L’envie de pouvoir incite les gens à faire des actes ignobles. Plus haut les gens sont dans la hiérarchie et plus l’attraction de tout avoir devient importante. Seulement souvent, l’élément naturel n’est pas pris en compte alors qu’elle aussi a quelque chose à dire.

4e de couverture
Trois personnages, trois destins et trois sentiers différents : voyage initiatique pour Blanche ; piège et intrigue de palais pour le comte Cocto, père de Blanche ; chemin de la rédemption pour Greem. Le tout se jouera dans une seule histoire et dans un lieu unique : NeoForest, la Grande Forêt Centrale, au temps du NeoFéodalisme, quand les hommes maîtrisent la génétique, avec tous les problèmes et les drames que cette technologie peut engendrer.

Mon avis
Bienvenue dans un monde du passé dans le futur d’où le titre de NéoForest. On pourrait croire qu’avec juste cette approche on évoque le steampunk par exemple. Mais il n’en est rien du tout. Fred Duval a crée un univers tout autre où la forêt joue un rôle centrale. C’est une entité à part. Par contre, certains humains l’oublient et veulent l’exploiter pour gagner beaucoup d’argent à court terme. Pour y arriver rapidement, il faut que le chef ultime cède sa place à son frère et non à sa fille. Quand l’opportunité s’offre le frangin a tout prévu. L’avenir des citoyens et de l’environnement n’a rien d’intéressant pour eux. A vouloir faire vite, ils en oublient que les aléas sont possibles. C’est là que Blanche entre en jeu. La fille qui devait prendre le pouvoir n’a pas très envie. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle elle est partie en we avec ces amis.

Seulement rien ne se passe comme prévue. La nature commence à se montrer agressive. Par chance, elle survit et voit des choses d’une grande violence. Pour l’instant, elle n’a pas encore conscience de ce qui l’attend. On voit un activiste qui défend la forêt à tout prix. Le comte Cocto lui a donné un engagement contre le retour de sa fille. Grâce à sa quête, on découvre la grande disparité des habitants qui s’adaptent à un milieu inhospitalier. Il n’est pas oublié le côté fantastique avec par exemple des licornes, des fées… Néanmoins, cela reste très éloigné de l’imaginaire mignonne. « Les légendes persistent, mon ami, mais, ces derniers temps, la forêt centrale n’a pas besoin de s’en nourrir pour paraître hostile… Elle l’est! » (p. 50). Le danger semble présent. « Les sols sont instables, la flore évolue vite et d’étrange manière… On voit des espèces toxiques éclore comme par enchantement. Il y a eu des disparitions de forestiers expérimentés, de détrousseurs aguerris… » (p. 51).

Le scénario fait des références à l’actualité. On parle d’économie : « Le cours du bois énergétique risque de flamber mon cher Cocto. La banque centrale féodale est solide, en cas de crise, elle amortira les fluctuations… » (p. 19). Le futur avec des caissons de récupération médicale montre que la santé a évolué et plus efficace. On peut même se réparer avec des organes aux choix. Toutefois, on ne sait pas trop comment ces derniers se fabriquent. Les traces du passé restent conservées par quelques uns comme des voitures et surtout un char d’assaut avec son armement. Ces éléments vont réintégrer l’envie de profit à tout prix. « Notre chaufferie à bois permet d’alimenter en énergie les 5 000 âmes du comté, nos élevages et nos laboratoires. La citadelle en revanche, possède sa propre unité de production d’énergie. […] Le choix du bois est-il judicieux à long terme? Cela reste une ressource épuisable et qui rejette des impuretés… […] – Les réserves de néoforest sont mathématiquement inépuisables tant que nous contrôlons les naissances humaines et animales chère amie…  » (p. 60). Et une revanche terrible se déploie : « Je crois que la forêt ne veut plus des hommes et qu’elle apprend à tuer ». Tout est bien amené avec une démarche manichéenne plus nuancée. La forêt n’est pas un sujet passif qui subit.

Les dessins et les couleurs de Philippe Scoffoni déroutent au premier regard. On a l’impression que le graphisme a été terni lors de l’impression. C’est un peu flou et assez sombre. Mais il n’y a aucun souci technique. C’est un choix esthétique. En effet, on n’est pas habitué surtout en SFFFF de ne pas avoir des traits bien noirs et des aplats assez lumineux. Là tout est assez nébuleux. Un petit temps d’adaptation est nécessaire. La teinte dominante reste le vert au cas où l’on aurait oublié la thématique dominante. Fond et forme s’entremêlent à merveille. On attend avec impatience la suite et fin avec le tome 2.

L’écologie est le fil conducteur de cette bd de SF. Rien de tel pour sensibiliser les citoyens à la question de la protection de la nature. Maintenant on est prévenu, si on ne fait rien, elle le fera et pas de façon délicate.

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