Après le départ de Guts, Griffith n’est plus tout à fait le même. Toutefois, en poursuivant son rêve, il va fâcher le roi. Son destin risque d’être compromis.

4e de couverture
Après avoir considéré durant ces trois années que sa place était au sein de la troupe du Faucon, Guts décide de faire cavalier seul. Fatigué d’être la face cachée d’un Griffith resplendissant, il part se ressourcer, cherchant à gagner quelque chose de ses propres mains pour remporter une victoire personnelle. Mais Griffith n’a aucun désir de laisser partir Guts et tente de le retenir par tous les moyens, le provoquant en duel comme de leur première rencontre, il y a trois ans de cela. La victoire de Guts en un coup est écrasante : le voici à nouveau libre. Pour Griffith, c’est le début d’un long effondrement émotionnel.

Mon avis
Pour atteindre son objectif, Griffith passe à l’étape suivant. Un soir de pluie, il rentre par la fenêtre de la chambre de Charlotte. Il lui fait l’amour en ayant en tête Guts. Kentaro Miura insiste sur cette scène et prend son temps dans la description pour illustrer le plaisir et la souffrance en même temps. Une façon aussi de constater plus amplement la difformité des corps mis à nu. Ce n’est pas un choix pour créer de l’inconfort. C’est le style graphique du mangaka comme nous l’avons vu précédemment. Choisir le sexe a des conséquences sur l’avenir. Griffith se fera prendre par le roi qui devient fou. Lui préservait sa fille pour pouvoir coucher avec elle. L’idée de viol sur mineur et d’inceste a quelque chose de dégoutant. Surtout qu’il va essayer d’abuser de sa fille. On aura des plans sur son regard fou et vicieux. Il touche le corps de sa progéniture, lèche un téton, regarde son vagin.. C’est ignoble et d’une grande violence.

De l’autre côté, Guts retrouve Casca. Elle n’est pas très heureuse de le revoir. Elle l’accuse d’être le coupable du changement de celui qu’elle aime depuis si longtemps. Au fond, elle sait pertinemment qu’il n’y est pour rien. Griffith n’est pas pour elle. Il est dans une autre sphère. On sait qu’il se passe quelque chose entre eux deux depuis un moment. Voilà, qu’ils s’avouent à demi-mots les sentiments. Et qu’ils se lancent dans une approche plus intime. Là aussi, nous avons une approche des corps nus et difformes. La morphologie de la femme est similaire à celle d’un homme avec une musculature très présente. Là aussi, les choses ne se passent pas si bien. Le héros se remémore pendant l’acte le viol qu’il a subi enfant. D’ailleurs, le mot n’est jamais prononcé. Le mangaka remet l’image au cas où nous n’aurions pas compris. Le souci est que son père adoptif l’a vendu pour ça. Pourquoi idéalisé un gars aussi horrible? Et pourquoi aussi mettre des propos misogynes en soulignant que les femmes réfléchissent toujours trop dans les moments importants. Elle se pose la question si elle doit coucher avec Guts car cela risque de changer les relations à l’avenir? C’est quoi ça? Si on aurait été dans les années 50, il aurait montré une femme hésitante à savoir si elle avait bien étaient le four? Heureusement qu’au final, ils passent un bon moment ensemble, consenti et avec du plaisir. C’est assez dans la série pour être souligné. Bien que l’imagerie porno ne soit guère loin. Qui pourrait vraiment se reconnaître dans ce rapport surtout pour une première fois?

Une nouvelle dynamique autour du roi du Midland prend son envol. Griffith se fait attraper et torturer chaque jour. Il ne pousse aucun cri. La colère reste tapie en lui puisqu’il va même perdre cet étrange collier qui lui promettait un avenir radieux. Il sait que l’on viendra le sauver. Le reste de sa troupe tente de son mieux de survivre. Leurs têtes sont mises à prix. Plusieurs corps armés tentent de les tuer sans cesse. Par conséquent de s’organiser en conséquence. Les souffrances et les blessures deviennent le lot de tous. C’est là-dessus qu’apparaît Guts telle une figure de sauveur. On assistera à une scène de combat avec un combattant arabe très doué. Il a perdu cette bataille, à charge de revanche. Comme d’habitude, c’est plein de mouvements, d’inattendus et de gros plans sur des réactions. Une mise en scène dynamique qui focalise sur la violence des impacts. N’oublions pas que c’est aussi le fond de commerce de « Berserk ». On croisera un squelette d’un cavalier sur un cheval dans la brume. Il lui parlé de la mort qui rôde à ses côtés. Aucun doute que cet individu refera son apparition par la suite. Tous les ingrédients sont là pour faire un tome important vue sa très grande richesse aussi bien émotionnelle, scénaristique et graphique. Jusqu’où allons-nous aller?

Un tome saisissant de la première à la dernière page qui ne peut que nous inciter à aller plus loin.

L’avis de L’apprenti Otaku : « À ce stade du récit, Berserk s’est donc déjà imposé comme une oeuvre majeure, radicale, puissante et brillante. Et elle va le devenir encore davantage au fil des tomes. Si l’on se demande encore si c’est pertinent de livre ce manga qui restera probablement inachevé, la réponse est mille fois oui, et la lecture de l’arc de l’âge d’or à lui seul rappelle pourquoi. »

L’avis Les Blablas de Tachan : « Plein d’émotion avec un héros vraiment mis en valeur sous toutes les coutures même les plus sombres ! »

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