Roméo et Juliette au Théâtre de la Porte Saint Marin

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Le théâtre de la Porte Saint-Martin après avoir joué Songe d’une nuit d’été l’année dernière avec en tête d’affiche Laurent Deutcsh propose une nouvelle oeuvre de Shakespeare, Roméo et Juliette avec à la mise en scène Nicolas Briançon.

Pour taper fort encore cette année le théâtre de la Porte Saint-Martin redonne la main à Nicolas Briançon pour cette nouvelle création pour la mise en scène et l’adaptation de Roméo et Juliette qui n’a pas été joué dans un théâtre privée depuis 40 ans. Et pour attirer en plus le manant, on met en tête d’affiche l’étoile montant du cinéma français Niels Schneider en Roméo accompagné de la très charmante Ana Girardot, en Juliette et la fabuleuse Valérie Mairesse, en nourrice. Ils sont entourés d’une troupe de 20 comédiens très talentueux incarnant les Capulet et les Montaigu.

Niels Shneider et Ana Girardot, amis dans la vie, montent sur la scène du théâtre pour incarner ces héros amoureux maudits pour la première fois pour montrer que leur talent ne se limite pas au cinéma. Avec une  énergie folle, l’émotion au bout des larmes, ils interprètent avec passion ces personnages qui s’aiment à mourir. Mais Roméo et Juliette ne pourrait exister sans leur famille incarné par de nombreux comédiens tout aussi talentueux les uns que les autres. Et aussi, le personnage de nourrice interprété par Valérie Mairesse qui donne de la douceur et de l’humanité à son personnage. Elle est très attachante.

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Le tout dans un décors simple et très performant de Pierre-Yves Leprince. Quatre grands blocs gris dont deux amovibles qui permettent de transformer l’espace en chambre, jardin, cours ou tombeau aidé parfois de quelques accessoires comme un lit ou des chaises. Soutenu par des magnifiques costumes qui se rapproche de l’Italie des années 50 d’Al Capone crées par Michel Dussarat avec des costumes noir avec gilet, cravates, chapeau bien taillés. Le sublime du costume arrive à la fin avec la robe rouge que va porter Juliette pour son mariage avec Paris qui sera aussi sa robe de deuil avec une grande jupe avec de nombreuses épaisseurs de tulle. Un rouge qui symbolise la passion et l’amour, mais aussi le sang, la mort porté à merveille par la comédienne. L’ensemble valorisé par de très belles lumières très bien placées créées par Gaëlle de Malglaive.

Ce qui m’a beaucoup plus c’est la présence de cinq musiciens qui accompagne l’histoire. Ils sont parfois sur scène, dans les couloirs derrières les spectateurs dans une baignoire. La musique amplifie les émotions surtout en direct. Chose assez rare pour être souligné et appuyer sur le talent du metteur en scène. Popularisé ce classique n’est pas forcément chose facile mais le public est au rendez-vous même le théâtre à du faire de grandes réductions pour faire du remplissage. La tragédie laisse beaucoup la place à la comédie comme la mort de Tybalt et Mercutio passée assez rapidement ou le vendeur de drogue déguisé en clown. Parfois, quelques images de Roméo + Juliette de Baz Luhrmann me sont revenus à l’esprit avec sa magnifique bande son. Toutefois, le côté dramatique est vraiment véritablement présent dans cette représentation cinématographique.

Un spectacle qui m’a beaucoup plu et m’a inciter à poursuivre ma découverte de Shakespeare.

Les comédiens : Ana GirardotNiels SchneiderValérie MairesseBernard Malaka,Dimitri StorogeCédric ZimmerlinBryan PolachCharles Clément,Valentine VarelaMas BelsitoPierre DourlensPascal ElsoAdrien Guitton,Côme LesageGeoffrey DahmEric PucheuAriane BlaiseMarthe Fieschi,Noémie Fourdan

Lien vers le théâtre

La duchesse de Bloomsbury Street – Helene Hanff

images-2Pendant des années j’ai été cette petite horreur qui courait de tous côtés en talons plats, pantalon et sac à bandoulière. Aujourd’hui je n’ai toujours rien changé à mes habitudes, mais après une vie entière de disgrâce mon style est salué dans les pages de l’Evening Standard.

Quelle question bizarre, a dit, Nora une fois dehors. Vous apprécierais-je si nous venions juste d’être présentées l’une à l’autre? Comme le saurais-je? Helen, je vous connais depuis vingt ans!

Sans laisser derrière eux ne fût-ce qu’un brouillard
Nous sommes de la même étoffe que les songes.

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Imaginez un croisement entre madame de Sévigné et Woody Allen : vous obtiendrez Helene Hanff (1917-1997), qui doit son passeport pour l’éternité à un talent unique d’épistolière joint à une perfusion d’humour juif new-yorkais et à un amour immodéré pour la littérature anglaise. Son best-seller, 84, Charing Cross Road, est né de vingt ans de correspondance (1949-1969) avec le personnel d’une librairie londonienne spécialisée en livres rares.  » Après toute une vie d’attente « , Helene arrive enfin à Londres en juin 1971. L’ami libraire, Frank Doel, est décédé sans qu’elle l’ait jamais rencontré, mais sa veuve, sa fille et une foule de personnages hauts en couleur l’accueillent lors de ce séjour, ses premières vacances à l’âge de cinquante-quatre ans.

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Helene Hanff décide enfin de venir à Londres, surtout après le succès inattendu de son roman 84, Charing Cross Road. Elle est allée à la découverte de ces amis de correspondances et de la ville où vécut beaucoup de ces écrivains préférés. Elle note sur son calepin un petit briefing de la journée qui va se passer où qui est passée. C’est par ce biais que nous allons la suivre pendant son séjour dans la capitale anglaise.

On pourrait croire que son roman fait l’éloge de ces personnes avec qui elle a correspondu pendant des années. Mais on rencontre une multitudes de fans qui l’emmènent dans un Londres plus intimiste. Elle devient une coqueluche car tous le monde veut la rencontrer et se partage entre les repas, la pause thé et les ballades; Le monde de Shakespeare, de Georges Bernard Show, de Dickens frappe à la porte de cette curieuse tout comme le British Museum dont elle tombe amoureuse. Un voyage qui m’a emmené là-bas avec elle. J’étais avec elle, avec ces amis, dans les rues, dans les église. Je me posais ces questions futiles du paraître. J’étais heureuse d’y être et triste que la date de départ pour retourner aux Etats-Unis approche.

Bref, j’ai vraiment adoré qui m’a fait voyager. Qui m’a donné très envie de partir de l’autre côté de la Manche et de découvrir son Londres, même si je ne connais personne qui habite là-bas.

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Des mots du livre 
Anachorète : Moine se retirant de la société des hommes pour vivre en ermite.
Hystérectomie : Ablation chirurgicale de l’utérus.

Du même auteur
84, Charing Cross road

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Troïlus et Cressida – William Shakespeare

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Une trêve se fait dans la guerre de Troie, qui oppose les grecs au troyens. Les ennemies se fréquentent comme d’anciennes connaissances, de bons amis. Cela va t’il mener à la paix? Bien entendu, que non….

Le fils conducteur du spectacle est l’Amour, cette douce passion qui touche Troïlus, fils de Priam et Cressida, fille du prêtre grec Calchas mais aussi les autres protagonistes de l’histoire. Un amour qui amène au désespoir, à la haine, à la folie, à la guerre et à la vengeance.

La belle Cressida, va être va être échangé contre un prisonnier troyen, Anténor, au désespoir de ce jeune amour tout juste consommé. Ils se promettent fidèlité et amour éternel mais le destin va en être autrement, car le coeur de la belle va être aussitôt de nouveau conquis. La rage l’emporte tout comme d’autres où leurs belles sont emprisonnés, loin ou mortes. Même parfois, leur compagnon de vie et de coeur meurt au combat, la blessure donne rage et folie pour tuer celui qui à créer cette souffrance. La guerre n’est fini pas et dont l’absurdité commence à devenir flagrante, Hector ne croit plus en cette dernière, Achille refuse de se battre.

Dans une sublime mise en scène de Jean-Yves Ruf qui par jeux de rideaux, de voiles et d’escaliers amovibles on se déplace dans le temps et dans l’espace. De même des costumes à l’aspect simple qui permettent de situer les contextes des évolutions. Tout est majestueusement bien pensé et joué. Je reste toujours sous le charme de Loïc Corbery (Ajax) même en simple d’esprit et devient sous le charme de Michel Vuillermoz à la voie si virile qui incarnait Hector, ce chef de guerre. Même si le son qui sortait de la bouche de Cressida (Georgia Scalliet) avait tendance à m’irriter, je l’ai trouvé très crédible dans le rôle de la femme amoureuse qui doit survivre dans ce monde d’homme et de guerre.

Un bon moment malgré 3h00 de spectacle, qui sont passés assez vite. N’ayant pas lu l’Illiade, quelques références me manquait pour comprendre tous les liens entre les personnages. En plus, il faut rajouter la langue de Shakespeare, qui parfois échappe à ma connaissance. A part, cela un bon moment de théâtre et quelle qualité de jeux… Jamais déçue par la Comédie Française, et ne même temps, il joue depuis 1680.

Sacré Shakespeare, il me surprendra toujours….

Lien vers la fiche spectacle : www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=362&id=517

Plus loin
L’Illiade d’Homère

Du même auteur
Songe d’une nuit d’été au Théâtre de la Porte Saint-Martin

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