Quand le livre n’existe pas et que l’on a été bibliothécaire, cela pose problème. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Maïn va tout faire pour le créer même dans la peau d’une enfant malade.

De quoi ça parle?
Maïn a repris du poil de la bête depuis qu’elle s’est réveillée dans la peau d’une petite fille malade dans un autre monde. Sa passion pour la lecture ne l’a pas quitté. Comme elle a été une bibliothécaire assidue et passionnée, ses connaissances concernent de large domaine. Grâce à cela, elle peut donner à son quotidien de jeune fille issue d’une famille moyenne, pauvre, un peu plus de peps. D’après ces souvenirs, elle créée un shampoing 2 en 1 pour avoir des cheveux brillants. Elle s’inspire de la cuisine japonaise pour faire de la cuisson vapeur et utiliser du bouillon. Sa curiosité et sa soif d’apprendre lui permettent d’avoir un statut d’apprenti lui demandant de lire et d’écrire. En rendant service, on lui service aussi. Grâce à ça et l’amitié avec Lutz, elle veut inventer le livre avec des feuilles de papier. Grâce à son cerveau et ces muscles à lui le projet progresse. Ils vont même signer un contrat magique avec un notable. Le bonheur lui ravie le coeur. Pourtant Lutz ne semble pas si satisfait que cela, bien au contraire. Qu’est-ce qui peut le contrarier à ce point?

Mon avis
Miya Kazuki arrive à garder la même énergie à chaque tome. Le personnage principal, Maïn reste toujours autant attachante. Sous son air d’innocence d’enfant chétive, se cache une femme qui a eu une vie avant remplie de lecture. Elle doit transposer son savoir à sa condition physique assez fragile, aux matériaux possibles dans son monde et à l’accès à ces derniers au vue de son âge. Pour laisser une trace des mots, elle est prête à tout. L’occasion pour la scénariste d’aborder intelligemment l’évolution des pratiques et des matériaux autour de l’objet livre. On va passer de la peau d’animaux à des fibres végétales avec l’évolution de l’encre. Et nous ne sommes pas encore à l’essor de l’imprimerie. Nous sommes dans une face de recherche et développement. Une approche concrète de la fabrication d’un objet qui nous semble très commun et utile. Aucun doute que les passionnées de lecture soient touchés par cela. Une autre chose va faire son entrée est la notion de magie qui n’a pas été encore traité. Apparemment les gens de la haute société possèdent des dons. Une façon élégante d’évoquer les inégalités sociales assez importantes. Les règles sont établies et il est difficile de les changer. Lutz voudrait devenir marchand. Pour cela, il doit perdre alors son statut de citoyen et devenir un étranger. La notion de valeur sociale est bien évoquée, tout en subtilité. Chacun doit rester à sa place et pourtant Maïn veut évoluer. Elle induit une modification dans les rapports puisqu’elle signe un contrat pour du commerce et négocie les termes de ce dernier. Est-ce qu’une enfant de 6 ans y arriverait? Son attitude et son aptitude à créer ne passe pas inaperçu. Qui est-elle vraiment? Un élément nous laisse tout de même perplexe. Comment peut-elle se souvenir d’autant de choses? Qui sans avoir de source de données, encore plus de nos jours avec internet, arrivent à se souvenir aussi bien de la fabrication du papier japonais, de l’encre, de la cuisine, de la beauté, de la gestion relationnelle… ? Faut-il en conclure qu’elle est hypermnésique?

Un tome qui se lit d’une traite et qui nous incite à aller plus loin. Pourra t’elle vraiment fabriquer son papier?

L’avis Les voyages de Ly : « La construction est intelligente, les thèmes sont forts, et Maïn est terriblement attachante et un modèle. Elle est très présente pour les siens, volontaire, et défend ce qui lui tient à coeur. »

L’avis Les blablas de Tachan : « L’intrigue est bien menée, nous sommes presque à mi-chemin et on a bien avancé. Je pense que la suite nous réserve encore de belles surprises. »

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