
La concurrence est rude entre la Russie et le Japon concernant la pêche. Pour être toujours les meilleurs, il faut pousser les salariés au maximum. Les bâteaux-usines sont des exemples flagrants de l’importance du profit face à l’humain.
4e de couverture
Dans les années 20, au Japon… L’industrialisation du pays fait rage, tandis qu’en Russie, la Révolution vient de s’achever.
Au port de Hakodate, c’est l’effervescence : le bateau-usine s’apprête à partir en mer, pour pêcher des crabes qui seront revendus à prix d’or. Mais les ouvriers-pécheurs ne se doutent pas encore du destin qui les attend…
Exploités, battus et spoliés par Asakawa, l’intendant du navire qui ne pense qu’aux bénéfices de l’entreprise qu’il représente, ils vivront un véritable enfer quotidien.
Pourtant, quand le bateau échappe au naufrage, grâce à l’aide d’un chalutier russe, les esprits commencent à s’échauffer.

Mon avis
Takiji Kobayashi publie en 1929 au Japon un roman « Le bateau-usine ». L’ouvrage se fera censuré pendant très longtemps. Et l’auteur se fera tué pour l’audace qu’il a eu avec son livre. Il n’a pas dévoilé un secret d’Etat. Par contre, il a osé parlé de ce qui se gardait secret. Malgré un droit du travail assez respecté. Ce dernier avait une vraie existence sur Terre. Mais c’était bien autre chose pour les bateaux-usines où il était exigé de faire du bénéfice le plus rapidement possible. Donc aucune culpabilité à frapper, marquer au fer rouge, menacer les gens avec une armes à feu pour faire avancer la cadence. Si quelqu’un venait à mourir, tant pis. Même l’appel d’un SOS d’un autre navire ne doit empêcher l’usine de tourner. Seulement, à force de souffrance, de douleurs, de fatigue… tous les membres du bateau décide de se rebeller. Le fait de travailler pour la nation et l’empereur atteint ces limites. Uniquement la solidarité entre tous les employés peut changer les choses. Une seule personne suffit à mettre en branle cette force. Elle sera efficace cette lutte des classes contre le capitalisme non-régulé. Une histoire vraie qui mèrite une nouvelle mise en lumière selon Gô Fujio.
Le mangaka décide de mettre le texte en image pour le rendre plus accessible au plus grand nombre. Il n’oublie pas de faire faire une préface et une post-face pour mieux contextualisé le récit. Lui se contente de parler du quotidien en faisant un focus sur la vie de ceux qui travaillent ardemment sur le bateau. Qu’importe son poste, à part capitaine, chacun y va de sa santé physique et mentale. Ceux qui ont participé à cette acte de désobéissance ont propagé un savoir-faire dans d’autres lieux similaires. Leurs vies ont de la valeur. On aurait aimé avoir l’histoire complète et une sorte de guide inspirant pour chaque citoyen du monde entier. Mais le mangaka prend juste ce qui lui semble le plus important. Il utilise aussi les termes courant à bord comme le trou de merde. Ce n’est pas négligeable quand même. Il aurait pu aller plus loin pour faire une adaptation complète comme il en existe tant. Néanmoins, cela à l’avantage d’exister et ne pas laisser insensible.
Un manga qui montre que dans toutes les sociétés des gens ont osé dénoncer les difficiles conditions de condition au nom de l’argent. Le faire est un risque que beaucoup ont choisi de courir.
L’avis de Belette : « Un excellent manga, qui prouve, une fois de plus, que les mangas, ce ne sont pas que pour les ados et que ce ne sont pas des « trucs avec des mecs bourrins dedans ». Non, ici, c’est juste la mise en image d’un roman qui était lui même la mise en phrase des horreurs qui avaient lieu dans les bateaux-usines. »
L’avis Les Blablas de Tachan : « Le bateau-usine est donc un titre intéressant pour découvrir un petit pan méconnu de l’Histoire japonaise. Il ne nous apprend rien sur les méfaits du capitalisme ou alors il faut être bien naïf. Par contre, la préface et la postface qui reviennent sur les conditions d’écriture du roman originel sont un bon complément. A lire pour tous les curieux d’Histoire sociale. »

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