Le commissaire Kouamé est appelé d’urgence. Il faut qu’il retrouve la fille d’un riche industriel français de la ville. Le fait qu’elle soit albinos complique l’enquête.

4e de couverture
Abidjan. La fille d’un grand patron de l’industrie française disparaît en plein jour. Le commissaire Kouamé est mis sur le coup, avec un ultimatum : s’il ne parvient pas à la retrouver au plus vite, la police hexagonale prendra la relève. L’adolescente est albinos… Y aurait-il un lien avec de sordides affaires de sorcellerie ? Une enquête trépidante dans une Afrique authentique et excentrique, un polar déjanté relevé par la verve ivoirienne de Marguerite Abouet.

Mon avis
Marguerite Abouet nous amène à nouveau en Côte d’Ivoire, à Abidjan. Nous retrouvons le commissaire Kouamé toujours aussi élégant avec son costume trop grand. On sent l’influence de la sap africaine. Cela nous permet d’admirer les couleurs flashy comme le jaune. Il faut assumer l’audace dans sa splendeur la plus visible. Surtout qu’il porte un chapeau assez grand et des lunettes noires. A ces côtés, son bras droit blanc, Arsène, que l’on surnomme « le scorpion urbain ». Lui aussi ose des couleurs plus chaudes et avoir des voitures plus grandes que les minis. Le running gag avec les voitures trop petites et basses restent tout de même. C’est l’occasion aussi pour la scénariste d’évoquer les bakchichs de la police. Importer c’est bien mais pouvoir récupérer son bien devient compliqué. Le chef permet de résoudre vite fait le problème. Une façon de parler la culture locale avec également les rapports de pouvoir, la corruption, une pauvreté qui côtoie la richesse opulente, l’hypocrisie politique, les trafics, la violence trop ordinaire, la stigmatisation des albinos (qui ne sont plus tués à la naissance), la prostitution, les gangs spécialisés…. Ici on découvre le pouvoir des marabouts et la peur qu’ils peuvent inspirer.

Comme dans le tome précédent, on assiste à des scènes d’interrogatoires qui ressemblent fortement à de la torture. Tout le monde y passe sans exception avec des méthodes un peu varié. Quand des gens influents sont dans la balance, tout est permis. C’est un élément ordinaire. On ne doute guère de sa vraisemblance. Donatien Marty présente un trait vivant  qui rappelle celui de Clément Oubrerie (« Aya de Yopougon » ou « Dali »). Néanmoins, son travail a évolué et devient plus personnel. Les visages ont légèrement changé comme le nez d’Arsène devenu assez proéminant. Les traits marqués noir deviennent moins prégnante. La lecture devient plus légère et accessible. Les couleurs de Drac apporte le côté chaleureux et sympathique. Les trois créatifs ont su proposer une enquête assez aboutie avec son lot de suspens et de rebondissements. Sans omettre les perquisitions, les planques, les filatures qui plaisent aux adeptes des romans policiers.

Face à un enlèvement d’une enfant riche, on met tout en place. C’est ainsi plus facile de trouver le coupable, qu’importe les blessés.

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