonge dans une succession d’histoires plus drôles, loufoques et improbables les unes des autres. A chaque fois, on a un titre comme « La vie de l’esprit » et une petite présentation « Comment le philosophe Diderot se vide la tête au musée, tout en remplissant la nôtre. ». Cela prend 3/4 pages et donc va à l’essentiel. Enormément de sujets sont abordées comme les soucis de vue des peintres qui influencent leur représentation, les thèmes de peinture qui ose mettre en avant le petit peuple dans des actions peu flatteuses, la création du salon des refusés avec le soutien d’Emile Zola…

La réalité est de mise ce qui rajoute toujours plus d’amusement. C’est un vrai régal de lecture intellectuel. Ainsi quand on voit des toiles ou lit des romans ou poésie, on les voit autrement. Une démarche créative ultra-brillante. Après comment ne pas trouver l’art passionnant? Surtout que plus d’un nom vous parlera :  Guillaume Apollinaire, Honoré de Balzac, Jules Barbey d’Aurevilly, Jean-Louis Barrault, Louis Béroud, Léon Bonnat, François Boucher, Eugène Boudin, André Breton, Alexandre Cabanel, Gustave Caillebotte, duchesse de Castries, Catherine II de Russie, Paul Cézanne, Jean Siméon Chardin, Théodore Chassériau, Frédéric Chopin, Gustave Coubet, Edgar Degas, Eugène Delacroix, Denis Diderot, Gustave Doré, Albrecht Dürer, El Greco, James Ensor, Claudius Ethal, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Frenhofer, Emile Gallé, Théophile Gautier, Honoré-Joseph Géry-Pieret, Francisco de Goya, Jean-Baptiste Greuze, Melchior Grimm, Louis Hachette, Paul César Helleu, Hans Holbein le jeune, Victor Hugo, Jean-Dominique Ingres, Paul Klee, Claude Lantier, Madeleine Lemaire, Jean Lorrain, Arsène Lupin, Edouard Manet, Famille de Médicis, Jean-François Millet, Claude Monet, Robert de Montesquiou, Kiki de Montparnasse, Gustave Moreau, Edvard Munch, Berthe Morisot, Félix Tournachon dit Nadar, Pablo Picasso, Camille Pissaro, Frans Porbus le Jeune, Nicolas Poussin, Marcel Proust, Pierre Puvis de Chavannes, Raphaël, Emmanuel Rudnisky dit Ray Man, Rembrandt, Auguste Renoir, Louis-Edouard Rioult, Peter Paul Rubens, George Sand, Maurice Sand, Titien, Henri de Toulouse-Lautrec, Vincent van Gogh, Johannes Vermeer, Véronèse, Ambroise Vollard, Edouard Vuillard, Antoine Watteau, James Abbott McNeill Whistler, Emile Zola et Zweig Stefan.

Le graphisme titillera l’oeil des puristes de la ligne claire. Le dessin est plus libre et ponctuel. Quand on connait la bédéaste, on l’identifie aussitôt. C’est nullement difficile à lire. On se laisse facilement porter. Le dessin est totalement cohérent avec la police d’écriture et le contenu. C’est un vrai plaisir. Il est indispensable d’avoir ce livre dans sa bibliothèque.

Une bande dessinée originale, audacieuse et drôle qui rend l’art passionnante.

Laisser un commentaire