La véritable Histoire des Superhéros – Dulce Pinzon

images-1

Minerva Valencio, de Puebla, est nourrice à New York. Elle envoie au Mexique 400$ par semaine.

Capture d’écran 2013-06-01 à 11.11.49

4ème de couverture
Après le 11 Septembre, la notion de  » héros  » a commencé à se manifester de plus en plus fréquemment dans la conscience collective : en ces temps de crise nationale et globale, reconnaître le courage et la détermination extraordinaires de certains individus devant le danger s’imposait, ceux-ci sacrifiant parfois leur propre vie pour tenter de sauver celle des autres. Il était légitime que catastrophes et états d’urgence fassent la une ; mais au milieu de cette tornade médiatique, on est facilement passé à côté d’autres héros qui, chaque jour, donnent pourtant énormément d’eux-mêmes pour le bien d’autrui, quoique d’une façon moins spectaculaire. Le travailleur mexicain immigré à New-York constitue l’exemple même du héros que l’on ne remarque pas. Il travaille souvent d’interminables heures dans des conditions extrêmes, pour un salaire très bas qu’il économise, aux prix de lourds sacrifices, afin de l’envoyer au Mexique et de permettre à des familles et des communautés de survivre. l’économie mexicaine est devenue, de fait, dépendante de l’argent envoyé par les travailleurs immigrés aux États-Unis. Et réciproquement, l’économie américaine repose désormais en partie sur le labeur des travailleurs mexicains. C’est précisément la discrétion de ce lien de dépendance, conjuguée à l’ampleur de leurs sacrifices quotidiens, qui fait de ces travailleurs mexicains un sujet particulièrement intéressant. L’objectif principal de cette série de photographies est de rendre hommage à ces hommes et à ces femmes pleins de courage et de détermination qui s’efforcent, tant bien que mal, sans l’aide d’aucun superpouvoir, de faire face à des conditions de travail très rudes pour aider leurs familles à survivre et à prospérer. Le projet se compose de vingt photographies en couleurs représentant des immigrés latino-américains déguisés en superhéros américains et mexicains célèbres. Chaque cliché met en scène le travailleur / superhéros dans son environnement professionnel et s’accompagne d’une légende indiquant son nom, sa ville ou son État d’origine, et la somme d’argent qu’il envoie chaque semaine ou chaque mois aux siens.

Capture d’écran 2013-06-01 à 11.11.49

A l’heure où les superhéros sont à la mode, Dulce Pinzon nous en propose une autre vision. Elle regroupe ici des portraits d’hommes et de femmes qui ont du quitter leur famille au Mexique pour l’Amérique pour trouver un emploi. Des métiers où on les exploitent. Ils sont des superhéros invisible du quotidien.

Chaque portrait est accompagné d’une légende avec le nom, la ville natale, la profession exercée et la somme d’argent ainsi que la fréquence qu’il envoie à sa famille. Une simplicité qui montre à mettre le doigt sur cette économie parallèle. Une sorte de rencontre entre la réalité et les idées reçues. J’aurai aimé une précision, le nom du super héros en question.

Une belle rencontre en image qui m’a donné envie de pousser encore la découverte d’artistes photographes.

challenge-2