Sin city : The Hard Goodbye – Tome 1 – Frank Miller

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Sorti pour la première fois en France en 1994 (un an après sa sortie en album aux États-Unis), le premier volume de la saga de la Ville du péché est considéré comme une des oeuvres majeures de Frank Miller, qui a marqué l’histoire de la bande dessi-née. Politiciens véreux, prostituées, femmes fatales, voyous et pauvres types se croi-sent dans les pages de Sin City, composant une fresque cynique et parfois ironique d’une société malade. Hybridation entre roman noir, univers des super-héros et codes du manga, Sin City surprend encore aujourd’hui par son scénario admirable-ment construit et l’élégance puissante du noir et blanc de Miller. À l’occasion du vingtième anniversaire de sa première sortie, Rackham réédite l’intégralité de la série dans un nouveau format et avec de nouvelles couvertures, en commençant par ce premier volet qui va prendre désormais le titre de The hard goodbye que Miller lui a attribué en hommage à Raymond Chandler.

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Franck Miller. Ce nom vous évoque forcément quelque chose, même que ce soit uniquement comme un maître du comics ou comme un dessinateur qui maîtrise le noir et le blanc avec talent. Alors partons à la découverte de Sin City, son oeuvre qui marqua et va marquer encore longtemps l’univers du 9ème art.

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Dans un univers tout en noir et blanc, dans des contrastes très marqués, Franck Miller va nous plonger dans une Amérique où règne la loi du plus fort, du plus riche et du plus véreux. L’espoir n’est que l’apanage des innocents qui croient qu’il est possible d’avoir des lendemains meilleurs. Marv, solitaire, taciturne, bourru à quelques principes comme il faut respecter les femmes et là dessus, il est intransigeant. Alors lorsqu’une sublime femme s’offre à lui sans rien demander en échange, qu’il la retrouve morte dans son lit au réveil et que les flics arrivent. Il se doute que quelque chose cloche et pourquoi tuer une si innocente et adorable femme. Cela ne va pas en rester là et sa vengeance sera terrible.

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Qui a voulu tuer Goldie? Pour cela, il va mener son enquête qu’importe ce qu’il va se trouver sur le chemin. Mais au fur et à mesure, les choses les plus noires vont apparaître et ça va saigner. Enfant muet qui adore dévorer les femmes et naturalise leurs têtes comme des trophées, la police qui tue sans vergogne des innocents…. la noirceur envahit chaque parcelle d’humanité qui subsiste. On s’en prend plein la tête et plein les yeux avec cette histoire intense sans demi-mesure qui est renforcée par ce travail du noir et du blanc. La violence des scènes ne nécessite nullement de couleurs et notre imagination complète ce que l’on ne peut voir.

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Les femmes sont sublimes et la violence est dense. Le découpage rythme à l’histoire et les pages se tournent avec une intensité surprenante. Impossible de ne pas regarder ces sublimes dessins dans le détail tellement il s’en dégage quelque chose de puissant. En plus, du côté esthétique, on trouve un côté critique sur l’hypocrisie des politiques, des religieux, de la police… A lire absolument mais attention, une fois que l’on tombe dedans on a envie de connaître toute l’oeuvre de cet artiste incroyable.

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Sauf les fleurs – Nicolas Clément

CLEMENT - Sauf les fleurs.inddTitre : Sauf les fleurs
Auteur : Nicolas Clément
Date de parution : 22 août 2013
Nombre de pages : 80

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Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l’amour de la mère, l’enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre.
À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l’amour du petit frère et celui des mots.
Une histoire bouleversante et charnelle, une langue d’une puissance étincelante : la voix de Marthe, musicale et nue, accompagnera le lecteur pour longtemps.

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Sauf les fleurs ne peut pas passer inaperçu dans une bonne librairie. Petit message coup de coeur, mise en avant frontal ou petit dessin avec un coeur fleurissent sur la couverture de ce roman. Alors comment ne pas céder à la lecture.

Le titre donne assez peu d’indication sur l’histoire mais le sourire du libraire me disant « Vous allez voir ce livre m’a bouleversé« . Alors j’ai cédé à la tentation pour découvrir une histoire bouleversante d’une famille comme il en existe trop. Un père violent qui bat sa femme devant ces enfants dans une ferme : Marthe et Léonce. Le réconfort est le juste le sourire d’une mère et la chaleur des animaux. Un jour une opportunité s’offre pour avoir une vie meilleure. La prison pour le père et la mort d’une maman, font offrir une nouvelle vie aux enfants même si les blessures du passé sont profondément encrées. D’ailleurs, même si Marthe, découvre l’amour et le bonheur avec les auteurs grecques la colère sous-jacente envers son père va lui changer la vie. Car lorsqu’elle va revenir en France pour la reconstitution du meurtre de sa mère, elle ne va pas pouvoir regarder son père en face sans venger la douleur qu’il a infligé à sa famille.

Une histoire de violence familiale comme il en existe trop. A travers le regard de Marthe, l’auteur va nous plonger au coeur d’une famille qui essaie de survivre au quotidien malgré la maison et les insultes à l’école. On ne peut pas rester insensible face à cette histoire qui fait vibre la corde sensible. Toutefois, il manque un petit quelque chose dans le récit pour que j’adhère totalement. L’écriture me déroute un peu tout comme la ponctuation assez particulière. On trouve des majuscules sans point mis auparavant. J’avoue ma déroute même si après les 75 pages on s’habitue.

Un roman qui surprend par le sujet et qui peut faire résonance avec des blessures subies de près ou de loin. Toutefois, la distanciation par moment m’a surprise et m’a détachée un peu de cette histoire. Une certitude, sauf les fleurs n’est pas un roman qui nous laisse indemne après la lecture.

Extrait
Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m’interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j’étais. […] Je n’ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d’avant. Je tombe rond ; mon compte est bon. 

Prix
– Lauréat du Festival du premier roman de Chambéry en 2014
– Lauréat du Prix Emmanuel-Roblès en 2014
– Lauréat du Prix (du métro) Goncourt en 2014

Ce qu’en dit la presse
Alexandre Fillon. Livres Hebdo. 24 mai 2013 : Un premier roman incarné, qui paraît dans la collection Qui vive chez Buchet-Chastel, révèle un écrivain. Un débutant qui joue avec les mots et les émotions. En arrivant à évoquer des choses gra-ves sans pathos et avec beaucoup de force et de poésie. 

Claire Chazal. Version Femina. 14 juillet 2013 :  Le titre évoque déjà toute la mélancolie, l’innocence et la douleur aussi de l’enfance. […] Les mots sortent comme une libération, poignants, justes, tantôt acérés, tantôt enveloppants. […] Le romancier dit tout du besoin de famille et de gestes d’affection, de la folie des hommes et de la violence conjugale. Le récit est magnifique et saisissant. Les phrases, courtes et ciselées, sans recherche d’effet, font penser à Duras ou à Bobin. Un texte à pleurer de beauté et de sincérité. 

Raphaëlle Rérolle. Entrée livre : Ce va-et-vient entre la fable et la vie donne au premier roman de Nicolas Clément une partie de son étrangeté. Si tu as l’audace de risquer ce livre, ami lecteur, tu entendras une voix incroyablement différente. […] C’est un risque, je te dis. Mais un risque bon marché (9 euros), de courte durée (76 p.), souvent bouleversant. Et ça, être bouleversé, on peut dire que c’est un bon risque. Le meilleur que puisse proposer la littérature. 

Lire l’avis de La Jument verte