Voyage avec un âne dans les Cévennes – Robert-Louis Stevenson

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En septembre 1878, R. L. Stevenson accompagné d’un âne – mais à pied – traversait en douze jours les Cévennes, de Monastier à Saint-Jean-du-Gard. Dormant sous les étoiles qui avaient éclairé la révolte des camisards, attiré par la voix lointaine d’une flûte, emporté par les ombres qui valsaient en mesure à l’appel du vent, se lavant dans l’eau courante des rivières, amical envers les moines trappistes comme envers les dissidents protestants, il découvrit la magie des rencontres, la complicité des paysages, l’ivresse de la liberté. Trouvant dans une approche sensuelle et poétique de la nature toutes les raisons de croire en l’amour qui allait changer son existence, il ramena de cette marche sur les chemins des bergers le livre le plus cordial et le plus confiant en la vie.

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L’écrivain écossais, Robert-Louis Stevenson décide de nous faire part de son récit de voyage suite à sa traversée de douze jours dans les Cévennes avec un âne. Paru en 1879, le jeune écrivain de 28 ans, nous raconte son périple de randonnée en automne 1978 à pied.

Voyage avec un âne dans les Cévennes nous raconte le voyage d’un auteur qui est parti du Monastier en Haute-Loire pour traverser la Lozère et arriver à Saint-Jean-du-Gard. Au terme de 195 km accompagné de son ânesse Modestine, il va faire des rencontres assez surprenantes. Il va conter ces échanges avec les gens du pays souffrant encore de la guerre de religion entre les catholiques et les protestants. Les portraits sont assez haut en couleurs en passant d’habitants très arriérés à des religieux isolés dans leurs abbayes curieux d’échanger. Il va nous faire part aussi des impressions de sa traversé. D’une part avec son ânesse assez têtue car on ne dresse pas un âne aussi facilement. D’ailleurs, il se fera aider sur le chemin. Et d’autre part, avec cette nature luxuriante et surprenante présente partout et très différente à la fois qui crée une véritable surprise au fur et à mesure de son avancement.

C’est à la suite de la mort de l’auteur que le livre connu un engouement avec le succès des romans relatant des voyages. Et lors du centenaire de la publication de l’ouvrage, l’itinéraire pris intègre le réseau des chemins de grandes randonnées sous le nom de GR, appelé le « Chemin de Stevenson ». Le succès de ce roman, même de nos jours n’est plus à prouver. Il est possible et avec grande facilité d’aller dans les Cévennes, de trouver un âne lui dressé et habitué à faire le trajet et partir sur les traces de cet auteur. Toutefois, l’envie de ce voyage ne m’a pas été communiqué par la lecture. En effet, le temps à beaucoup changer les impressions. Le voyage serait plus une initiation à la marche et à la rencontre avec la nature. Les habitants vivant dans l’obscurantisme et l’ignorance ont connu la civilisation avec l’électricité et l’éducation républicaine. Les rivalités religieuses ont maintenant disparues et les villages traversés mettent en place des actions touristiques.

Je n’ai pas été bouleversée par cette lecture sympathique d’un étranger à la découverte d’une nature comme une sorte de pèlerinage. Il ne se passe pas grand chose à part quelques heurts liés à la question de la religion sur laquelle est la meilleure. Cette plume légère et dynamique m’a donné envie de découvrir l’oeuvre de Stevenson mais pas les Cévennes.

Marche ou crève – Stephen King

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Le premier mai n’est pas ici la fête du Travail, mais le jour de la Grande Marche. 100 jeunes garçons décident d’effectuer une marche à travers les Etats-Unis. Toutefois, cette marche est particulière, le titre Marche ou crève vous donne un indice.

100 garçons de moins de 18 ans vont commencer une marche à travers les Etats-Unis. L’heureux gagnant sera récompensé au dela de ces espérances mais il ni aura qu’un seul gagnant. Les participants ne doivent pas marcher à une vitesse inférieure à 6,5 km/h. Si c’est le cas, il reçoit un avertissement. Au bout de trois avertissements, il reçoit un ticket… fatal. En effet, tout le long du chemin se trouve des half-tracks munis de fusils. Des balles dans la tête de préférence et hop, un candidat de moins. Pas d’exception et pas de pitié, voilà le mot d’ordre. Cette marche est un engagement et il n’y a pas de surprises.

Cet aveu l’effraya. Il pensa alors à son ticket, à la balle qui le frapperait, à l’ultime seconde de lucidité devant le canons des fusils levés vers lui. Les jambes figées. Le ventre crispé, la terreur aux triples. Les muscles, le cerveau, tout son corps repoussant la mort qui ne serait plus qu’à un battement de coeur. 

Tous le long du parcours, on découvre du public qui encourage mais surtout il veut voir du sang. Les cris de joie se mêlent à l’attente de voir un spectacle de mort. Cette difficile réalité fait prendre conscience aux enfants la notion de vie. Garraty se demande comment ce serait d’être couché dans le plus grand, le plus poussiéreux des silences de bibliothèque, de rêver éternellement vêtu de son costume du dimanche. Plus de soucis d’argent, de réussite, plus de peur, de joie, de douleur, de chagrin, de sexe ou d’amour. Le zéro absolu. Pourquoi sont-ils ici à marcher? Voulaient-ils vraiment au fond d’eux mourir? Ces interrogations les rapprochent le temps de quelques pas.

J’ai apprécié la lecture de ce livre que j’ai vécu comme une marche. Déjà parce que j’aime beaucoup lire en marchant, je suivais ces jeunes garçons, surtout Garraty, le favori. Alors la lecture était un peu dans la souffrance, dans la contrainte même si l’écriture est fluide. Une lecture bien sympathique qui ne va s’oublier si vite.

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Le Gourmet solitaire – Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

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Les japonais aiment beaucoup les étrangers, et on vit très bien comme travailleur émigré au Japon… surtout si on n’est pas noir, pas Chinois, pas Coréen, pas une femme, pas un homosexuel, pas asiatique, pas musulman et pas Américain.

La nourriture au Japon se range en deux grandes catégories, selon sa fonction : celle que l’on prend pour se restaurer et celle que l’on prend pour accompagner l’alcool. Plus précisément, sans riz, les mets s’articulent autour de l’alcool qu’on boit en grignotant. Un gourmet qui ne boit pas d’alcool est une sorte de loups solitaire. L’empêcher de prendre du riz et de faire un repas licite, quand tout le monde autour de lui boit, c’est comme lui rappeler agressivement son « orientation gustative ».  

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On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n’est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c’est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c’est le gourmet solitaire. Chaque histoire l’amène à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves, ou suscitant de furtives rencontres. Imaginé par Masayuki Kusumi, ce personnage hors du commun prend vie sous la plume de Jirô Taniguchi. Le Gourmet solitaire est un mets de choix dans la collection Sakka.

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Première surprise en ouvrant le livre, il se lit comme un véritable manga. On commence par la fin en lisant de droite à gauche. Un choix surprenant pour Casterman qui a édité bien d’autres ouvrages de l’auteur dans le sens de lecture français. Peut-être que le plongeon dans la véritable culture japonaise à imposer ce sens de lecture. Cela ne me gène absolument pas.

Puis le livre débute par une introduction du traducteur, chose rare qui rend hommage avec bonheur à l’histoire qui va suivre. « Le Gourmet solitaire, il faut le lire comme on voit et revoit dix fois un film qu’on aime. Un film d’Ozu… ou de Truffaut, de Cassavetes, de Tarkovski… Lu comme on lit trop souvent une BD, à la va-vite, en surfant sur les images, vous passeriez à côté du meilleur. Comme on boit un grand vin, oui, c’est çà. Imaginez un grand bourgogne, ou même pas.. disons un honnête Valençay. C’est en sifflant un verre culsec que vos papilles vont réussir à trouver les notes florales, le pamplemousse, le persillé, n’est-ce pas? Et bien, Taniguchi, c’est pareil. Ce n’est pas de la BD fast-food, c’est le cas de le dire. C’est de la cuisine du patron, c’est du pot-au-feu de la grand-mère de Limoges, et parfois, c’est des cerises au sirop d’Alphonse Daudet. » Par moyen de ne pas comprendre. D’accord, je vais prendre mon temps pour lire, voir et écouter.

Voilà maintenant, je suis confortablement installée dans mon canapé, je pourrais presque me préparer un thé fumé. L’homme vagabonde toujours seul à la quête d’endroits pour se restaurer. L’obsession qu’il partage avec nous, c’est celle de combler son estomac. Comme d’habitude avec Taniguchi, on apprécie le plaisir de la marche, de la solitude, de prendre son temps, de se laisser porter par la hasard. Le voyage culinaire avec les algues nori des rochers, peau de tôfu crue à la kyôtoïte, manjû grillé, shûmaï, sanchu, sukiyaki, algues hijiki bouillies m’a emmené vers des saveurs qui me sont totalement inconnues.

Je découvre des plats dans un grand calme, une certaine douceur où se mélange l’émotion et les souvenirs. Je tente en vain de regarder les personnages, de m’imaginer dans les restaurants, de convertir les yens en euros. J’essaie de percevoir le chant des oiseaux, le bruit de la mer, le cri des clients disant ce qu’ils souhaitent manger… Les pages se tournent simplement, avec lenteur. Zut plus d’histoire. Cela se conclue par une postface de Masayuki Kusumi qui fait l’apogée de la nourriture, du bien-être que cela lui produit…

J’avoue avoir eu quelques peurs à la lecture, c’est pour cela d’ailleurs que j’ai repoussé sa lecture. Maintenant, j’ai très envie de découvrir la vraie nourriture japonaise, pas celle que l’on trouve forcément partout avec sushi ou brochette. Un jour peut-être j’adorerai les desserts aux haricots rouges aussi. Une belle balade culinaire qui m’a fait voyager.

Adaptation
Drama de 12×24 minutes diffusé sur TV Tokyo en 2012, scénarisé par Masayuki Kusumi qui apparaît à la fin de chaque pour épisode pour présenter le restaurant qui a servi de décor.

D’autres livres de Jirô Taniguchi
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La montagne magique
Le promeneur
Un zoo en hiver
Quartier Lointain
Un ciel radieux 
Le journal de mon père

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L’homme qui marche – Jirô Taniguchi

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L’homme qui marche
Jirô Taniguchi
Editeur : Casterman écritures

Jirô Taniguchi aime l’homme et la nature, et chaque manga en est un hommage. Partez pour l’aventure et voyez ce qui vous entoure autrement.

Voici l’histoire d’un homme, comme son titre l’indique, qui marche. Peu de mots, mais ici cela est inutile, car je suis avec lui. J’apprécie de prendre mon temps, de regarder la nature, de regarder les gens et de discuter avec eux. J’apprécie simplement la présence de sa femme, les balades avec son chien Neige. Qu’il est agréable de voir un sourire, de faire un clin d’oeil, de partager un moment avec un inconnu. La pluie, la neige, le soleil sont des occasions de redécouvrir ce qui nous entoure et d’en faire un espace de découverte et de plaisir.

Un moment agréable de lecture, le noir et blanc renforce ce moment de calme et de détente. Parfois, au détour d’une page, je sentais l’odeur de pluie juste après le soleil où voyais une fleur s’épanouir.

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