Antoine et Cléopâtre d’après William Shakespeare – Théâtre 13

Aff_PrixT13_petiteLe troisième spectacle du Prix Théâtre 13, jeune metteur en scène 2015 n’est rien que moins qu’Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare, mis en scène par Vincent Thépaut. Prêt pour un voyage dans une tragédie revue de façon totalement loufoque?

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Les Amours Vulnérables de Desdémone et Othello de Manuel Piolat Soleymat et Razerba Ben Sadia – Lavant

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L’histoire est condensée, le drame exacerbé, avec comme fil rouge le complot fomenté par Iago contre Othello. Iago, le génie manipulateur mise, comme un joueur de poker, sur le destin des autres. Vulnérables, les amours de Desdémone et Othello deviennent sa cible privilégiée. Il les broie insidieusement. Face à lui, Othello est inéluctablement entraîné vers le pire. De la différence du Maure de Venise à la prise de parole de Desdémone – ici érigée en héroïne tragique, figure non de victime mais d’amour de la civilisation – Manuel Piolat Soleymat et Razerka Ben Sadia – Lavant explorent l’ancrage oriental de cette fable sur l’altérité.

Shakespeare peut inspirer l’image d’une lecture fastidieuse et compliquer. Mais voilà, certains proposent une réecriture et là, tout devient limpide. C’est ce que propose ce texte adapté au théâtre.

Manuel Piolat Soleymat s’est librement inspiré d’une oeuvre de William Shakespeare : Othello ou Le Maure de Venise. Deux histoires pour n’en former qu’une où un trio amoureux apparaît. Cependant, ce n’est pas une véritable histoire de le mari, la femme et l’amant. Le confident du mari, Iago, fait doucement entrer en son esprit que sa superbe femme, Desdémone le trompe. La haine s’empare de sa raison et le fera perdre les repères de la réalité. Heureusement, le gros vilain sera puni.

Chacun d’entre nous peut trouver le moyen d’être ceci ou cela : notre corps est un jardin cultivé par notre volonté. Si la balance de notre existence ne trouvait pas l’équilibre entre la raison et la sensualité, la bassesse de nos instincts et de notre nous conduirait inéluctablement aux agissements les plus absurdes. Heureusement, la raison est là pour mettre un frein aux mouvements impétueux de nos sens, aux tiraillements de notre chair, aux déchaînements de nos désirs. Ce que vous appelez amour n’est, en fait, que de la mauvaise herbe. 

Une lecture très agréable et compréhensible. Même si en effet, le dénouement reste sans surprise, les pages se tournent rapidement et la fin arrivent plus vite que prévue.

Wonderpatate

Troïlus et Cressida – William Shakespeare

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Une trêve se fait dans la guerre de Troie, qui oppose les grecs au troyens. Les ennemies se fréquentent comme d’anciennes connaissances, de bons amis. Cela va t’il mener à la paix? Bien entendu, que non….

Le fils conducteur du spectacle est l’Amour, cette douce passion qui touche Troïlus, fils de Priam et Cressida, fille du prêtre grec Calchas mais aussi les autres protagonistes de l’histoire. Un amour qui amène au désespoir, à la haine, à la folie, à la guerre et à la vengeance.

La belle Cressida, va être va être échangé contre un prisonnier troyen, Anténor, au désespoir de ce jeune amour tout juste consommé. Ils se promettent fidèlité et amour éternel mais le destin va en être autrement, car le coeur de la belle va être aussitôt de nouveau conquis. La rage l’emporte tout comme d’autres où leurs belles sont emprisonnés, loin ou mortes. Même parfois, leur compagnon de vie et de coeur meurt au combat, la blessure donne rage et folie pour tuer celui qui à créer cette souffrance. La guerre n’est fini pas et dont l’absurdité commence à devenir flagrante, Hector ne croit plus en cette dernière, Achille refuse de se battre.

Dans une sublime mise en scène de Jean-Yves Ruf qui par jeux de rideaux, de voiles et d’escaliers amovibles on se déplace dans le temps et dans l’espace. De même des costumes à l’aspect simple qui permettent de situer les contextes des évolutions. Tout est majestueusement bien pensé et joué. Je reste toujours sous le charme de Loïc Corbery (Ajax) même en simple d’esprit et devient sous le charme de Michel Vuillermoz à la voie si virile qui incarnait Hector, ce chef de guerre. Même si le son qui sortait de la bouche de Cressida (Georgia Scalliet) avait tendance à m’irriter, je l’ai trouvé très crédible dans le rôle de la femme amoureuse qui doit survivre dans ce monde d’homme et de guerre.

Un bon moment malgré 3h00 de spectacle, qui sont passés assez vite. N’ayant pas lu l’Illiade, quelques références me manquait pour comprendre tous les liens entre les personnages. En plus, il faut rajouter la langue de Shakespeare, qui parfois échappe à ma connaissance. A part, cela un bon moment de théâtre et quelle qualité de jeux… Jamais déçue par la Comédie Française, et ne même temps, il joue depuis 1680.

Sacré Shakespeare, il me surprendra toujours….

Lien vers la fiche spectacle : www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=362&id=517

Plus loin
L’Illiade d’Homère

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Songe d’une nuit d’été au Théâtre de la Porte Saint-Martin

CategorieMoliere

Songe d’une nuit d’été – Théâtre de la porte Saint-Martin

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Au  Théâtre de la porte Saint-Martin suite une tournée, Le Songe d’une nuit d’été revient pour 60 représentations.Lorant Deutsch refait le tour des médias pour promotionner William Shakespeare remis au coup du jour.

Bienvenue dans un univers des années 70, avec des formes rondes, des barres métalliques, culte du noir et blanc. D’ailleurs les ouvreuses et ouvreurs sont vêtus pour les uns d’un pantalon noir et d’une chemise blanche avec chapeau melon et pour les unes, des robes courtes. Le décors de la pièce se précise. Le rideau rouge se lève. Une dizaine d’amazones en robe d’époque se déhanchent sur fond musical. En fond de scène se déploie un grand escalier avec des marches en forme circulaire entouré de hautes barres d’aluminium. Un peu un univers à la Barbarella. Noyau principale de la composition de l’espace où la rêverie va côtoyer la réalité.

Nous sommes dans Athènes ou un père, Egée réclame justice car sa fille, Hermia se refuse d’épouser l’homme, ­Démétrius qui lui a choisit. La raison qu’elle aime un homme, Lysandre, qui l’aime en retour. Et Hélène, amie fidèle d’Hermia est amoureuse de Démétrius. Thésée propose à la jeune fille trois choses : soit elle suit les ordres de son père, soit elle rentre dans les ordres ou soit elle sera tuée. Elle décide de s’enfuir la nuit avec son amant la nuit dans la forêt afin de se marier en secret. Presque, puisqu’ils confient cela à la belle Hélène, qui va s’empresser de tout révéler à Démétrius, pour espérer un peu d’amour en retour. Les voilà qui s’aventurent dans la fôret, un lieu étrange et mystérieux où vie des fées, des esprits malins. D’ailleurs, ils vont rencontrer Puck (Lorant Deutsch) qui va leur jouer des tours. Les roi et reine de la forêt tout de cuir vêtus vont suivre l’histoire des ces amoureux. On va y rencontrer des artisans qui répète une pièce pour qu’elle puisse être jouer au mariage de Thésée. Un vrai moment de comédie interprétés par ces 4 acteurs de tout âge, que cela soit ou le tisserand, Bottom est changé en âne qui ravi le coeur de la reine Titania ou le menuisier, d’âgé d’au moins 80 ans, déguisé en un vieux lion fatigué ou encore à la scène finale où les artisans jouent la «courte et fastidieuse» histoire de ­Pyrame et de son amante, Thisbé.

Entre Barry White et la musique de la série Chapeau melon et bottes de cuir, les danses des amazones, ces amoureux vont jouer à un jeu de chassé croisé pour notre plus grand plaisir. Sous le charme de la mise en scène vraiment dynamique avec des costumes d’un délice-retro. J’ai beaucoup aimé le pantalon bleu coupe droite moule-boule, pli centré porté par Lisandre ou la tenu en cuir d’Obéron, lunette noir sur le nez. Tout est pensé dans les moindres détails. Mais est-ce assez? Nous sommes sorties contents d’avoir vu un spectacle avec une belle mise en scène, des très bons acteurs, des beaux costumes, et c’est tout. A part la scène finale, rien de désopilant. Il manquait un je ne sais quoi pour que j’en sois charmé, conquise et enthousiaste. Est-ce le texte de Shakespeare?  Peut-être qu’une nuit prochaine, au retour du beau temps, je ferais un beau songe, une nuit d’été.

Site officiel du théâtre : www.portestmartin.com/spectacle/piece/le-songe-nuit-ete

Mise en scène : Nicolas Briançon
Adaptation : Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu

Avec : Lorànt Deutsch, Nicolas Briançon, Carole Richert, Eric Prat, Marie-Julie Baup, Nicolas Biaud-Mauduit, Sarah Stern, Thibault Lacour, Jean-Loup Horwitz, Dominique Daguier, Patrick Alexis, Léon Lesacq, Laurent Benoit, Thierry Lopez, Carole Mongin, Armelle Gerbault, Jessy Ugolin, Ofélie Crispin, Marlène Wirth, Aurore Stauder.

Ce qu’en dit la presse
Les Echos : « Un rêve électrique, fourmillant d’idées ! »
Le Figaro : « Rafraîchissant et divertissant ! »
L’Express Style : « Désinvolture et glamour ! Un divertissement plein de charme et de Gaité (…) un univers coloré, décalé et loufoque. »
Le Parisien : « Une formidable Réussite ! »

Du même auteur
Troïlus et Cressida à la Comédie Française