Pierres enchantées – Rodrigo Rey Rosa

product_9782070456970_195x320Titre : Pierres enchantées
Auteur : Rodrigo Rey Rosa
Traduit de l’espagnol par : André Gabastou
Première parution : 2005
Editeur : Folio n°5776
Parution : 20 mai 2014
Nombre de pages : 144

Capture d’écran 2014-01-04 à 10.04.59

 

4ème de couverture
Un garçonnet est renversé par une voiture. Par crainte des représailles, l’automobiliste s’enfuit.
C’est le début d’un récit fascinant sur le surgissement du mal. Rodrigo Rey Rosa le débusque dans les paroles de l’ami qui trahit l’ami, dans les mensonges de la mère qui n’aime pas son enfant, dans le machisme de l’homme d’affaires sans scrupules, dans les combats quotidiens des démunis pour tromper leur faim.
Faisant alterner les points de vue sur un rythme haletant, dans une langue tantôt sèche, tantôt d’une grande sensibilité, il se révèle l’un des plus solides romanciers de la littérature latino-américaine actuelle.

Capture d’écran 2014-01-04 à 10.04.59

 

L’auteur Rodrigo Rey Rosa, nous propose un nouveau voyage dans le Guatemala à travers son roman Pierres enchantées qui nous plonge dans un pays où règne la violence et l’injustice. Mais tout est-il vraiment autorisé? Ni a t’il pas de limite à la violence?

Pour débuter l’histoire, l’auteur préfère déjà nous présenter son pays et le contexte de l’histoire. Il nous prévient tout de suite dès la deuxième ligne : Le pays le plus beau, les gens les plus laids. Puis on mets les pieds dans l’histoire, Joaquín Casasola renverse un jeune garçon, Silvestre, à cheval. Après son action, il fuit tout de suite et essaie de ne pas se faire prendre. Pour cela, il en parle à son meilleur ami et à un avocat. Par chance, il est soutenu et tout se mets en place pour qu’en aucun cas il puisse être incriminé. Toutefois, une autre histoire va se monter en parallèle, car le jeune garçon, n’est pas un enfant ordinaire et plus d’une personne souhaite le voir disparaître pour faire du chantage.

Rien n’est vraiment facile mais une seule certitude. C’est l’argent qui dirige le monde. La justice, l’égalité, la tolérance n’a de valeur que si la bourse est pleine. Ici, la misère côtoie l’opulence, le vol, la violence, la maltraitance, le viol, la saleté et seul la loi du plus fort est respectée. Quel avenir pour les personnages du roman, même des familles riches? Aucun apparemment. La démocratie n’est qu’une idée que l’argent pourra toujours acheté. Que va devenir ce petit garçon qui est recherché? Personne ne le sait car que deviennent ces enfants vivants dans les rues?

Un roman qui nous mène dans une misère crasse dont je ne doute pas qu’elle existe encore. Par chance, je n’avais pas prévu d’aller au Guatemala prochainement, la lecture du roman me convainc de cela. L’histoire se lit bien et est assez bien découpée par paragraphe mais je suis restée sur ma fin. On comprend les personnages sans jamais tombée dans un patos larmoyant, d’ailleurs, je serais restée une centaine de pages de plus avec eux pour avoir un plus d’histoire. Un petit séjour sympathique dans un pays d’Amérique du Sud.

Pour aller plus loin
Mapuche de Caryl Férey

Marche ou crève – Stephen King

images-9

Le premier mai n’est pas ici la fête du Travail, mais le jour de la Grande Marche. 100 jeunes garçons décident d’effectuer une marche à travers les Etats-Unis. Toutefois, cette marche est particulière, le titre Marche ou crève vous donne un indice.

100 garçons de moins de 18 ans vont commencer une marche à travers les Etats-Unis. L’heureux gagnant sera récompensé au dela de ces espérances mais il ni aura qu’un seul gagnant. Les participants ne doivent pas marcher à une vitesse inférieure à 6,5 km/h. Si c’est le cas, il reçoit un avertissement. Au bout de trois avertissements, il reçoit un ticket… fatal. En effet, tout le long du chemin se trouve des half-tracks munis de fusils. Des balles dans la tête de préférence et hop, un candidat de moins. Pas d’exception et pas de pitié, voilà le mot d’ordre. Cette marche est un engagement et il n’y a pas de surprises.

Cet aveu l’effraya. Il pensa alors à son ticket, à la balle qui le frapperait, à l’ultime seconde de lucidité devant le canons des fusils levés vers lui. Les jambes figées. Le ventre crispé, la terreur aux triples. Les muscles, le cerveau, tout son corps repoussant la mort qui ne serait plus qu’à un battement de coeur. 

Tous le long du parcours, on découvre du public qui encourage mais surtout il veut voir du sang. Les cris de joie se mêlent à l’attente de voir un spectacle de mort. Cette difficile réalité fait prendre conscience aux enfants la notion de vie. Garraty se demande comment ce serait d’être couché dans le plus grand, le plus poussiéreux des silences de bibliothèque, de rêver éternellement vêtu de son costume du dimanche. Plus de soucis d’argent, de réussite, plus de peur, de joie, de douleur, de chagrin, de sexe ou d’amour. Le zéro absolu. Pourquoi sont-ils ici à marcher? Voulaient-ils vraiment au fond d’eux mourir? Ces interrogations les rapprochent le temps de quelques pas.

J’ai apprécié la lecture de ce livre que j’ai vécu comme une marche. Déjà parce que j’aime beaucoup lire en marchant, je suivais ces jeunes garçons, surtout Garraty, le favori. Alors la lecture était un peu dans la souffrance, dans la contrainte même si l’écriture est fluide. Une lecture bien sympathique qui ne va s’oublier si vite.

wonder challengeus

Nos étoiles contraires – John Green

images-54ème de couverture
Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.


Difficile de passer à côté de ce roman mis en avant partout dans les bonnes librairies et dont les blogueuses raffoles. Alors direction la médiathèque, un peu de patience et voilà qu’au bout d’un mois, le livre tant attendu est arrivé.

La couverture assez simple ne retient pas trop l’attention. Mais la magie opère dès la première page tournée. La thématique de l’histoire est le cancer et l’amour. L’amour entre Hazel et ce jeune garçon Augustus qui peut paraître simple cependant les mots, les comportements, les réflexions sonnent juste. L’amour de littérature, d’un livre en particulier qui les unit et va les emmener à Amsterdam. L’amour de la famille, toujours présente et qui essaie de soutenir et d’accepter la situation tant qu’elle peut. L’amour des amis qu’ils soient malades ou pas, car en fin de compte on n’est toujours seul face à sa maladie et à sa mort prochaine.

J’avais l’impression que, en perdant la personne avec qui je partageais mes souvenirs, j’avais perdu les souvenirs eux-mêmes, comme si les choses qu’on avait faites ensemble étaient devenues moins réelles, moins importantes qu’elles ne l’étaient encore quelques heures auparavant.

L’histoire reste belle et se lit si bien. J’étais avec les personnages, je les écoutais en tendant l’oreille, le coeur lourd triste et compatissant. Car la langue enterre, mais ne ressuscite pas, mais les mots rendent les gens éternels. Même si l’histoire est totalement inventée, elle devient réelle dans mes sentiments, dans ma sensation d’empathie. Une belle lecture à mettre entre toutes les mains.

L’avis d’Ennal’avis de Sylire, l’avis de Mrs Bl’avis d’Elelal’avis de Margueritel’avis des mots sur des pages, l’avis de Lire sous le magnolial’avis de Noctenbul

Dans la même thématique
Oscar et la dame en rose – Eric-Emmanuel Schmitt

wonder challengeus

Hit-Girl – Mark Millar et John Romita

images-4

Attention, tenez-vous bien à votre siège, car vous allez en prendre pleins les yeux. Pleins de quoi? Plein de sang car ici pas de pitié juste des combats.

La couverture donne le ton. Non, cette jeune fille de 12 ans ne coupe pas des tomates pour préparer un gaspacho. A moins que cela soit avec des morceaux fraichement coupés de ces bad boys qui tuent, vols, viols, raquettes les innocents. Comment leur faire comprendre de s’arrêter de s’en prendre aux plus faibles?

Une possibilité, il faut que des supers-héros fassent régner l’ordre comme dans les comics. De simples personnes s’habillent aux couleurs de leurs héros ou s’en imagine un. Mindy, créée Hit-Girl avec l’aide de son père, Big Daddy. Mais à la mort de ce dernier, elle doit aller chez sa mère qui vit avec un ancien collègue et ami de son père qui connaît sa double identité.

Ce spin-off de Kick-Ass ne nous laisse pas de repos. Surtout quand un super vilain refait surface, Red Mist, veut retrouver Kick-Ass pour lui faire la peau. Toute personne ayant des ressemblances physiques avec ce super héros va le payer de sa vie. Mindy va former David Lizeswki a affronter le milieu du crime organisé car c’est une véritable machine de guerre qui ne fait pas de cadeau. D’ailleurs pas amour, elle va faire de New-York une ville calme, pour un moment en tout cas.

Une excellente lecture où les pages se dévorent. Mais attention si l’hémoglobine vous fait tourner de l’oeil, je vous conseil de passer votre chemin car ici des hectolitres de sang s’écoule par page. L’innocence n’existe pas vraiment quel que soit l’âge. Il faut choisir son camp et protéger ceux que l’on aime.

wonder challengeus

 

Esprit d’hiver – Laura Kasischke

images-14

4ème de couverture
Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Laura Kasischke propose un nouveau livre pour la rentrée littéraire avec Esprit d’hiver. Un esprit qui se perturbe en ce jour de Noël. Que ce passe t’il? Pourquoi? Voilà les questions qui vont vous tenir en haleine durant les 276 pages que compose le roman.

Holly se réveille et quelque chose la travaille, une phrase qui passe en leitmotiv dans sa tête. Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. Elle voudrait l’écrire mais quelque chose l’en empêche. Les faux prétextes pour ne pas écrire sont légions malgré la nécessité que cela lui apparaît.

Elle repense à sa fille. Accompagnée de son mari, ils sont partis la chercher. Dès qu’ils ont rencontré son regard, ce fou un coup de coeur immédiat. Ce ne pourrait être que ce bébé. Lorsqu’ils sont revenus le rechercher pour l’emmener aux Etats-Unis, elle avait beaucoup grandit. Est-ce normal? Qu’importe l’Amour sera la chose la plus importante.

Pourtant ce Noël débute mal. Tatiana n’est pas venue les réveiller comme les années précédentes. Personne n’a entendu le réveil et toute la famille va venir à la maison. Rien n’est préparé. Un peu d’affolement commence à envahir Holly. Son mari doit partir en urgence chercher ces parents à l’aéroport. Puis vint la neige qui recouvre tout et tellement vite. La maison s’habille de silence. D’ailleurs, les mots construisent une atmosphère très particulière.

C’est peut-être cela le talent de Laura Kasischke, l’écriture. Aucun mot en trop. Aucun mot qui n’exprime trop ou pas assez. Mais le ton grave donné dès la première page annonce forcément une chose grave que l’on ne pourra découvrir qu’aux dernières pages. Un phénomène d’attraction/répulsion se fait en cours de lecture. Ai-je envie de connaître la fin? Je pense connaître la fin mais ai-je envie de vérifier? Mais je vais au bout. La réponse à mes questions se fait avec une certaine déception et une pointe d’ennui. Malgré tout le livre va s’inscrire dans ma mémoire, dans l’horreur des mots et de la situation.

Lu dans le cadre du match de la Rentrée littéraire de Price Minister. 12/20

L’avis de Mrs Bl’avis de Sharonl’avis de Denisl’avis d’Adopte un livreL’avis de l’Exigeante

Wonderpatate challengeus479x324_logo2_rentree-literaire2013

Le laboureur de Bohême de Johannes von Saaz

Unknown-1Le Théâtre de l’Ouest Parisien accueil entre ces murs une pièce surprenant et étonnante : Le laboureur de Bohême. L’auteur Johannes von Saaz écrit son texte en 1400 suite au décès en couche de sa femme, Margaretha. Il s’imagine échanger avec la mort suite à l’injustice de la séparation définitive de son épouse tant aimé. Etrange?

En effet, un texte du 14ème siècle ne met pas forcèment en appétit. D’ailleurs, la salle du théâtre était à moitié vide, contrairement à d’habitude. Même si on peut considérer l’auteur comme un précurseur d’Erasme ou de Thomas More, le texte reste néanmoins un peu lourd pas moment, voir ennuyant. Heureusement que la mise en scène et l’interprétation servent les mots avec beaucoup de grandeur et de splendeur.

Au coeur de l’histoire deux hommes. A droite de la scène, dans une lumière chaude, tel un personnage de Millet, le laboureur, interprété par Damien Gouy. A l’arrière de la scène à gauche, dans une lumière bleu, tel un personnage de la période bleue de Picasso, la mort, interprété par Clément Morinière.

Sur scène, des jeux subtiles de lumière accompagnant les personnages et une structure en bois, tel une rambarde de streetwear où la mort se ballade pendant ces échanges. La lumière accentue la blancheur de peau de la mort qui se ballade torse et pieds nus. Son corps souple se contorsionne et fait face à la stoïcité du laboureur. Entre eux, un trou béant, la tombe de l’épouse tant aimé. Une frontière marquée d’une noirceur qui justifie les joutes verbales talentueusement écrites.

Vers la fin, en haut de la structure en bois apparaît un ange, rouge à une seule aile qui vient rentre le jugement de Dieu. 1 partout la balle au centre. La mort a fait son travail et le laboureur garde son honneur. La scène s’obscurcit. La laboureur alors déclame à Dieu une prière pleine de bonté et de gentillesse.

La nuit s’opère dans le théâtre. Les applaudissements sont unanimes pour saluer le talent de l’interprétation de ces trois comédiens. Un ravissement malgré la complexité du texte qui mérite d’être lu pour apprécier à sa plus grande justesse. Un beau voyage au 14ème siècle.

Plus d’informations sur le site du TOP

L’avis Des trois coups

GloomCookie – Ted Naifeh et Serena Valentino

images

Mais invariablement, le monstre restait seul. Assis toute la toussaint, avec une coupe remplie de sucrerie pour lui rappeler son désespoir et sa solitude.

Capture d’écran 2013-07-18 à 19.58.35

4ème de couverture 
GloomCookie s’attache à suivre les pas d’un groupe de personnages aux destins liés… de façon tout à fait originale. Il y a Lex, laquelle est amoureuse de Max. Max n’éprouve rien pour elle (quoique…) et aime la faire marcher. Il y a Isabella, la  » Reine  » de la communauté goth, qui aime exercer son emprise sur les autres. Et enfin, il y a Sebastian, lequel ignore tout de son passé, et sa petite amie, Chrys, qui n’aurait pas fait de mal à une mouche avant de rencontre le monstre caché sous le lit de Sebastian. Bref, il se passe beaucoup de choses dans les récits de Serena Valentino et Ted Naifeh : trahisons, amours déçues, mauvaise poésie et monstres sous le lit sont au rendez-vous pour les protagonistes de ce conte de fées moderne.
Capture d’écran 2013-07-18 à 19.58.35

Après la lecture de l’intégral des Courtney Crumrin, c’est avec plaisir que je débutais la lecture de GloomCookie. On y retrouve les personnages, l’univers, le noir et blanc, mais pas l’histoire.

Le livre se divise en chapitre, eux même divisé en plusieurs parties centrés sur un personnage avec en fond une histoire qui les implique tous. Mais même si l’univers sombre rempli de monstre est présent l’histoire reste basique et sans grand intérêt. X aime Y, qui aime Z…. Mouaif. Faut-il alors que je me résolve à lire Emily the strange pour éviter de tomber dans l’histoire pour ado avec un peu de noirceur?

Bref, une très grosse déception.

Du même auteur
Courtney Crumrin – L’assemblée des sorciers
Courtney Crumrin et les choses de la nuit – Ted Naifeh
Courtney Crumrin et le Royaume de l’ombre
Portrait du sorcier en jeune homme – Ted Naifeh
Courtney Crumrin et l’apprentie sorcière – Ted Naifeh
Courtney Crumrin et le dernier sortilège – Ted Naifeh

 challengeus

Le chat noir et autres nouvelles – Edgar Allan Poe

images-1

Une nuit, comme je rentrais au logis très-ivre, au sortir d’un de mes repaires habituels des faubourgs, je m’imaginai que le chat évitait ma présence. Je le saisis; – mais lui, effrayé de ma violence, il me fit à la main une légère blessure avec les dents. Une fureur de démon s’empara soudainement de moi. Je ne me connus plus, mon âme originelle sembla tout d’un coup s’envoler de mon corps, et une méchanceté hyperbolique, saturée de gin, pénétra chaque fibre de mon être. Je tirai de la poche de mon gilet un canif, je l’ouvris; je saisis la pauvre bête par la gorge, et, délibérément, je fis sauter un de ses yeux de son orbite! Je rougis, je brûle, je frissonne en écrivant cette damnable atrocité !

4ème de couverture
Une femme dépérit, son portrait s’anime… Un homme pris de folie tue son chat… Un excellent dîner, des convives charmants, mais d’où vient alors ce sentiment étrange ? Des danseurs tournent, valsent pour conjurer la mort jusqu’à l’apparition d’un masque rouge… Un monstre surgissant de nulle part dévale la colline… Jouant du mystère et de l’illusion, à la frontière du scientifique et du fantastique, Edgar Allan Poe nous conte un univers étrange et proche, réel et imaginaire. Découvrez à votre tour les clés de ces histoires envoûtantes, à moins que vous ne préfériez laisser dans l’ombre certaines vérités terrifiantes…

Un recueil de six nouvelles plus étranges et surprenantes les unes des autres nous est proposé dans ce livre. Bienvenue dans l’univers sombre et macabre d’Edgar Allan Poe. Vous aimez les chats? La première nouvelle concerne un chat noir vous procurera un léger frisson, où la folie de l’homme côtoie la malignité du félin. Puis les sujets de la haine, du rejet, de la différence, de la vengeance sont abordés pour mettre en avant l’Homme qui n’a plus de lien à la réalité et se laisse aller à la colère et la haine.

Avec une plume bien posée, des mots justes et un langage un peu lourd, il crée un univers assez rapidement pour arriver à un objectif clair et limpide. Pas de description inutile, pas de perte de temps, l’important est l’histoire. Un petit livre d’une centaine de pages qui se lit vite et qui impact bien notre imaginaire.

Et puis Paulette… – Barbara Constantine

images-28

Les chats, s’est simple, il ne les aimait pas. Fourbes, sournois, voleurs et compagnie. A peine bons à chasser les souris et les rats. Et encore, si on tombait sur un bon. Question obéissance, on savait d’avance que c’était zéro. Et pour l’affection, c’était quand ils voulaient. Possible aussi que ce soit jamais!
Résultat : le soir même du déménagement, la boule de poils s’est installée sur son lit, sans qu’il ose le chasser, il était si petit…, le deuxième, sous l’édredon, collé tout contre lui, le museau dans le creux de l’oreille, carrément trognon, le quatrième, il faisait ses griffes sur les pieds du fauteuil, sans que cela n’éveille en lui le moindre pincement, la moindre émotion, et arrivé à la fin de la semaine, il mangeait sur la table dans un bol marqué à son nom. Manquait plus que le rond de serviette pour que ce soit complet!

Capture d’écran 2013-07-18 à 19.58.35

4ème de couverture
Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. A l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus ( 6 et 8 ans ) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette….

Capture d’écran 2013-07-18 à 19.58.35

Et puis Paulette… ce livre, gros coup de coeur des libraires et de la presse, m’a tenté par son gentil résumé plein de bons sentiments. Un petit ouvrage qui nous emmène au pays des bisounours où tout est presque beau et gentil. Ces vieux qui décident d’habiter ensemble, de faire de la culture bio et pourquoi pas même installer des toilettes sèches.

Les pages se tournent avec douceur et rien ne perturbe la lecture. Bien au contraire, il est très pratique pour se vider la tête et penser à autre chose, voir à rien. Son soupçon de partage donne envie de croire au partage, à l’échange et à la générosité. Nous ne sommes pas vraiment dans une société au chacun ne pense qu’à soi, il peut être amener à vouloir aider les autres et sortir du carcan de l’épanouissement personnel par la consommation.

Un bon petit livre d’été, de plage histoire de lire du très léger et du positif.

Comment j’ai vidé la maison de mes parents – Lydia Flem

images-3

Vider, quel mot sinistre, il résonne mal, évoque immédiatement l’idée de piller une tombe, de dérober des secrets au royaume des morts – la malédiction des pyramides -, donne la sensation de ressembler à des rapaces, des détrousseurs de cadavres.

Le passage d’une génération à l’autre – l’une monte, l’autre descend ; « le roi est mort, vive le roi » – n’est pas sans lien avec le meurtre symbolique. Chacun de nous, et pas seulement en rêve, tue son parent et même ses deux parents, puisqu’il leur survit.
Révoltant, mais dans le cours des choses : ceux qui nous ont vus naître, nous les voyons mourir, et ceux que nous mettons au monde nous enterreront. Nous n’avons pas connu l’enfance et la jeunesse de nos parents, ils ne connaîtront pas celles de nos enfants. Nous naissons dans notre famille d’origine, mourons dans celle que nous avons crée.

Vider, c’est aussi faire le vide en soi : se dévoiler, s’abandonner, se démasquer. 

Au contraire, on faisait comme si nous étions une petite famille sans histoire : papa, maman, la bonne et mois, alors que c’était : Hitler, Staline, l’Histoire et nous. 

Retrouver un morceau de papier couvert de leurs calligraphies réveillait la nostalgie. L’écriture, comme la voix, est une émanation du corps. Mais la voix s’éteint, la graphie reste. 

Dit-on assez aux enfants des survivants de génocide, du Rwanda, du Cambodge, d’Arménie ou d’ailleurs, qu’il faut du temps au temps pour que leurs morts deviennent des morts, et les survivants, des vivants parmi les vivants?

Les objets doivent circuler. Ils vivront longtemps après nous ou disparaîtront, fanés, déchus, sans que personne ne les pleure. Ils n’appartiennent à personne en propre, ils nous sont confiés pour un temps. Leur ronde doit se poursuivre. A chacun son tour d’en jouir. 

Mais que faire des portraits de famille dont on avait oublié les protagonistes, qui demeuraient sans noms au fond d’un carton, orphelins non pas d’ascendants mais de descendants capables de les nommer (sans doute est-ce le sort qui nous attend tous), dont personne ne pourrait désormais noter à l’envers de la photographie pâlie le petit nom par lequel ils étaient connus?

Capture d’écran 2013-06-01 à 11.11.49

4ème de couverture
Lydia Flem raconte comment elle a vidé la maison de ses parents. Pour chaque objet, chaque meuble, chaque vêtement, chaque papier, il n’y avait que quatre directions, comme à la croisée des chemins la rose des vents : garder, offrir, vendre ou jeter.Cette épreuve, qui arrive à chacun de nous (ne devient-on pas orphelin à tout âge ?) est ici l’occasion d’un livre bouleversant, écrit avec sensibilité, humour et sans tabou.
A l’écart de tout dolorisme, un livre au ton juste qui formule avec autant de lucidité que de tendresse « des sentiments inavouables ».
Ce livre est destiné à un large public. Son meilleur « argument de présentation » est sans doute simplement son titre. Chacun s’y retrouve à sa manière. Il ne s’agit ni d’une théorie du deuil, ni d’une analyse, mais d’un témoignage personnel en forme de récit.
Les choses d’une maison occupent dans l’imaginaire de ceux qui les gardent une place singulière. Ils sont les lieux de souvenir où se nouent des instants de bonheur, des moments de conflit. Ce livre est aussi une traversée du monde des choses de l’enfance, des objets perdus et retrouvés….

Capture d’écran 2013-06-01 à 11.11.49
Ce livre me faisait de l’oeil depuis un moment chez mon libraire et un jour, j’ai cédé à la tentation de l’appel secret. Quel heureux bonheur de l’avoir découvert. Le sujet m’a beaucoup touché. Lorsque nos parents décèdent il reste la maison. Celle avec leurs souvenirs, les nôtres et tous ces objets remplis d’histoire et d’espoir. Comment les voir ailleurs que là, cet endroit où on les a toujours connu. On ne peut pas tout ramener chez soi. Mais que faire? Une vague d’émotions arrivent et il est bien difficile de la gérer. On se retrouve face à une solitude bien difficile à gérer.

En plus, l’auteur apprend plus sur le passé de ces parents qui ont été déporté pendant la seconde guerre mondiale. Un secret qui le devient moins à la découverte de lettre, de vêtement, d’arbre généalogique… mais une souffrance secrète s’opère dans son coeur. Une histoire qui rend plus fort ou plus faible? Le futur lui dira.

Cela m’a fait penser à ma famille, à ces objets que ma mère collectionne et qui remplissent trop la maison. Elle me raconte encore et encore leurs histoires que cela soit la gamelle de mon grand-père lorsqu’il allait à l’usine ou la photo de l’arrière grand-mère. Peut-être devrais-je faire un livre de souvenirs des objets. Pourquoi pas. Que faire de tous cela? Comment en parler à mes parents? Devrait-il nous donner déjà quelques objets comme si ils nous les prédestinaient? Une lecture qui m’a chamboulé.

Ce qu’en dit la presse
Le Monde des livres : Le charme, l’humour, la malice. Bref, la vie même.

81330859_p