
Des scientifiques décident de partir au large de Tahiti pour étudier les bateaux traditionnels. Suite à l’évolution technologique, presque tous les habitants ont des moyens de déplacement motorisés. Serait-il possible de trouver des traces d’un mode transport oublié?
4e de couverture
Au printemps 2014, Troubs et Benjamin Flao partent sur l’archipel de Tuamotu, au large de Tahiti, suivre une mission scientifique qui veut relancer la fabrication des Va’a Motu, les bateaux traditionnels polynésiens. La mission ne se fera malheureusement pas immédiatement, mais nos deux compères n’en profitent pas pour se tourner les pouces. Prenant leur courage à quatre mains, ils fabriquent eux mêmes des pirogues, vont à la rencontre des autochtones, parcourent les lagons, plongent, et trouvent même le temps de dessiner, beaucoup dessiner.

Mon avis
Troubs et Benjamin Flao trouvent un prétexte en or pour se rendre sur une île proche de Tahiti. Ils veulent suivre une mission scientifique pour la fabrication des Va’a Motu, les bateaux traditionnels polynésiens. La technologie, le nucléaire et de nouvelles industries sont apparues avec de l’argent en prime. Beaucoup d’habitants ont mis de côté les traditions pour aller au plus pratique et au plus rapide. Ces choix ont amené des changements radicaux dans les modes de vie. En bonus, ils ont également hérité des problématiques des occidentaux avec des soucis de santé liés à la malbouffe, l’envie d’avoir les derniers produits à la mode, la fuite des jeunes vers des grandes villes… L’argent facile est recherchée à tout prix. « Il suffirait de produire du compost pour faire pousser des arbres fruitiers et des légumes. Il faudrait favoriser le développement des projets de permaculture et d’aquaculture raisonnables. Nous devrions creuser les étangs pour y élever des poissons, des canards… «
Mais les deux amis ne sont pas là pour faire un bilan sociologique. Ils sont là pour les bateaux. D’ailleurs, les fameux chercheurs, on ne les rencontrera pas. De leur côté, les gars essaient de trouver des Va’a Motu, de comprendre comment ils sont montés, d’en faire un et de naviguer avec. Une aventure plaisante où ils s’amusent sans complexe et en toute légèreté. Leurs pérégrinations les amènent à discuter avec pleins d’autochtones qui leurs apprennent toujours des choses. A cela, s’allie bien entendu des moments de convivialité qui parfois causent des maux de tête le lendemain matin. On sent le plaisir qu’ils ont d’être ensemble et d’expérimenter comme d’autres avant eux. Cette délectation sincère se traduit dans un graphisme très proche de ceux des carnets de voyages. On voit des paysages, des gros plans sur la faune et la flore, le lectorat est immergé auprès d’eux. Le travail à l’aquarelle contribue à cette impression de chaleur, de bonheur et de simplicité. On ferme la bd avec l’impression d’avoir voyager
Pas besoin de partir en vacances, restez chez vous avec un bon bouquin.

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