
La demande en drogue augmente partout dans le monde. Pour mieux comprendre le fonctionnement à la source, un journaliste mène l’enquête. Direction la Bolivie et l’Afghanistan pour en savoir plus.
4e de couverture
Après avoir exploré les enjeux de la déforestation sur notre planète, Gildas nous embarque maintenant au coeur du narcotrafic. Du petit producteur colombien au consommateur occidental en passant par les exploitations en Afghanistan, le youtubeur-reporter cherche à comprendre les chemins empruntés par la drogue, ses impacts sociaux, humains et économiques.

Mon avis
Les lectures du 9e art autour des narcotrafiquants restent assez rares. Surtout si on ne veut pas juste poser une forme de cadre lointain pour de l’action pour un héros un particulier. La dernière bd qui abordait le sujet était « Jungle beef’ de Olivier Behra et Cyrille Meyer. C’était assez effrayant et pas très positif. Le point assez navrant repose sur la réalité du récit. Le titre « Le narcotrafic’ de cet album a attiré ma curiosité. Par contre, je ne connaissais pas « Mister Géopolitix » et sa chaîne Youtube. Mais c’est assez intéressant de passer du format vidéo au format bd. Il faut raconter les choses autrement et on s’adresse à un public différent. J’apprécie cette audace. Pour adapter, il s’est fait aidé par un scénariste, Ludovic Danjou et au dessin, Adrien Martin. Surtout que ce qui nous est raconté n’est pas non plus très rassurant et encourageant. Le jeune est reporter et se rend sur place pour rencontrer les différentes parties prenantes.
L’enjeu de l’album est de voir au-delà du côté sexy que véhicule des séries, des films et même des documentaires. La réalité du terrain est tout autre. Sur place, en Bolivie, Mexique, il discute avec les récoltants, les vendeurs, les acheteurs, les dealers, les familles de ces individus… La pauvreté incite les gens à faire n’importe quel métier pour survivre et protéger leur progéniture. Parfois l’argent facile fait perdre la tête. Le risque de se faire prendre ou tuer semble totalement dérisoire. C’est toujours sur les autres que ça tombe. Sauf quand c’est sur soi. On voit l’ensemble de la chaîne à part les consommateurs occidentaux. Dans le témoignage en Afghanistan, on constate une pression encore plus dure avec les intégristes qui tiennent toute la société. Ils utilisent la religion pour appliquer une violence cruelle et sauvage. Oser faire autrement est une prise de risque énorme. En ne cultivant que la drogue, les populations n’ont plus de quoi se nourrir. L’argent pousse à l’excès, la haine et à l’inhumanité.
L’homme d’action nous montre tous les aspects touchés qui sont sociales, économiques et environnementales. Tout est imbriqué. Un dossier en fin d’album permet de donner plus d’éclaircissement. Pourtant on reste un peu sur sa faim. On aurait aimé plus de données, plus d’explications, mieux comprendre l’ensemble du marché… Pourquoi avoir fait le choix d’un format assez classique? On ressent l’inégalité de traitement sur les deux pays. Même si on comprend l’urgence dans la seconde partie, on aurait aimé en savoir plus sur le déploiement des radiaux Talibans sur tout un pays et principalement dans les zones de culture. Sur la duplicité de gens qui se disent pieux et qui intensifie la culture du pavot qui alimente ensuite à 90% la consommation mondiale.. Tout cela se fait sous l’aval des politiques. Encore la force du pouvoir de l’argent qui permet de convaincre. On a un goût de reviens-y. Par conséquent, il faut regarder ses vidéos et aussi lire le premier tome. Une opération de vulgarisation aboutie sur des sujets tabous et sensibles.
Une lecture intéressante qui montre la complexité d’un système reposant sur la peur et l’argent. Est-ce que cette connaissance vulgarisée peut aider à changer les pratiques des consommateurs en occident?

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