Toute la lumière que nous ne pouvons voir – Anthony Doerr

9782226317186gLes récompenses que reçoivent les livres n’est pas un argument de lecture pour moi. Mais après avoir lu doucement et avec passion « Toute la lumière que nous ne pouvons voir » d’Anthony Doerr, je me suis dit que lui méritait bien d’être couronné du Prix Pulitzer. Un petit pavé de 600 pages qui pourrait refouler les plus peureux cependant, il ne faut pas passer son chemin. Pourquoi ?
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Le bureau des atrocités – Charles Stross

LeBureauDesAtrocites4ème de couverture
On vous a menti sur toute l’histoire contemporaine. Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont failli l’emporter grâce à leurs sacrifices humains et leurs évocations des puissances ténébreuses qui rôdent derrière la porte d’autres univers. L’informaticien Bob Howard (dont le nom semble inspiré du premier prénom de H. P. Lovecraft) a été engagé de force au Bureau des Atrocités, dit aussi la Laverie Centrale, parce qu’il a eu le malheur d’explorer des archives qui auraient dû être effacées. Et d’y apprendre la thaumaturgie mathématique. En effet, la Laverie, le plus secret des services secrets britanniques, veille à ce que certains théorèmes qui ouvrent l’accès sur
d’autres univers ne soient jamais redécouverts. Elle enquête accessoirement sur tous les phénomènes étranges aux fins de les résorber. Ce qui n’exclut pas la bureaucratie la plus tatillonne. Howard est l’un de ses agents qualifiés action. Précisément, il lui faut aller aux Etats-Unis récupérer un chercheur auquel semblent s’intéresser des terroristes. Une chercheuse plutôt, rousse aussi flamboyante qu’intelligente. Et Howard se retrouve sur la piste de l’Ahnenerbe, le plus mystérieux des organismes nazis, qui aurait survécu un demi-siècle sur un autre monde, dans un autre univers. Grâce peut-être à l’aide d’entités à côté desquelles Cthulhu est un gentil mickey. Issu d’un croisement improbable entre James Hadley Chase, Ian Fleming et H.-P. Lovecraft, X-Files et Men in Black, ce roman déplace les frontières entre genres. Et Charles Stross s’y montre désopilant autant que terrifiant.

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Le croisement entre le monde du policier et de la science-fiction ne vous fait pas peur. Alors vous tomberez sous le charme de Charles Stross qui mélange les genre pour surprendre le lecteur et l’emmener au delà du temps et de l’espace. Prêt pour une aventure qui vous surprendra?

La quatrième de couverture l’annonce Charles Stross propose un mélange entre James Bond, l’oeuvre de Lovecraf avec une pointe de X-Files et de Men in Black. Notre héros Bob Howard est un informaticien très doué. Pour la peine, il va se faire recruter par les services secrets anglais plus exactement dans le bureau des atrocités plus gentiment nommé La Laverie. Ben oui, grâce à ces supers héros de l’ombre les tâches du panorama quotidien sont nettoyer. Par exemple, quand les nazis récupèrent la souffrance qu’ils infligent pour créer un monde parallèle pour revenir un jour et prendre leur revanche, c’est eux qui interviennent.

Ici, Bob qui devait faire une simple première mission a mis le nez dans un dossier plus gros. Tombé sous le charme d’une belle femme intelligente, il va faire une entorse aux milliers de régles pour sauver la jeune femme en danger. Et heureusement qu’il l’a fait car c’est une clé dans la résolution de cette énigme tarabiscotée. L’auteur nous prend par la main pour nous mener dans des univers bien particulier.

J’avoue avoir trouver assez inégale dans la première histoire, Le bureau des atrocités entre les périodes des récits d’aventures et l’autre partie où les neurones cogitent à 200% à l’heure. Je lis peu de SF alors quand on parle d’Alan Turing, de théorie mathématique, scientifique que l’on rajoute des clins d’oeil à Lovecraft et autres auteurs, google est devenu un ami. Beaucoup de recherches de mieux comprendre les éléments vrais pour mieux les différencier des choses de l’imagination. Pour que l’irréel face vrai, il faut le mélanger à la vérité. Il me manquait des bases que j’ai acquis pendant la lecture. Alors grâce à ce roman, j’ai complété mon petit cerveau de savoir.

Le travail d’écriture est vraiment remarquable même dans la deuxième histoire La jungle de béton, qui est une suite de la très longue première histoire. On retrouve les même personnages qui ont évolué. Bob est en couple avec l’ancienne prof, ces colocs sont partis habiter ailleurs ensemble, le dictat des règles trop strictes de l’entreprise qui a eu raison de l’équilibre mental de certains responsables…. Bref, une écriture subtile et drôle qui surprendra plus d’un lecteur.

Nous vivons dans une ère d’incertitude, de complexité et de paranoïa. D’incertitude, parce que, depuis quelques siècles, il y a carrément bien trop de connaissances disponibles pour qu’un seul être humain puisse les embrasser; nous sommes tous ignorants, si l’on va jusqu’au bout de ce raisonnement. La complexité multiplie cet effet parce que nos zones d’ignorance et nos points faibles interfèrent de manière imprévisible : les projets les plus innocents ont des effets secondaires imprévus. Et la paranoïa est le produit émergent de ces effets secondaires : le monde n’est pas tel qu’il paraît, et, de fait, il se peut que nous n’arrivions jamais à appréhender le monde tel qu’il est sans le filtrage réconfortant de nos opinions préconçues et de nos médias. 

Le bonus se fait par la postface sur la réflexion sur le genre de la science-fiction, sur la typologie d’écriture, les thématiques abordées…. Très intéressant à lire qui a changé mon regard sur les histoires lues. Et tout à la fin, un glossaire pour mieux comprendre les sigles utilisés dans le roman. Dommage que je ne m’en sois aperçu qu’en arrivant à la fin.

Envie de voyage, d’être surpris, d’aller à la rencontre d’un mec à l’apparence basique qui se trouve être un geek passionné coincé par un boulot qu’il n’a pas vraiment rêvé. Un livre qui permet d’ouvrir les portes du genre sf qui montre sa très grande richesse.

Conseil de L’Apostrophe

 

 

Gibier d’élevage – Kenzaburo Oé

GibierElevage4ème de couverture
En pleine guerre, un avion américain s’écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir…
Aux yeux du jeune enfant naïf et émerveillé qui raconte cet épisode, sa nationalité, sa race, sa langue n’en font pas un étranger on un ennemi, mais une simple bête dont il faut s’occuper.
Un extraordinaire récit classique, une parabole qui dénonce la folie et la bêtise humaines.

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La seconde guerre fait rage et le Japon est bombardé. Les américains sont considérés comme un ennemi de la nation. Lorsqu’un de leur avion s’écrase dans une montage,  et que les habitants capturent un homme, toute la tranquillité du village perdu va être rompu.

Les villageois ramènent avec fierté l’homme trouvé dans la montagne mais voilà, l’homme est noir. Sa couleur de peau va changer son rapport aux autres surtout aux enfants qui le considère plus comme un animal qu’un être humain. D’ailleurs, se sont les enfants qui vont lui donner à manger et vider son sceau à excrément. Il devient une bête curieuse avec lequel chacun essaie de communiquer. Au fur et à mesure, il va passer du temps avec les enfants qui vont même le libérer de ces entraves. Un lien d’égalité doucement se mets en place, le temps que la nouveauté n’intéresse plus les petits.

En parallèle, les adultes cherchent une solution sur que faire de cet homme. Les hauts responsables de la grande ville à quelques kilomètres de marche, n’arrivent pas à prendre une décision. Ces derniers décident de déléguer le choix à une plus haute autorité qui tarde à répondre. Quand le choix est effectué, l’homme doit descendre à la ville, mais qui va l’emmener? A partir de ce moment tout va changer et tourner à l’orage. La différence de couleur avait presque disparue mais la haine et la peur ont repris le dessus.

Dans une fin horrible, la nature de l’homme reprend le dessus dans une sauvagerie saisissante. La barbarie humaine s’affiche sur chaque page vous tenant aux tripes pouvant vous amenez à vous posez des questions sur la situation actuel dans le monde. La haine, les préjugés, l’ignorance sont partout présents, n’est-ce pas la nature de l’Homme? Parfois, des petits fables racontées à travers les yeux d’un enfant permettent de mettre un peu plomb dans la tête.

Prix reçu
1958 : Prix Akutagawa

Si vous avez aimé vous aimerez
Des souris et des hommes de John Steinbeck

Le massacre – Simon Hureau

lemassacre

Le musée insolite de Limul Goma
Le massacre
Tome 2
Simon Hureau
Editeur : La boîte à bulles

L’histoire débute par une vente aux enchères un peu particulière puisqu’on y vend un massacre. Un trophée de chasse d’un kouprey, animal mythique cambodgien dont la race est aujourd’hui éteinte. Mais qu’à t’il de spécial pour enflammer les ventes?

Simon assiste à une vente aux enchères où il a mis en vente les affaires du grand-père de son amie Louise. Les enchères augmentent de façon impressionnante et sont remportées par un étrange homme, Limul Goma. Ce dernier va d’ailleurs rentrer en contact avec Simon pour connaître l’histoire de ce trophée assez particulier. Il cherche à connaître un morceau d’histoire qui donne toute sa valeur à l’objet. Cette rencontre va l’amener à une autre, celle de l’ancien possesseur de ce fameux trophée. Dans sa jeunesse, il a tué ce fameux kouprey, animal mythique qui fonçait sur un jeune garçon. Mais le jeune garçon ne lui a jamais été reconnaissant de cela. Une culpabilité va le toucher surtout lorsqu’il va comprendre qu’il a sauvé le dictateur Pol-Poth.

Ce collectionneur va rencontrer différentes personnes qui vont donner une vraie valeur à ces objets qu’il collectionne. L’histoire du Cambodge et des khmers rouges se profilent en fond d’histoire, jusqu’à la soi-disant vraie mort de Pol-Poth en séjour en France, le jour de cette fameuse mis en vente de cette tête qui lui tenait vraiment à coeur. Cet homme est vraiment particulier, un amoureux des objets et des gens. Un tome 2 qui laisse attendre d’autres enquêtes de ce personnage assez étrange et énigmatique.

Une histoire étrange avec un graphisme assez particulier, qui se rapproche d’une certaine manière de Fred. L’histoire aborde un sujet assez rarement abordé avec les khmers rouges au Cambodge et ces milliers de morts. La folie de l’homme est le fil conducteur que cela soit la destruction d’une espèce animal, d’une ethnie, d’un pays… Les objets sont là pour nous rappelez des histoires qu’on oublie ou que l’on n’attache pas à ces objets qui peuvent nous entourer. Un bon moment de lecture, malgré que j’en ressors assez triste.

Du même auteur
Palaces

Lien vers l’éditeur : www.la-boite-a-bulles.com/fiche_album.php?id_album=153

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Inconnu à cette adresse – Kressmann Taylor

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Auteure : Kressmann Taylor
Editeur : Le livre de poche

Katherin Kressmann Taylor publie pour la première fois son roman dans Story Magazine en 1938 au Etats-Unis, et le succès a été au rendez-vous, à tel point que tous les exemplaires du journal ont été épuisés. Sous forme d’une correspondance épistolaire fictive du 12 novembre au 3 mars 1934, entre deux amis, Martin Schulse, 49 ans, père de trois enfants et Max Eisenstein, 50 ans, une soeur, américain ayant fait ces études en Allemagne. Ils sont associés dans une galerie, la Galerie Schulse-Eisenstein, d’art à San Francisco.

Martin décide de retourner dans son pays qui est censé avoir une situation plus stable, suite à 1929. Les deux amis souhaitent garder le contact par un échange de lettres. « Il existe un havre où l’on peut toujours savourer une relation authentique : le coin du feu chez un ami auprès duquel on peut se défaire de ses petites vanités et trouver chaleur et compréhension. » On découvre la passation de pouvoir d’Hindenburg à Hitler et la monter du nazisme par conséquence. Les violences faîtes aux juifs et la restriction des libertés se fait sentir à chaque échange. « Franchement, Max, je crois qu’à nombre d’égards, Hitler est bon pour l’Allemagne, mais je n’en suis pas sûr; […] il possède une force que seul peut avoir un grand orateur doublé d’un fanatique. Mais je m’interroge : est-il complètement sain d’esprit ? » En 1933, il renie son amitié avec Max à cause de ces origines juives. « Nous sommes tous embarqués dans la même galère. Nous sommes futiles et malhonnêtes parce que nous devons triompher de personnes futiles et malhonnêtes. »Leur correspondance reste seulement financière suite à leur entreprise commune. « Maintenant je dois te demander de ne plus m’écrire. Chaque mot qui arrive dans cette maison est désormais censuré, et je me demande dans combien de temps, à la banque, ils se mettront à ouvrir le courrier. Je ne veux plus rien avoir à faire avec les juifs, mis à part les virements bancaires et leurs reçus« . Toutefois, Max contacte plusieurs fois son ancien frère de coeur, car sa soeur Griselle, veut partir en concert à Berlin. Il lui demande de prendre soin d’elle. La réponse au bout de trois courriers, se fait directe et très distante. Il lui annonce que sa soeur s’est faîtes tuer par les SA. Sa vengeance se fait sinueusement par des lettres, tout en sachant que ces dernières étaient par lu par la censure. Max sous entend par des pseudos commandes de tableaux que son ami aide l’ennemi. Il fait référence à Picasso, peintre détester du Reich. Jusqu’au jour où il reçoit son courrier avec noté dessus « Inconnu à cette adresse ».

Un petit roman qui se dévore et qui dresse un tableau de cette Allemagne en pleine mutation. Un pays qui a besoin d’espoir et de changements. Hitler arrive au pouvoir légalement et justifie la haine du juif pour sauver un pays. Personne ne bouge, tous le monde soutient. A travers les échanges de lettres, on sent la modification de la perception de la réalité et de la société. Ce qui est dommage c’est sa brièveté.

Un livre a mettre entre toutes les mains, surtout dès le plus jeune âge.

Cinéma
Le film a été adapté en 1944 par William Cameron Menzies.

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Maus d’Art Spiegelman

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