
Il n’est pas toujours facile de se projeter dans l’avenir. Une petite fille prend la question environnementale très à coeur. Elle interroge autant ces amis que ces parents.
4e de couverture
La BD qui dégèle les consciences plus vite que le réchauffement climatique !
Du haut de ses 9 ans, Astrid n’a pas sa langue dans sa poche. Citoyenne d’un monde incertain marqué par l’angoisse du réchauffement climatique, et où les technologies – sous couvert de progrès – nous emmènent parfois vers plus d’absurdités et d’inégalités, Astrid défend avec autant d’impertinence que de pertinence, un monde plus humain, plus juste et plus responsable.
Avec humour, elle nous met face à nos paradoxes et nos incohérences. Et tant mieux si ça nous fait rire et réfléchir à la fois. Parce que c’est nous qui construisons le monde dans lequel elle vit et surtout celui dans lequel elle vivra. Et parce que comme chacun sait, demain commence aujourd’hui.
Père de deux citoyens du monde de demain, Julien Laurent partage à travers Astrid ses angoisses et ses espoirs de les voir vivre dans un monde plus humain, et plus responsable.

Mon avis
Julien Laurent dit Jiiiii propose une approche très originale de la question environnementale. Il créé un personnage, Astrid, 9 ans qui est très concernée par l’écologie. Elle tente de sensibiliser tout son entourage avec impertinence et provocation. On le constate directement sur la couverture. Le père pose la question « qu’est-ce que tu veux être quand tu seras grande ? », Astrid répond « Vivante ! ». Tout est dit. Si on n’agit pas maintenant, après il serait trop tard. Pour cela, il se succède des gags sur deux, trois pages. En CM1, elle a déjà conscience de beaucoup de choses comme le gaspillage de l’eau, les achats en ligne de papa, l’utilisation de la voiture sur de courts trajets. Mais son sujet de prédilection repose sur ces camarades de classe qui sont adeptes des réseaux sociaux et d’internet. Une est influenceuse et est prêt à tout pour avoir des financeurs. Et l’autre ne peut pas se passer de son téléphone. Même pour se rendre en cours, il doit prendre son gps.
Le bédéaste a été très incisif pour mieux faire réfléchir. Par exemple, même derrière une boîte de céréales peut se cacher bien des choses. « – Avec ces céréales Kroukrounch bio et équitables, sans huile de palme, et grâce à leur emballage en bambou recyclé, vous participez à la lutte contre la déforestation et l’exploitation des paysans locaux, tout en vous faisant plaisir tous les matins. – M’maaan… Je te rappelle que ce sont les mêmes qui essaient de nous faire croire depuis des années à l’ouverture facile sur les paquets de gruyère râpé ». Le greenwashing est omniprésent et c’est assez facile de tomber dans le panneau. Pour éviter, il faut travailler son esprit critique.
Les contes de fée méritent d’être réécrit dans une version moderne. La fillette va oser la désinvolture. « Alors le prince et la princesse se marièrent… Mais ils n’eurent pas d’enfants car ils moururent à cause du réchauffement climatique qui avait rendu leur royaume totalement inhabitable… » ou « Elle aura toutes les qualités… Mais, à 20 ans, elle se piquera de gagner beaucoup d’argent. Elle fera une école de commerce et se spécialisera dans l’industrie pétrolière et dans l’import de matières plastiques… ». (p. 35). Elle joue avec son père en lui bandant les yeux. Cela s’appelle « le grand jeu du changement climatique ». Le principe repose sur le chaud/froid. Elle le guide dans la maison. « La glace a totalement fondu et l’eau est montée partout! Tu te réchauffes encore et encore…. Ca vire à la fournaise! » (p. 69). Il brûle quand il s’apprête à mettre le pied sur un râteau. C’est cruel à souhait.
Elle continue de le torturer avec une réflexion pousser sur le lien entre réchauffement climatique et condition humaine.
« Dis papa, si on invente une machine qui réduit le col, on limitera le changement climatique, c’est ça?
– Oui mon saumon.
– Et donc l’homme pourra continuer de prospérer..
– En effet…
– Du coup nous serons de plus en plus nombreux et on créera donc plus de CO2… Il faudra du coup mettre plus de machines pour le capturer… Ce qui permettra à l’homme de continuer à prospérer et donc d’être de plus en plus nombreux et de faire de plus en plus de CO2. Du coup, on mettra encore plus de machines qui permettront à l’homme de prospérer toujours plus! Et d’émettre toujours plus de CO2! Alors, on mettra encore des machines… Ce qui nous permettra de poursuivre notre développement et donc d’être de plus en plus nombreux… Entrainant mécaniquement une nouvelle hausse des émissions de CO2 qui nous poussera à rajouter encore des machines qui nous permettront de poursuivre notre expansion et d’être toujours plus nombreux! Et donc… » Le père n’a pas le choix de se mettre un coussin sur la tête. Ca souligne l’absurdité du monde. Une phrase pourrait résumer toute la bd : « C’est vraiment dommage que la bêtise ne soit pas une source d’énergie parce qu’il me semble qu’elle est particulièrement renouvelable… » (p. 124). Il n’est pas nécessaire de dire quelque chose de plus. Bien entendu, cet ouvrage ne s’adresse pas à des enfants mais à leurs parents. Les voilà dorénavant sensibiliser.
Une bande dessinée audacieuse, percutante et pertinente qui fera réfléchir et se poser des questions.

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