Etre Bibliothécaire – Claude Poissenot

51ygLY9MHzL._SY300_4ème de couverture
On compte plus de 30000 bibliothécaires en France mais ce métier reste mal connu. Quelle est au quotidien sa réalité ? Quelles sont les connaissances et les compétences attendues pour l’exercer ? Pourquoi et comment devient-on bibliothécaire ? Le livre cherche à répondre à ces questions en s’appuyant sur l’expérience de bibliothécaires et en présentant les mutations successives des bibliothèques. A l’heure où le développement technologique bouleverse nos rapports à l’information, il est nécessaire de mieux comprendre les bibliothèques d’aujourd’hui, et de présenter leur situation réelle, loin des idées reçues. Les témoignages de bibliothécaires aident à apprécier ce qui fait le bonheur de l’exercice du métier mais aussi les contraintes qu’il impose. On découvre ainsi que les bibliothécaires aiment à la fois les livres (mais aussi la musique, les films, etc.) et ceux – le public- à qui ils s’adressent. Partons à leur rencontre…

Capture d’écran 2014-10-05 à 11.19.30

 

Le métier de bibliothécaire est un métier riche et très diversifié. On peut souvent avoir des aprioris sur cet emploi alors pour aller au delà, les éditions Lieux Dits propose une collection qui présente les différents aspects cette profession.

Lorsqu’on fréquente souvent les bibliothèques ou les médiathèques, on a l’impression que les bibliothécaires ne font pas grand chose à part attendre derrière des postes pour l’emprunt ou le retour des documents. Toutefois, les tâches à effectuer sont plus diversifié que l’accueil public. Outre la commande des ouvrages, les agents mettent en place de activités, des actions envers différents publics pour les sensibiliser à la lecture, à la musique, au cinéma… De plus, il existe de nombreuses bibliothèques différentes comme les BM (Bibliothèque Municipale ou intercommunale), les BDP (Bibliothèque Départementale de Prêt), les BS (Bibliothèque Spécialisée) ou encore les BCD (Bibliothèque Centre de Documentation).

Le métier de bibliothécaire débute dès l’Antiquité. En effet, les premières bibliothèques étaient des lieux de conservations des tablettes, des rouleaux où sont inscrits des textes historiques, astrologiques, astronomiques, des dictionnaires et des prédications. En Egypte au IIIème siècle, la bibliothèque d’Alexandrie avait pour fonction de rassembler tous les textes qui pouvaient exister dans le monde. Puis, c’est le tour des abbayes, des couvents et des monastères de récolter et conserver les documents.

Au Moyen-Age, l’essor des universités fait que les bibliothèques touchent un public plus étendu. Avec l’apparition de l’imprimerie en 1454, la quantité d’ouvrages à conserver est en augmentation. Les religieux, les savants et les étudiants confrontent leurs idées. C’est à la Révolution Française, en 1789, que l’idée de l’instruction des masses apparait. Les livres confisqués aux membres du clergé, aux nobles émigrés et sociétés savantes vont être conservés. Le personnel va travailler à son inventaire et sa conservation mais aucun public n’accède à ces informations. Au 19ème siècle, sous l’impulsion de municipalité ou d’associations des bibliothèques populaires fleurissent sur la nation et prendra plus d’ampleur à partir de la première guerre mondiale. En 1924, ouvre la première bibliothèque pour enfants sur Paris : L’heure joyeuse. A partir de ce moment, les lieux s’ouvrent à tous les publics pour leur faire découvrir le savoir, la culture, l’évasion et le divertissement.

Travailler dans une bibliothèque demande de nombreux savoirs et surtout une passion. Car cela reste un métier de passionné de lectures, de mots, d’informatique, d’internet, d’envie de partager et de transmettre. Il ni a pas une façon identique de travailler mais des façons de faire différentes selon les lieux, les villes et les objectifs fixés. D’ailleurs, on trouve trois témoignages de professionnels du livre qui présente leur travail et l’importance que cela a pour eux. Un regard plus concret et moins théorique qui donne du réel à ce métier. Mais attention on parle des points positifs du métier tout comme des points négatifs comme le salaire, la non reconnaissance du public ou des élus, le fait de ne pas pouvoir s’investir autant qu’on le souhaiterait.

Un excellent ouvrage pour aller au dessus des idées préconçues et aussi pour découvrir un métier qui peut en séduire plus d’un. Simple, clair et efficace, une bonne découverte qui je suis persuadée vous fera regarder autrement votre bibliothécaire.

Merci à Manika pour le lien 🙂

La côte 400 – Sophie Divry

images-1

Etre bibliothécaire n’a rien de valorisant, je vous le dis : c’est proche de la condition d’ouvrier. Moi, je suis une taylorisée de la culture.

Comme il était américain, vous connaissez le sens pratique, Dewey a lancé une entreprise de menuiserie pour fabriquer des meubles adaptés aux bibliothèques, la Library Bureau Company. Excusez mon anglais. Son entreprise existe toujours. Ca, c’est très américain. Ils vendent des meubles de qualité. Ils en ont quelques-un à Beaubourg.

C’est ainsi : les guerres tuent toujours les fils et jamais les pères qui les ont décidées.

Capture d’écran 2013-06-01 à 11.11.49

4ème de couverture
Elle rêve d’être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification de Dewey et à l’ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et la voilà qui remet ses bijoux. Bienvenue dans les névroses d’une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, flâneurs, chacun dans son univers. Mais un jour ce bel ordre finit par se fissurer.

Capture d’écran 2013-06-01 à 11.11.49

L’auteure s’adresse à moi, la lectrice qui s’est fait enfermée dans la médiathèque. Pendant qu’elle vaque à ces occupations dans son sous-sol entre ces rayons histoire et géographie. Le temps d’une lecture, on devient sa confidente. Dés le début, elle me paraît hautaine, hargneuse, aigrie, psychorigide et maniaque. Elle déteste les gens, ceux qui aiment l’architecture, ces collègues, les gens qui n’aiment pas lire, les bourgeois, les politiques… S’aime t’elle d’ailleurs. Vivant dans sa solitude, blessé dans son coeur, elle vit seule sans ami, avec comme compagnon les livres. Un jeune garçon vient de temps en temps travailler, Martin, elle rêve de lui en se faisant une obsession sur sa nuque. Mais jamais, elle ne tente quelque chose à part mettre une paire de boucle d’oreilles ou être proche de lui parfois lorsqu’elle range les livres.

Une fois passé le côté pathétique de la bibliothécaire vielle fille, je me suis laissée porté par le livre. Je n’ai pas trouvé l’esprit de la médiathèque où je vais régulièrement. Elle n’aime pas trop les grosses nouveautés, les livres des grosses rentrées littéraires. La médiathèque privilégie des livres d’apprentissage de langues, des livres en japonais, sur la culture arménienne, sur l’art de la pousse du bio… J’avoue que je suis très rarement tenté par les nouveautés. Et en ce qui concerne les conseils, j’ai juste le droit à « Regarder dans la brochure des coups de coeur » ou « il y a un coeur sur la tranche« . Cet accueil souvent peu chaleureux dans un espace assez froid, je me ballade pas très longtemps.

J’ai beaucoup aimé cette phrase « Je fais un métier courageux, utile, intéressant, qui demande un tas de qualités. Quand ils rendent les livres : « J’aime beaucoup aussi, cela vous a plu?« .  J’adorerai rendre mes livres et en discuter avec le bibliothécaire sans devoir regarder ma montre. Un jour peut-être…

Ce livre est sympathique sans être transcendant, surprenant ou autre. Une petite lecture agréable avec en bonus un peu d’histoire sur les bibliothèques.

L’avis d’Aurelie : labibliothequedelilou.hautetfort.com/archive/2012/08/10/la-cote-400-de-sophie-divry.html
L’avis des Livres de Georges : leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2011/03/09/la-cote-400-de-sophie-divry/

challenge-2challenge-le-nez-dans-les-livres