
Le cardinal Cantor est arrivé à s’approprier tous les pouvoirs. Il n’a pas pris en considération la possibilité d’un mouvement rebelle en souterrain. Quand le peuple prend le relais, se sont les dirigeants qui doivent avoir peur.
4e de couverture
Le cardinal Cantor règne en maître absolu sur la planète Stalion. Tous ceux qui tentent de s’opposer à lui finissent leurs jours dans la tristement célèbre forteresse de Fort Sanctus, où le despote emprisonne ses ennemis et entrepose ses richesses.
Nao et ses compagnons, qui ont trouvé dans l’épave de l’Etoile Blanche des documents compromettants pour le cardinal-gouverneur, n’échappent pas à la règle et sont jetés aux oubliettes.
Leur seul espoir ? Un robot nommé Cybot, quasiment détruit, mais qu’un bricoleur de génie, bravant les lois anti-droïdes, entreprend de faire revivre…

Mon avis
Nous sommes bien loin de la nature et de sa défense des premiers tomes. Dorénavant, nous voilà dans une autre dimension avec l’omniprésence du religieux et des robots. Par conséquent, les couleurs sont plus sombres. D’autant plus, que nous allons arriver dans une période conflit. D’un côté, le cardinal Cantor qui tient tout d’une main de maître. Il possède une fortune à rendre jaloux Picsou et des œuvres d’art à faire pâlir le Louvre. Un petit faux pas et tout est chamboulé. Grâce aux robots devenus illégaux, des rejetés et bien entendu de Nao avec ces potes un nouveau monde s’annonce. L’équipe de nos héros que l’on suit depuis le début passe un peu au second rôle. Nous assistons plus à une guerre des robots. Outre par l’image, cela est souligné par le vocabulaire : droïdes, mécarebelles du front cybernétique, cybermécanicien, robonurse, loi anti-droïdes, innocentes machines, pièces détachées, bloc propulseur, blocs mémoire, rézoconseil, supercalculateur en réseau… En plus, la plupart de ces mots sont en gras. Difficile de passer à côté. Espérons que cette insistance aura un sens pour le reste de la série. Car au niveau scénario, cela reste assez classique sans vraie surprise. On en vient même à oublier le but du voyage de Nao et ses amis.
« Il n ‘y aurait pas de machines sans hommes, c’est évident… Mais il n’y aurait pas d’hommes sans machines non plus. » (p. 25) Thierry Cailleteau va même jusqu’à introduire une femme robot qui ressemble à une humaine. Cette machine ne surprend personne bien au contraire. Les hommes assez binaires rêvent de coucher avec elle. Ciro Tota choisit de la représenter pour flatter le lecteur mâle. Donc elle est ultra-mince, blonde à cheveux long, une grosse bouche et surtout une énorme poitrine. Un conformisme de représentations présent dans tout l’album qui va jusqu’au nombre de pages bien précise. Néanmoins, on trouve des éléments assez intéressants. Par exemple, les robots pour avoir un lieu où vivre efface la mémoire relative à un lieu et une autre culture. Il n’est pas si difficile aussi de construire une Histoire, un récit collectif. Celui qui maîtrise les données, maîtrise l’image du passé et celle de l’avenir. Par contre, on peut se demander si le peuple se révolterait si on prouve que le dictateur est un malfrat. Qui pourrait vraiment en douter? Le responsable de l’armée n’obéirait plus car il a la preuve que son supérieur est malhonnête, vraiment? Ce n’est pas du tout crédible. La vraisemblance psychologique n’est jamais un critère nécessaire surtout pour la SFFF. On va poursuivre l’aventure en espérant revenir un peu aux origines et de retrouver l’angle écologique. Espérons que cette période de remplissage finisse par laisser la place à du contenu plus en lien avec la quête primaire. Nous le saurons prochainement.
Une lecture assez sympathique qui renoue avec la mise en page classique d’un genre. Espérons que plus d’audace se fera par la suite.

Laisser un commentaire