Le portrait de Dorian Gray – Lucernaire

AFFICHE Dorian GrayOscar Wilde n’est pas mort. Thomas Le Douarec passionné par l’unique roman de l’auteur a décidé de le mettre en scène une nouvelle fois. Depuis l’âge de 17 ans, « Le portrait de Dorian Gray » l’obsède et c’est avec satisfaction qu’il présente sa dernière création au Lucernaire. Direction la salle noire un voyage à la rencontre de Narcisse.  Lire la suite

De quoi parlez-vous? – Lucernaire

1407488461_affiche_de-quoi-parlez-vous_300Le Lucernaire accueille jusqu’au 8 novembre le spectacle De quoi parlez-vous? de la compagnie C’est pas du jeu. En 1h10, cinq pièces de Jean Tardieu vont être interprétées pour servir au mieux l’humour.

Quatre comédiens : Sophie Accard,Anaïs Merienne, Léonard Prain et Tchavdar Pentchev interprètent avec une énergie folle et une bonne grosse dose de folie des courtes histoires absurdes. On commence avec deux anciens amants qui se retrouvent lors d’un bal et lors de cette échange aucun des deux ne finit ces phrases. Ce qui ne nous ne empêche de comprendre l’histoire même à demie-mot. Puis on passe à un couple, Oswald et Zénaïde, qui va pouvoir se marier mais tout se dit en aparté. Ensuite, on se rend au tribunal à la rencontre de M.et Mme Poutre qui souhaitent porter plainte contre l’orage et soutenir le soleil. Ensuite, direction le guichet d’une gare avec des agents assez froids et antipathiques où un quelqu’un cherche une information. Mais les réponses apportées vont lui être fatales. Et enfin, on finit dans l’apothéose avec une maladie qui touche les bourgeois du 19ème. Ils veulent dire une chose et se sont d’autres mots qui sortent.

Tout est bien agencé dans une mise en scène ingénieuse et dynamique avec du chant, de la danse, des tours de magie, des mimiques, du mime… et bien entendu du théâtre. Le lien entre les pièces est fluide et très bien faîtes permettant de laisser le spectateur dans cette bonne humeur jovial. D’ailleurs, le meilleur a été gardé pour la fin avec les codes du théâtre à la Feydeau avec quiproquo, courses poursuites dans un petit espace, scènes de confusions, jeux de mots… Bref un moment de rigolades simple et vrai dans une ambiance décontracté.

Alors envie d’aller à la rencontre d’un auteur très peu jouer au nom de Jean Tardieu dans un petit théâtre parisien bien sympathique où l’on peut aller au bar avant et au restaurant après. Alors faîtes confiance à cette compagnie pleine d’énergie et d’imagination pour rire simplement.

Lien vers le spectacle 

Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable – Théâtre du Lucernaire

afficheLucernaire_derniere_versionFrédéric Cherboeuf et Etienne Coquereau tombent sous le charme d’un recueil nommé Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable d’Hervé Le Tellier. Ils décident alors de le monter en spectacle autour d’un couple dans une mise en scène étonnante.

Lorsqu’on arrive dans la salle pour s’installer, il y a une baignoire au milieu de la scène et surtout avec un homme dedans essayant de lire Belle du Seigneur. Cela peut paraître surprenant, ce n’est qu’une petite mise en bouche pour préparer à ce qui va suivre. Frédéric Cherboeuf a décidé de proposer une mise en scène assez original pour accompagner cet étrange entre les deux comédiens, Isabelle Cagnat et Etienne Coquereau.

La femme : A quoi tu penses ? 
L’homme : Je pense que parfois, j’aime les tout petits seins, parfois les très gros, mais si tu en avais un très gros et un tout petit, je ne suis pas certain que j’aimerais. 

Le couple échange dans une salle de bains. Elle est en maillot de bain deux pièces et lui tout nu dans la baignoire. Cela débute sans elle et puis elle apparaît comme par magie. Elle ne va lui poser qu’une question en boucle, tout en changeant le ton en lui demandant « Qu’est-ce que tu penses? ». Une phrase qui est d’ailleurs dans le titre du livre. Une phrase qui exaspère les hommes quand les femmes leur demandent. Alors 150 fois, il va répondre à cette question avec humour, dérision et sympathie.

Beaucoup de phrases sont sympathiques mais elles se succèdent inlassablement et la mise en scène, même originale où l’on voit la femme s’épiler, où ils se lavent les dents…. ne suffit pas. Il manque un vrai fil conducteur, une petite chose qui pourrait tout changer. Un côté un peu lecture de livre se fait et cela s’appui avec les intermèdes musicaux comme l’extrait de Femme(s) je vous aime ou Les yeux révolver. Pourtant les comédiens jouent avec une grande finesse et occupent l’espace à merveille. Mais voilà, il manque quelques petites choses dont je ne pourrais définir quoi. Peut-être tout simplement que ce texte écrit devait rester tout simplement en format papier et ne pas prendre vie.

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 © Maëlle Grange

« Je pense que tous les champignons sont comestibles, certains une fois seulement »

Lien vers le théâtre

La danse du fumiste – Lucernaire

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Arrivée au Lucernaire, je vais prendre les places. On m’annonce que le spectacle se déroulera au 3ème étage, direction le paradis. Un lieu où je n’ai vu que des choses assez surprenantes voir étranges….

19h00, début du spectacle. L’artiste est côté spectateur, il commence à rire seul d’un pseudo baratineur. Il vient sur scène et là débute un spectacle surprenant. Gilles-Vincent Kapps va pendant 1h10, dans une mise en scène simple de Christophe Luthringer mais percutante avec des jeux de lumières délimitant des lieux. L’artiste occupe toute la scène qui n’est composé que d’une petite caisse en bois. Et dans une énergie folle, nous raconte la vie d’un gars, de sa famille, de ces amis et de ces amours dans sa ville. Puis tout s’embrouille, il tchache, il parle, il court, il vole, il danse le tout dans un petit nuage de fumée. Est-il fou? philosophe? schizophrène? bi-polaire? affabulateur? mythomane? Peut-être tout à la fois.

On est ici et nulle part, et là-bas et loin… c’est cela que fait avec un talent et une énergie folle Gilles-Vincent Kapps. On a envie de le croire tellement qu’il est convaincant dans la jonglerie des mots qu’il nous impose à travers son regard pétillant. Malgré la difficulté de jouer devant 10 personnes, il a tout donné, même des litres de transpirations. Cette fougue m’a convaincu, m’a transporté même si souvent j’étais perdue. Je pense que c’est fait exprés. Même si je n’ai absolument pas envie de lire le roman éponyme de Paul Emond, un délicieux sourire est resté figé sur mon visage. Putain quel fumier ce fumiste…

Informations pratiques
Du 9 janvier au 2 mars 2013
Du mardi au samedi à 19h

Théatre du Lucernaire
53, rue notre Dame des Champs
75006 Paris

Lien vers le théâtre : www.lucernaire.fr/beta1/index.php?option=com_content&task=view&id=1271&Itemid=52