Il n’est pas facile de progresser professionnellement. Félix Fox refuse de rester toute sa vie un simple vendeur de voiture. Pourquoi ne pourrait-il pas lui aussi entrer en bourse?

4e de couverture
Avec ce premier tome d’H.$.E (Human $tock Exchange), Xavier Dorison et Thomas Allart nous plongent dans une histoire simple d’un réalisme effrayant : celle d’une société dans laquelle l’être humain est coté en bourse…

Le premier épisode d’H.$.E s’ouvre sur un monde anéanti par une crise financière sans précédent. Pourtant, alors que l’économie des pays industrialisés est ravagée, que les chômeurs et les petits porteurs ruinés se comptent par millions, une valeur financière semble résister : l’être humain. Les représentants de l’élite de la société peuvent se faire coter en bourse et devenir des « Red Eyes ». L’introduction en bourse n’est donc plus le seul privilège de personnes morales, c’est aussi une réalité pour des personnes physiques, qui perçoivent un capital, portent au poignet une « rate watch » indiquant leur cote et répondent à leurs actionnaires dans leurs assemblées générales… Félix Fox a besoin d’argent et ne rêve plus que d’une chose : être coté. Il y parvient à force de persuasion et d’efforts. Soutenu par le créateur du H.$.E, il voit sa cote monter en flèche et atteindre des sommets, mais bien sûr il y a aussi un prix à payer…

Ce volet d’H.$.E, le premier d’une trilogie, annonce une grande bande dessinée d’anticipation.


Mon avis
Ne croyez pas que HSE signifie Hygiène et Santé en Entreprise. Le terme viendrait à faire rire tellement le mal-être au travail devient une norme. Xavier Dorison a choisi de surfer sur cette tendance de la discrimination et du rejet pour créer une série un peu particulière. Ainsi HSE signifie ici : Human Stock Exchange. Pour avoir du potentiel dans un monde injuste et en concurrence, il faut être côté en bourse. Il faut battre pour y entrer et après il faut faire le nécessaire pour y rester. Les actionnaires ne sont pas toujours tendre. Et puis quand on est petit et que l’on connait une hausse fulgurante, le melon va avec. Il n’est plus vraiment possible de choisir avec qui l’on vit une histoire d’amour. D’autant plus quand cette dernière a une maladie grave et qui vit dans un quartier dangereux. Qui va t’il écouter son coeur ou les gestionnaire de son portefeuille? L’appel de l’argent et l’admiration de son statut social n’est-il pas ce qu’il y a de plus important? Il change pour devenir une autre personne. Le souci est qu’il ne s’en rend pas vraiment compte. Surtout qu’en devenant côté, on lui demande plus de tâche professionnelle. Pourquoi tout ça et qui prend tant de temps?

Xavier Dorison n’est jamais en panne d’histoire lorsqu’on regarde sa production. Il s’attaque à un récit d’anticipation. Est-ce que l’avenir de l’être humain est d’avoir l’aval de financeur? Encore une fois, la distinction prend une forme. La frontière entre les riches et les pauvres devient plus réelle, plus concret. Même la ville se scinde entre ceux qui ont tout et ceux qui ont rien. Toutefois, on ne doute pas que la trilogie va souligner la porosité de cette frontière. Le scénariste l’avait souligné dans la série « Le château des animaux ». Tout n’est pas obligé de se finir mal pour tout le monde. On le saura par la suite. Ce choix ne nous laisse pas indifférent. N’est-ce pas une chose qui pourrait arriver dans le futur? Est-ce les fameux talents ne sauront ainsi valorisés? Cela mérite de réfléchir à la valeur du travail et aussi celle de l’être humain. S’il ne venait pas à être rentable pour une organisation, à quoi servirait-il? Vivre dans la plus grande précarité pour l’emmener à une mort plus rapide, n’est-il pas ce qu’il mérite? C’est le moment de philosopher sans pour autant regarder des scénarios prospectifs. La réalité n’est pas forcément loin. Par contre, la forme reste assez classique dans le fond et la forme. On trouve cela dommage que la bd moderne ne soit pas passer par là car cela faciliterait la linéarité et le dynamique à défaut de s’étirer pour remplir un nombre précis de page. Et aussi d’inciter à acheter plus avec trois livres ou lieu d’un plus complet et plus cher.

Malgré une forme assez (trop?) classique, HSE nous incite à réfléchir à la valeur du travail aujourd’hui et demain.

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