
L’horloge tourne pour ces trentenaires. Elles travaillent mais n’ont pas de mari. Est-ce si catastrophique?
4e de couverture
2014, Tokyo. Rinko, scénariste de séries télévisées, est une trentenaire célibataire à la carrière professionnelle épanouie. Son petit plaisir consiste à passer des soirées alcoolisées avec ses deux copines Kaori et Koyuki, elles aussi trentenaires et célibataires.
Un soir, alors qu’elles sont encore en train de se soûler et de s’auto-rassurer bruyamment avec des « y a qu’à, faut qu’on » dans leur bar favori, elles sont interrompues par un jeune homme aux allures de mannequin. Agacé de les entendre brailler, il les ridiculise méchamment en les traitant de vieilles filles avant de quitter les lieux. Alors qu’elle pensait avoir encore tout son temps, Rinko réalise qu’il va falloir se réveiller si elle ne veut pas finir sa vie toute seule…

Mon avis
Il est bien rare de trouver un josei en médiathèque. Alors quand parfois une série apparaît, on saute dessus. Très vite, on se rend compte que cela détonne de la centaine de shojos et shonens lus dans l’année. On suit une trentenaire célibataire qui écrit des scénarios de websérie. Elle collabore depuis 10 ans avec un homme qui lui avait demandé de sortir avec lui. Avec un peu de délicatesse, elle avait refusé. Quand il lui demande d’aller ensemble son imagination s’enflamme, va t’il lui demandé de l’épouser? Cela nécessite de voir les copines le soir pour en discuter. Comme d’habitude, l’alcool coule à flot et elles finissent bourrées. Le jour J, le gars en question lui demande un coup de main pour demander en mariage sa collègue âgée d’à peine 20 ans. L’égo prend un sacré coup. Le temps passe et les hommes préfèrent les plus jeunes, plus jolies et plus fertiles. Ce constat nécessite bien une soirée avec les copines pour médire et picoler. Mais un jeune homme vient les secouer en les traitant de vielles médisantes alcooliques. Il revient souvent dans le bistrot et n’hésite jamais à être cache avec elles. A partir de là, commence une nouvelle dynamique remplie de rebondissements à la fois drôles et attendrissants.

Le fait d’entendre des femmes se lamenter de leur solitude, de leur âge et leur statut de célibataire auraient de quoi énerver. Surtout qu’elles veulent un mari qui a de l’argent. L’amour et l’entente sont des choses sans intérêt. Ce qui compte c’est qu’il a de l’argent et qu’il soit beau. Bref, quelqu’un qui peut pourvoir à leur confort et leur donner une belle image en société. Une image pas si loin de la réalité. Mais est-ce vraiment autrement en occident? Est-ce que l’image véhiculée dans les séries, les films, la télé réalité est-elle différente? Au Japon, le taux de natalité baisse et les gens restent souvent seul pendant toute leur vie. Comment changer ça? Faut-il le changer? Pourquoi pas en rire? Akiko Higashimura le précise à la fin de son manga qu’elle n’est pas ce genre de nana. Elle retranscrit ce qu’elle peut entendre dans son entourage. Elle s’amuse avec sarcasme et cynisme à se moquer des diktats de la société et des exigences que l’on fait porter aux femmes. Il n’est pas facile de trouver le juste milieu entre respect de la tradition et modernisme. Toutefois, elles s’affirment tout de même car elles travaillent. Et surtout elles boivent au bar et finissent complètement saoul. C’est accepté comme le précise la mangaka et assez rarement représenté. On a l’habitude d’y voir des hommes à l’image d’autres médiums. A la fin de l’ouvrage, on assiste à un retournement de situation. Puisqu’un homme à l’habitude de coucher avec des jeunes filles en fleur pourquoi pas mettre en scène l’inverse? Pourquoi notre héroïne ne coucherait pas avec un petit jeunot pour sa carrière professionnelle? On apprécie ces modifications des codes. Notre curiosité est titillée pour aller plus loin. Jusqu’où va aller cette soirée?
Un manga adulte amusant, frais, percutant qui nous fait réfléchir au statut de la femme.
L’avis Les Blablas de Tachan : « C’est un titre qui croque très bien les déboires de certaines trentenaires, le tout avec humour et dérision comme sait si bien le faire l’autrice. Ce n’est pas pour autant un titre seulement humoristique, il traite aussi de problèmes de sociétés importants, le tout en suivant des personnages déjà attachants dans leur trajectoire de vie et leurs interactions. «
L’avis de L’Apprenti Otaku : « Un premier tome qui fait souffler un vent de fraicheur énorme, tant c’est fun, intelligent, passionnant dans ce qu’il raconte. En bref, une énorme pépite dont on n’a pas fini de reparler par ici ! En un mot : INDISPENSABLE ! »
L’avis de Les chroniques d’un vagabond : « C’est rythmé, fluide, marrant, réaliste et même introspectif. Ça se lit tout seul, c’est autant visuel que narratif et c’est servi par des personnages amusants et attachant. «

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