C’est Lundi, que lisez-vous ? #10

logo-lundi-2Grâce à Lydie qui tous les lundis nous dit ce qu’elle lit, je me suis dit que je tenterais bien aussi l’aventure.

Alors qu’est-ce que je lisais lundi et qu’elle est le programme de cette semaine?

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La ville – Tome 1 – Will Eisner

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Tout comme elle griffe le ciel en quête de plus d’espace, la ville creuse sous terre pour ses trajets journaliers, créant des catacombes de vaisseaux capillaires, ouvrant le passage aux trains qui la traversent de part en part. Parqué la nuit dans des cours nues de ses faubourgs, ils dorment jusqu’à l’aube, où un esprit invisible les disperse dans la marée de la vie urbaine. Reptile de fer sans humour, qui jacassent stupidement sur un gracieux réseau de rails métalliques, ils serpentent dans le dédale d’immeubles jusqu’à ce qu’enfin, trouvant la bouche d’un tunnel, ils plongent dans les entrailles de la ville.

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Bienvenue au coeur du New-York de Will Eisner, une ville qu’il a toujours aimé profondément et qui lui rend bien sous son crayon. Ce premier tome, La Ville de la trilogie New-York, le dessinateur nous emmène dans la grosse pomme de sa jeunesse.

Maniant avec talent son crayon, il dessine d’un trait certain et souple le quotidien de ces quartiers surpeuplés où règnent le bruits et les odeurs. L’amour d’un quartier ne veut pas dire que l’histoire sera remplie de bons et gentils sentiments. Car ici, il dépeint avec réalisme tout en noir et blanc que cela soit le viol, le vol, la solitude ou le malêtre. Mais bien entendu, il croque également l’amour, la tendresse et l’amitié. Un ensemble qui me berce dans une douce mélancolie.

Une surprenante première lecture de Will Eisner qui m’a donné envie de continuer de découvrir plus qu’un dessinateur mais un passionnée d’images et de sentiments à transmettre.

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L’expédition polaire à bicyclette – Robert Benchley

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Bref, Robert Benchley était de cette trempe d’hommes trop rares qui, toute sa vie durant, s’évertuera à montrer une Amérique triomphante que si le monde ne peut appartenir aussi à ceux qui se lèvent tard, alors franchement, où est l’intérêt?

Sacrifions sans hésiter nos préjugés mesquins sur les lève-tard, pensons donc à la journée qui nous attend et à notre productivité.

4ème de couverture
Beaucoup de gens nous ont demandé :  » Pourquoi choisir la bicyclette ? Pourquoi braver le danger ?  »
Nous sommes tout à fait conscients des risques, cependant la bicyclette nous a paru le moyen le plus logique d’atteindre le Pôle, au vu de l’équipe que nous formons. Certes, cela n’aurait pas été possible il y a encore trois ans. Mais depuis, nous avons tant appris sur le magnétisme terrestre et le pilotage de la bicyclette ! Et grâce aux nouvelles techniques d’équilibrage récemment mises au point, nous sommes persuadés d’avoir quasiment atteint le risque zéro. D’ailleurs, en cas d’accident, le point de chute le plus éloigné se situe dans un arc de cercle de 1,8 mètre de diamètre. Or, sous cette latitude (ou tout autre que nous sommes susceptibles de traverser), le taux d’accélération d’un corps en chute libre est de 6,7 mètres par seconde. Faites le calcul vous-même : vous verrez que ça ne peut pas faire très mal.


En me baladant dans une librairie, ce petit livre trônait dans les coups de coeur du libraire. Un coup d’oeil à la 4ème de couverture où c’est noté « Robert Benchley est l’un des plus célèbres chroniqueurs humoristiques de l’entre-deux-guerres aux Etats-Unis.« . Un des plus célèbres chroniqueurs humoristiques alors le livre doit être bien sympathique à lire. La déception arriva vite dans la lecture.

Robert Benchley soutenu par son journal avec des amis, décide d’aller à la conquête du Pôle Nord en vélo, pour concurrencer Richard Byrd qui lui s’y rend en hydravion. Il publia ces aventures en six parties dans Life.
Pas besoin de vous dire qui a gagné entre un hydravion et un vélo. D’ailleurs, l’auteur n’ira pas très loin, car tout est prétexte pour s’arrêter, boire et manger. Rien de bien particulier se passe et l’ennuie me gagne à chaque page tournée. Peut-être que l’humour, s’il y en a dans ce livre des année 1926-1927 ne me touche pas particulièrement. L’effet est pire à la lecture du deuxième texte La vie sportive aux Etats-Unis paru en 1930 dans Liberty Magazine où je n’y ai vu aucun intérêt.

Bref, une bien décevante lecture. Heureusement que ce n’était pas un gros livre.

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Féroces infirmes retour des pays chaud

imagesEn première page, le nom de l’auteur en rouge, le titre en minuscules noirs, une image bicolore avec un perroquet avec des échasses. Qu’est-ce que cette couverture? En plus il fait 638 pages. L’apparence est trompeuse et comme souvent, il faut aller au delà. Mais attention, dès que vous allez ouvrir le livre, vous allez vivre une aventure littéraire surprenante.

La fin de présentation de la quatrième de couverture annonce cela « De l’Amazonie au Vatican, ce roman d’aventures picaresque balaie d’un trait de plume plein d’humour quelques-uns des plus grands mystères de l’humanité. » Cela peut laisser perplexe avant la lecture mais plus du tout quand le livre est terminé. Tom Robbins, auteur de la pop culture américaine prend les gens dans un état de simple lecteurs passifs pour les rendre un plus fous ou libérés au fur et à mesure de l’histoire.

Par exemple, le titre, étrange en soi Féroces infirmes retour des pays chauds. L’auteur américain a donné en titre une citation de Rimbaud de son recueil Une saison en enfer. « Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l’œil furieux : sur mon masque, on me jugera d’une race forte. J’aurai de l’or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces Féroces infirmes retour des pays chauds. » Voilà, ici tout est dit, dans le titre, dans la référence poétique. En toute honnêteté, je n’ai découvert que cela pendant la lecture. L’auteur pense un peu à ces lecteurs peu cultivé comme moi. Merci chez Tom.

Car l’histoire, il faut bien en parler mais sans en dire trop. Tout tourne autour de Switters, agent puis ancien agent de la CIA, il aime réfléchir, la contradiction, le voyage, le sexe, la liberté d’agir et de penser. Il possède une libido débridée, aime les femmes, les filles mineurs, rêve de coucher avec sa demie-sœur de 16 ans, tombe sous le charme d’une none. Il a été élevè par sa grand-mère Maestra, grande prêtresse de l’espionnage en ligne, qui lui a appris à ne pas avoir de remord mais surtout à réfléchir. Son meilleur ami, un agent de la CIA qui a son caractère bien trempé. Voilà pour les personnages principaux.

L’histoire débute simplement. Sa grand-mère veut que son petit-fils emmène son perroquet en Amazonie pour lui rendre sa liberté. Pour cela, il doit faire un petit détour après avoir discuter avec un agent de l’agence. Mais rentre la liberté à un perroquet en plein cœur de l’Amazonie s’annonce beaucoup plus compliqué que prévu, surtout si sur le chemin vous rencontrer la tribu des Kandakanderos qui vous lance un sortilège. Le chaman a la tête pyramidale le rendant infirme va lui faire découvrir le monde autrement. Mais il ne va pas en rester là à 5 centimètres au dessus du sol. Après la lamentation, la résiliation vient le temps du changement et du brisement du tabou amazonien.

Poussés par le vent, des nuages rasaient la surface du détroit comme des vesses-de-loups de duvet bactérien humide, et les deux hommes pouvaient presque sentir le goût de la moisissure dans l’air. L’atmosphère était de plomb et ténue à la fois, comme composée de quelque nouvel élément défiant les lois connues sur le poids atomique, et que seuls des habitants nés dans le Nord-Ouest auraient été capables de respirer.

Il part pour une mission et échoue en plein cœur du Moyen-Orient entouré de nonnes, au sein de l’ordre de St Pacôme qui milite pour la contraception des femmes dans le monde. Ces chrétiennes protègent un bien précieux : la troisième prophéties de Fatima qui va transformer le monde. L’interprétation de la prophétie permet à chacun de faire ces interprétations. Et si Switters avait la véritable interprétation? Si c’était lui qui pourrait ouvrir la porte à une nouvelle ordre?

Drôle, malin, surprenant et surtout magnifiquement bien écrit, car le sens des mots est bien pesé et soupesé. Ce type a fait plus de sales trucs dans sa vie qu’une pute dans une mine de charbon. Un livre dont on ne le relit pas tout de suite, il faut du temps pour digérer la densité et l’ingéniosité des mots et des références. A la fin de la lecture, je me suis demandée comment j’ai bien pu passer à côté d’un tel livre si longtemps. C’est dans ces moments que j’ai envie de me diriger vers la librairie et d’embrasser le libraire qui me l’a que trop recommandé. Est-il possible de ne pas vouloir continuer de découvrir son œuvre et son univers? Non, après ce choc des mots, la loufoquerie fera toujours partie de moi. Il y a des lectures dont on garde un long souvenir, un sentiment de bien-être, de chose étrange, bref une lecture qui ne nous laisse pas indifférent. Là c’est absolument le cas. Mais attention, il ne faut pas le mettre entre toutes les mains, adaptes du roman roses, passe ton chemin. Car même si il tombe sous le charme de la none et l’a demande en mariage cela ne voudra pas dire qu’ils auront des enfants et seront heureux, même en compagnie d’un tube de vaseline. Attention aussi oreille chaste, car ici peu de tabou, on pénètre dans le vif du sujet. Toutefois, on discute, on échange et on se contredit quelque soit le sujet. De plus, l’auteur fait référence à beaucoup de choses réelles dans son argumentation, l’encrant encore plus dans le réel.

Bon sang, finit-il par murmurer en secouant la tête. Si J. Robert Oppenheimer avait autant réfléchi, ce n’est pas le bombe A qu’il aurait inventé, mais le vidéo poker.   

Si les hommes étaient capables d’inventer des réfrigérateurs autodégivrants et des fours autonettoyants, pourquoi la nature n’avait-elle pas réussi, dans toute la splendeur complexe de sa créativité, à nous fabriquer des dents autobrossantes?
– Il y a la naissance, il y a la mort, et entre les deux, il y a l’entretien, marmonna t’il.

Si l’aventure d’un nouveau style littéraire vous tente et que vous êtes prêt à être surpris, je crois que vous pouvez les yeux fermés lire ce Féroces Infirmes. Et comme un bon chocolat, vous voudriez tout mangé d’un coup mais le plaisir n’en sera que plus furtif. Alors vous ferez durer le plaisir de ces mots. Vous regarderez votre sac où ce cache le pavé et la journée de travail paraîtra plus courte car à la fin, ce délice étrange, ce livre.

Ce qu’en dit la presse
Lire : Ce conteur résolument plombé du tuyau ressuscite l’esprit hippie avec ce gros roman d’aventures et d’espionnage sous psychotrope.
Le canard enchaîné : Un sacré courant d’air, un bain d’oxygène. Un traitement écologique à l’usage de l’humanité.
Le Point : Sa prose a tellement de classe qu’on en a les neurones éblouis. Sa capacité d’invention est telle qu’on se dit qu’il devrait donner des cours à tous les jeunes romanciers.
Chronic’art : Absurde, loufoque, vicieux, rythmé, outrageux et irrésistiblement, drôle, cet énorme roman d’aventures en Technicolor à l’intrigue joyeusement tarabiscotée forme à coup sûr l’une de nos plus attachantes lectures de ces derniers temps.

Du même auteur
B comme Bière

Dans le même genre
La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole
Le vieux qui ne souhaitait pas son anniversaire

wonder challengeus Jaimemonlibraire

Esprit d’hiver – Laura Kasischke

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4ème de couverture
Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Laura Kasischke propose un nouveau livre pour la rentrée littéraire avec Esprit d’hiver. Un esprit qui se perturbe en ce jour de Noël. Que ce passe t’il? Pourquoi? Voilà les questions qui vont vous tenir en haleine durant les 276 pages que compose le roman.

Holly se réveille et quelque chose la travaille, une phrase qui passe en leitmotiv dans sa tête. Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. Elle voudrait l’écrire mais quelque chose l’en empêche. Les faux prétextes pour ne pas écrire sont légions malgré la nécessité que cela lui apparaît.

Elle repense à sa fille. Accompagnée de son mari, ils sont partis la chercher. Dès qu’ils ont rencontré son regard, ce fou un coup de coeur immédiat. Ce ne pourrait être que ce bébé. Lorsqu’ils sont revenus le rechercher pour l’emmener aux Etats-Unis, elle avait beaucoup grandit. Est-ce normal? Qu’importe l’Amour sera la chose la plus importante.

Pourtant ce Noël débute mal. Tatiana n’est pas venue les réveiller comme les années précédentes. Personne n’a entendu le réveil et toute la famille va venir à la maison. Rien n’est préparé. Un peu d’affolement commence à envahir Holly. Son mari doit partir en urgence chercher ces parents à l’aéroport. Puis vint la neige qui recouvre tout et tellement vite. La maison s’habille de silence. D’ailleurs, les mots construisent une atmosphère très particulière.

C’est peut-être cela le talent de Laura Kasischke, l’écriture. Aucun mot en trop. Aucun mot qui n’exprime trop ou pas assez. Mais le ton grave donné dès la première page annonce forcément une chose grave que l’on ne pourra découvrir qu’aux dernières pages. Un phénomène d’attraction/répulsion se fait en cours de lecture. Ai-je envie de connaître la fin? Je pense connaître la fin mais ai-je envie de vérifier? Mais je vais au bout. La réponse à mes questions se fait avec une certaine déception et une pointe d’ennui. Malgré tout le livre va s’inscrire dans ma mémoire, dans l’horreur des mots et de la situation.

Lu dans le cadre du match de la Rentrée littéraire de Price Minister. 12/20

L’avis de Mrs Bl’avis de Sharonl’avis de Denisl’avis d’Adopte un livreL’avis de l’Exigeante

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Compagnie K – William March

images-13 4ème de couverture
Décembre 1917. Une compagnie de l’US Marines Corps débarque en France et est envoyée au front. Pour la première fois, les hommes de la Compagnie K découvrent la guerre : attaques de nuit, balles qui sifflent, obus qui explosent, ordres absurdes, grondement de l’artillerie, la pluie et le froid, la tentation de déserter. Les cent-treize soldats qui composent cette compagnie prennent tour à tour la parole pour raconter leur guerre, toutes les guerres. L’un après l’autre, ils décrivent près d’un an de combats, puis le retour au pays pour ceux qui ont pu rentrer, traumatisés, blessés, hantés à jamais par ce qu’ils ont vécu.


Ils se nomment Joseph Delaney, Rowland Geers, Jerry Blandford, Carter Altas… et ils sont soldats, caporaux, capitaines, lieutenants… William March nous propose 113 portraits d’hommes américains qui sont partis faire la guerre pendant la première guerre mondiale.

L’auteur a participé à ce conflit et mettra plus de 10 ans à écrire sur livre qui sera publié en 1933. Les éditions Gallmeister publie pour la première fois ce roman qui parle d’un sujet très rarement abordé dans la littérature américaine. La forme du roman est elle même un peu particulière car William March ne raconte pas ce qui c’est passé avec les hommes présents. Il leur donne la parole par chapitre. Chacun parle de son vécu, de ces peurs, de ces craintes, de ce qu’il aime, de ce qui lui manque… L’histoire est présentée de façon chronologique car à la fin de l’ouvrage, certains parlent de leur retour au pays, de leur retour dans une autre réalité qu’il soit mutilé ou non. Une succession de témoignages et de points de vue très différents des uns et des autres qui donne une idée des conditions de la guerre.

J’aimerais que les types qui parlent de la noblesse et de la camaraderie de la guerre puissent assister à quelques conseils de guerre. Ils changeraient vite d’avis , parce que la guerre est aussi infecte que la soupe de l’hospice et aussi mesquine que les ragots d’une vielle fille.

La guerre est injuste, l’auteur en est convaincu. Elle permet aux hommes de faire ressortir leur mauvais côté comme les bons. On ne s’étonne pas de la lâcheté, de la haine, de la violence, du mensonge, du désespoir…

Je n’ai jamais cessé d’être fasciné par cette chose qu’on appelle la nature humaine, qui a ses heures de beauté et ses heures d’abjection, ni par l’océan de bêtise calme qui s’étend entre les deux.

Mais les pages se tournent et malgré l’originalité des portraits, des certaines histoires, je m’ennuie terriblement. Si c’est 113 hommes qui parlent de leur expérience pourquoi c’est toujours la même écriture, le même vocabulaire, les même formulations. 113 hommes donc des personnalités différentes et des visions différentes. D’autant plus, que chacun venait de milieu social assez hétéroclite alors pourquoi cette unité d’écriture? Et pourquoi ces portraits d’hommes en les faisant parler après la mort?  J’ai fini le livre et c’est avec plaisir que je vais le rendre à la médiathèque.

Lien vers les éditions Gallmeister

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La conjuration des imbéciles – John Kennedy Toole

images-6images-8 4ème de couverture

A trente ans passés, Ignatus vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C’est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre… Chef d’oeuvre de la littérature américaine, La Conjurations des imbéciles offre le génial portrait d’un Don Quichotte yankee inclassable, et culte.

 Souvent, on entend dire qu’un livre est culte et qu’il faut absolument le lire. Qu’il serait vraiment dommage de passer à côté. Je n’ai jamais été sensible à ce genre d’arguments et très peu de fois, j’ai été d’accord après lecture. Mais pour pour ce livre, je vais faire une exception. Je remercierai très chaleureusement mon libraire de me l’avoir conseillé. Il m’a parlé du livre et ces 534 pages, une petite appréhension est montée en moi. Je l’ai acheté mais il restait dans les étagères à attendre que je l’ouvre. Le challenge et la motivation par une géniale blogeuse m’ont poussé à le lire et j’avoue que j’en suis très satisfaite.  Alors, maintenant à moi de vous présenter le livre comme si j’étais une bonne libraire.

Tout d’abord, il me faut vous présenter l’auteur John Kennedy Toole. Né en 1937 en Louisiane, il grandit dans une famille aimante. Sa passion pour l’écriture lui a permis d’écrire deux romans. Il proposa ces manuscrits mais personne n’a accepté de les publier. A 31 ans, il décida de se suicider en reliant son pot d’échappement à sa voiture. Sa mère, convaincue du talent de son fils, elle présenta partout où elle pouvait La conjuration des imbéciles jusqu’à sa rencontre avec l’écrivain Walker Percy. Sa persuasion à inciter l’homme à le lire qui à  tout de suite été séduit. C’est ainsi qu’en 1980 le roman est publié et couronné du prix Pulitzer en 1981.

L’histoire pourrait paraître assez simple. On suit un personnage : Ignatus Reilly. Il lui arrive toujours des mésaventures. Mais pourquoi considérer un livre culte juste avec cela comme contenu? Et bien, on rencontre un personnage haut en couleurs et pas avec beaucoup de nuance.

Lorsque j’ai commencé la lecture, j’ai eu quelques difficultés à rentrer dans l’histoire. Une écriture un peu spéciale, un peu lourde. Puis au bout d’une vingtaine de page, le mode de communication enregistré on rentre dans l’histoire. Et là, il faudra passer aussi en dessus de sa colère. Il faut le savoir d’emblée Ignatus est un être détestable. Gros, gras, laid, feignant, hautain, irascible, égocentrique, excentrique, raciste, homophobe…. Je n’avais qu’une envie, le rencontrer et lui foutre un bon coup de pied dans le cul et une grande baffe dans la gueule pour remettre les idées en place. A chaque fois qu’il fait quelque chose, une grosse catastrophe arrive par la suite.

Il se complaît dans son physique ingrat couplé avec son chapeau vert avec des partis lui tombant sur les oreilles qu’il n’aime pas quitter. Et il aime se sentir toujours supérieur aux autres. Il considère sa mère qui aime bien boire, comme sa domestique. Il aime aller au cinéma, parler fort pendant les séances et critiquer inlassablement. De même, il regarde des programmes débiles à la télévision pour se sentir au dessus de cela. Bref, un mec imbuvable. Mais ce n’est pas tout. Il s’est même inventé une maladie gastrique, un anneau pylorique. Ce qui ne l’empêche pas de se goinfrer de saucisses, macarons, gâteaux, beignets… Dès qu’il est contrarié, il se sent ballonné et produit de nombreuses flatulences et éructations tout aussi bien sonore qu’odorant.

Sa chambre où règne un bordel monstrueux où est éparpillé de nombreux cahiers ou tout comme les draps sont recouverts de miettes de nourritures et de sperme. Il couche ces pensées en étant convaincu de leur haute valeur. Par chance ou pas, on découvre ces écrits qu’il partage avec le lecteur. Le rire se mélange d’exaspération. Malgré tout, je me sens obligé de m’accrocher au personnage. Il assume. C’est un personnage entier, authentique même s’il vie sur une planète assez peu peuplé. En effet, Myrna amie-ennemie avec qui il a étudié partage avec lui sa folie. En dix d’université il est arrivé à avoir une licence.

A 30 ans, il doit trouver de l’argent pour rembourser les frais occasionné à un tiers lors d’un accident dont il est en parti responsable. Il va devoir travailler. Le périple débute. Une galerie de personnages se rajoutent au fur et à mesure : sa mère, M. et Mme Levy, Mancuso, Dorian…. Sont-ils plus normal qu’Ignatus? Il permets de montrer la folie qui habite un peu chacun de nous.

Bref, une lecture surprenante qui a provoqué autant en moi de la colère, du désespoir, de l’exaspération, du rire, des sourires et de l’addiction. Car en effet, je ne pouvais plus quitter mon livre avant de l’avoir terminé. Que pouvait-il encore inventé? Que pouvait-il bien lui arrivé? Et même fini, j’aurai voulu continuer à découvrir ce personnage.

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L’oiseau Canadèche – Jim Dodge

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4ème de couverture
Orphelin, Titou est recueilli par son grand-père, solitaire et excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales, travail et impôts en premier lieu.
Malgré quelques divergences de caractère – Titou a la passion des clôtures, Pépé Jake les déteste – le duo fonctionne bien, et mieux encore du jour où déboule Canadèche, canard boulimique hautement sympathique, qui devient leur inséparable compagnon. Trésor de malice et de tendresse, « L’Oiseau Canadèche » est un délicieux conte naturaliste moderne, brillant comme un coeur de canard.

Jake apprend qu’il a un petit fils, Titou et que ce dernier est devenu orphelin. Son coeur fit un bon de tendresse et remua ciel et terre pour adopter ce bout de chou. Il devient pépé Jack et fier papi.

L’histoire pourrait paraître toute simple. Le papi et le petit fils vivent ensemble et heureux. Jake fabrique de l’eau de feu qui selon lui permettra de vivre indéfiniment. Titou perfectionne sa passion pour faire des clôtures. Chacun vit tranquillement jusqu’au jour où il découvre un oeuf hors du commun. D’ailleurs, il va naître un oiseau hors du commun, qui va être nommé Canadèche. Une sorte de canard géant gourmand, qui ne sait pas voler et qui aime partir à la chasse. C’est l’animal de compagnie qui va encore plus rapprocher ces deux hommes.

Mais sous l’apparence d’une simple histoire se cache un conte initiatique. L’esprit d’un vieil indien se sera réincarné dans ce fameux sanglier. Et Canadèche, il est aussi, peut-être, l’esprit d’un femme, d’une maman??

Malgré une écriture très agréable, l’histoire m’a semblé très étrange par moment, surtout vers la fin.

« Calant le corps du sanglier contre sa jambe, il sortit son couteau de sa poche, dégagea la longue lame affillée dont il se servait pour dépecer le gibier. Il commença à trancher la peau au niveau de l’os pelvien et remonta le long du pénis jusqu’au sternum. Quand il laissa le sanglier retomber sur le flanc, les boyaux se répandirent sur l’herbe et, parmi les replis de la tripaille chaude, il distingua une mince poche membraneuse, lisse, d’une couleur orangée, sanguine, et qui palpitait. Adroitement, de l’extrême pointe de son couteau, Titou fendit ce sac.
A l’intérieur, il vit ce que sa mère avait vu briller au fond du lac : un point lumière, dense, fixe, intense. Ce point lumineux se divisa en deux, puis en quatre. En huit… Il commençait à tourbillonner tandis qu’il se multipliait d’instant en instant – aveuglante trajectoire de la matière lancée vers une nouvelle cohérence. Un rouleau de parchemin d’un blanc éclatant se déroula la lumière du soleil.  »

Je me suis demandée si l’auteur n’avait pas écrit sous LSD. Certains moment de l’histoire m’échappait. Comme si l’auteur était dans un trip et que je n’arrive pas à atteindre son imaginaire. J’ai peut-être l’esprit qui commence à devenir étriqué. Je dis pourquoi pas au canard mais cette scène avec le sanglier. C’était trop pour moi. D’autant plus que cela arrive vers la fin. Je vais laisser le livre dans ma bibliothèque dormir pendant un temps indéterminé. Un jour, je le relierai et une autre vision s’offrira à moi ou pas.

Un avis mitigé du coup de ma libraire. Espérons que le suivant sera mieux 🙂

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10 ans de littérature américaine – Lire

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Le magazine Lire d’octobre 2010 a consacré un numéro spécial à la littérature Etats-Unis entre 2000 et 2010.
Je vous présente leurs coups de coeur.

 

images-12Indignation de Philip Roth
4ème de couverture
Indignation propose une forme de roman d’apprentissage : une histoire de tâtonnements, d’erreurs, d’audace et de folie, de résistances et de révélations, tant sur le plan sexuel qu’intellectuel. Philip Roth poursuit son analyse de l’histoire de l’Amérique, celle des années cinquante…

 

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Un don de Toni Morrison
4ème de couverture
Dans l’Amérique du XVIIe siècle, celle des vastes étendues et des territoires vierges, Blancs, Noirs, Indiens subissent encore la même oppression. Jacob, un négociant anglo-néerlandais vit avec sa femme Rebekka en Virginie. Lorsqu’il se rend chez un planteur de tabac qui lui doit une forte somme, ce dernier ne pouvant le payer, lui propose une esclave. En dépit du mépris qu’il a pour ce système, Jacob accepte de prendre avec lui Florens, une enfant noire de huit ans. Elle formera avec Lina, seule survivante de sa tribu indienne et Sorrow, une adolescente blanche, un surprenant trio de domestiques. Roman polyphonique, Un don traverse l’Amérique des origines, transcende les genres, bouleverse.

 

51v5NptwK+L._SY445_Le monde selon Garp de John Irving
4ème de couverture
Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin… Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde.

 

 

41KKJfiBjML._AA160_Blonde de Joyce Carol Oates
4ème de couverture
Alors, en début de soirée, ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l’intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n’entend que les vibrations ronronnantes de l’air conditionné. Ou bien… est-ce qu’elle entend une radio là ? La maison est de type espagnol, c’est une « hacienda » de plain-pied ; murs en fausses briques, toiture en tuiles orange luisantes, fenêtres aux stores tirés. On la croirait presque recouverte d’une poussière grise. Compacte et miniature comme une maison de poupée, rien de grandiose pour Brentwood. La Mort sonna à deux reprises, appuya fort la seconde. Cette fois, on ouvrit la porte.
De la main de la Mort, j’acceptais ce cadeau. Je savais ce que c’était, je crois. Et de la part de qui c’était. En voyant le nom et l’adresse, j’ai ri et j’ai signé sans hésiter.

51VlBCMg8BL._SY445_Les femmes de T. C. Boyle
4ème de couverture
1932. Engagé comme apprenti, un jeune Japonais, Tadashi Sato, étudiant en architecture, arrive à Taliesin, l’immense propriété perdue au fin fond du Wisconsin du fameux architecte Frank Lloyd Wright. Tadashi découvre vite que l’antre du génie ressemble moins à une école qu’à une communauté utopique que le Maître essaie de faire fonctionner tant bien que mal, tandis que les créanciers de tout bord le poursuivent, que le voisinage crie au scandale devant ses mœurs étranges… Dans ce roman savoureux qui oscille entre document et fiction, Boyle livre la biographie intime et conjugale d’un homme qui, en son temps, défraya la chronique.

51IOUihc51L._SY445_La route de Cormac McCarthy
4ème de couverture
L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage?

 

 

51Z3uuqkNSL._SY445_La réserve de Russell Banks
4ème de couverture
Quand en juillet 1936 le peintre Jordan Groves rencontre Vanessa Cole dans son luxueux chalet en borduwe d’un lac des Adirondacks, il ignore qu’il vient de franchir la ligne qui sépare les séductions de la comédie sociale et les ténèbres d’une histoire familiale pleine de bruit et de fureur. Si attaché qu’il soit à sa femme et à ses deux enfants, ou aux impératifs d’une carrière artistique déjà brillamment entamée, Jordan ne peut longtemps se soustraire à l’irrésistible attraction qu’exerce sur lui la sulfureuse Vanessa… Très loin de là, en Europe, l’Histoire est en train de prendre un tour qui va bientôt mettre en péril l’équilibre du monde. Déjà, certains écrivains, tels Ernest Hemingway ou John Dos Passos, ami de Jordan Groves, ont rejoint l’Espagne pour combattre aux côtés des républicains. Sur les rives du lac, Jordan Groves etVanessa Cole s’approchent l’un de l’autre, l’avenir du premier déjà confisqué par le passé de la seconde, pour explorer leurs nuits personnelles dont l’ombre s’étend sur chacun de ceux qui les côtoient…

41tCGqEAy+L._SY445_ Suite(s) Impériale(s) de Bret Easton Ellis
4ème de couverture
Vingt-cinq ans après la publication de Moins que zéro, l’histoire continue dans la Cité des Anges. Devenu scénariste, Clay participe au casting de son prochain film et séduit Rain, pute à ses heures et actrice ratée, à qui il promet un rôle. Mais dans un Hollywood déshumanisé où les rêves sont des refuges dorés, la manipulation est un jeu de dupe mortel…

 

 

41QdbcGp9jL._SY445_La belle vie de Jay McInerney
4ème de couverture
Deux enfants, des amis célèbres, une bonne situation, un loft à Manhattan : Corrine et Russel ont tout pour être heureux. Ce parfait exemple du rêve américain est soudain brisé par l’onde de choc de l’après 11-Septembre 2001. Croyances et espoirs, convictions et sentiments, le fric, le toc et le chic, tout est remis en cause et désormais, tout peut arriver.

 

 

41w1fNmXSUL._SY445_Les jeux de la nuit de Jim Harrison
4ème de couverture
Une jeune fille en quête de vengeance, un homme mûr à la recherche de l’âme soeur, un autre en proie à des accès de violence les nuits de pleine lune… Trois nouvelles, trois personnages en quête de rédemption, trois destins solitaires dans l’Amérique idéale de l’écrivain, aux habitants aussi rudes que les saisons du Montana.

 

 

512CQ2VNN2L._SY445_Indépendance de Richard Ford
4ème de couverture
Délesté de son mariage comme de son emploi de chroniqueur sportif, le nouvelliste raté Frank Bascombe vit dans le New Jersey, où il travaille comme agent immobilier. Il arpente les agglomérations suburbaines, les rues et les voies privées, habité par le sentiment « qu’il devient foutument difficile de s’accrocher à la vie que nous nous étions promise dans les années soixante ». En relatant quelques jours de la vie de ce citoyen bien tranquille, Richard Ford dissèque la réalité de l’Amérique contemporaine, s’attardant sur les réflexes sécuritaires d’une société conservatrice repliée sur elle-même. Ses citoyens sont-ils tous des égarés ? Avec un humour tout aussi grinçant que désespéré, il renvoie chacun à ses possibles, à ses tâtonnements et à ses doutes. Richard Ford a décidément un don : l’écriture.

51OB76uK1tL._SY445_Vice caché de Thomas Pynchon
4ème de couverture
Los Angeles, 1970. Le rêve hippie est ébranlé par les folies de Charles Manson et une guerre traumatisante au Vietnam. Doc Sportello est un détective privé d’un genre particulier : il vit sur une des plages de la ville, est un adepte du joint bien roulé, et, à l’occasion, du trip intersidéral à l’acide. Avec son meilleur ennemi, le flic Bigfoot, il enquête sur l’étrange disparition du milliardaire Mickey Wolfmann. Tous deux ont de bonnes raisons de vouloir tirer au clair cette affaire…

 

41t1bbUEKCL._SY445_Invisible de Paul Auster
4ème de couverture
New York, 1967: un jeune aspirant poète rencontre un énigmatique mécène français et sa sulfureuse maîtresse. Un meurtre scelle bientôt, de New York à Paris, cette  communauté de destins placés sous le double signe du désir charnel et de la quête éperdue de justice. Superbe variation sur « l’ère du soupçon », Invisible explore, sur plus de trois décennies, les méandres psychiques de protagonistes immergés dans des relations complexes et tourmentées. Le vertigineux kaléidoscope du roman met en perspective  changeante les séductions multiformes d’un récit dont le motif central ne cesse de se déplacer. On se délecte des tribulations du jeune Américain naïf et idéaliste confronté au secret et aux interdits, tout autant qu’on admire l’exercice de haute voltige qu’accomplit ce très singulier roman de formation. Au sommet de son art narratif, Paul Auster interroge les ressorts mêmes de la fiction, au fil d’une fascinante réflexion sur les thèmes de la  disparition et de la fuite.

51ou4h7jrCL._SY445_Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe
4ème de couverture
Elève brillante issue d’une famille modeste aux principes rigoureux, Charlotte Simmons est la première lycéenne de son comté rural à être admise à la prestigieuse Dupont University. Depuis des décennies, cette vénérable institution, l’égale de Harvard ou de Yale, façonne l’élite de l’Amérique. Pourtant, à sa grande surprise, Charlotte va bientôt découvrir que derrière les antiques façades du campus la quête du plaisir est plus en vogue que celle du savoir, et que le prestige individuel se mesure moins au tableau d’honneur qu’au tableau de chasse. Livrée à elle-même dans ce monde clos aux règles impitoyables, la jolie et naïve Charlotte saura-t-elle résister à la tentation de devenir elle aussi une des reines de la fête ?

51h7hY6lmlL._SY445_Point Omega de Don DeLillo
4ème de couverture
Un universitaire à la retraite accueille sans enthousiasme un jeune cinéaste souhaitant le filmer pour évoquer sa collaboration scientifique avec le Pentagone pendant la guerre d’Irak. Radiographie de notre civilisation postmoderne à travers un face à face beckettien dans le désert californien.

 

 

412cth1NyQL._SY445_ Souvenez-vous de moi de Richard Price
4ème de couverture
En attendant de devenir célèbre, Eric Cash gère un restaurant dans le Lower East Side de Manhattan, un quartier à double visage avec ses lofts pour bobos et ses vieux immeubles où cohabitent dealers et immigrés. Deux mondes qui entrent en collision quand Eric et un de ses barmans se font braquer un soir de bringue… Bouleversé par le meurtre de son collègue, incohérent, Cash devient vite le suspect n° 1 pour l’inspecteur Matty Clark. Mais les preuves tardent à venir, les témoins se contredisent et l’enquête s’embourbe… Dans la jungle urbaine de New York, où se défient proies et prédateurs, le rêve américain a des allures de mauvais film, sous la lumière crue et aveuglante de Richard Price.

51pkuC2SCrL._SY445_Les corrections de Jonathan Franzen
4ème de couverture
La famille Lambert est une famille comme les autres : derrière son apparente bonhomie se cachent des désirs parfois inavouables… De déchirures en réconciliations, Enid, Alfred et leurs trois enfants tentent de donner un sens à leurs contradictions. Et si on ne naissait que pour corriger les erreurs de ses parents ? Un roman-fleuve à l’humour féroce, dont la puissance balaye tout sur son passage.

 

 

51QEKQGRJ8L._SY445_Purple America de Rick Moody
4ème de couverture
Billie Raitliffe vit dans un manoir qui tombe en ruine, image de sa propre décadence. Son second mari quitte en même temps la maison et son travail à la direction d’une. centrale nucléaire, qui va connaître un grave problème. Hex vient s’occuper de sa mère Billie pour un week-end. L’histoire est racontée par Hex et sa mère, mais aussi par ceux qui croisent leur chemin cette nuit-là ; car toutes les révélations. les confrontations, l’amour, la vacuité et l’humilité, l’ambition et l’abandon, se tissent en une nuit.

Rick Moody donne une dignité à ses personnages rongés par les déceptions. Son écriture est brillante, et son exploration des forces indisciplinées qui déferlent à l’intérieur de la famille se mêle aux événements réels dans une sorte d’opéra baroque.

41Q7RG66D4L._SY445_Le prince des Marées de Pat Conroy
4ème de couverture
Tom, Luke et Savannah ont grandi au paradis, dans le sud faulknérien, sur la petite île de Melrose où leur père pêchait et leur mère régnait par sa beauté. Comment survivre à tant de bonheur et de poésie ? Leur enfance éblouie et perdue préfigure les drames inévitables de l’âge adulte. Parce qu’ils refusent de mûrir, de vieillir, leurs rêves d’art, d’exploits, de justice vont se heurter à la brutalité du monde réel. La géniale et tragique Savannah et ses frères affrontent l’amour, la solitude et la peur de vivre avec une ironie désespérée. De leurs blessures inguérissables naissent des fous rires sans fin et une immense tendresse. Entre l’émotion et la vivifiante intelligence, Le Prince des Marées est un de ces livres magiques qui peuvent vous briser le cœur, un de ceux que l’on n’oublie jamais.

51x1Vh3oaRL._SY445_Middlesex de Jeffrey Eugenides
4ème de couverture
Callie naît avec la moue d’une jolie petite fille brune. À quatorze ans, étonnée de se découvrir deux sexes, elle devient un garçon. Lolita moustachue, savourant et souffrant à la fois de sa trouble identité, elle part sur les traces de ses origines mi-monstrueuses, mi-mythologiques, et fouille dans le passé secret – et peut-être coupable ? – de sa grand-mère Desdemona…

 
41XEX0GKW5L._SY445_ Effacement de Percival Everett
4ème de couverture
Thelonious Monk Ellison, romancier noir américain que la réussite n’a cessé de fuir, se voit un jour reprocher de ne pas écrire dans un style « assez black ». Révolté par l’audience phénoménale d’un roman médiocre consacré à la réalité des ghettos, il en rédige, sous pseudonyme, une parodie incisive et vengeresse qu’il soumet par défi à un éditeur. Le succès est aussi fracassant qu’immédiat. Mais ce jeu schizophrène reste sans effet sur la vie du « vrai » Monk au moment d’affronter les tragédies personnelles et les crises familiales qui bouleversent son improbable existence d’artiste… Très politiquement incorrect dans son approche de la question raciale, ce roman, où l’autodérision et l’ironie côtoient le lyrisme, est pétri d’une érudition jubilatoire, d’une redoutable connaissance du milieu littéraire, et, plus que tout, d’une intime fréquentation des passions de l’âme…

51KZA4gMp9L._SY445_ Tout est illuminé de Jonathan Safran Foer
4ème de couverture
Situé de nos jours, en Ukraine, ce livre raconte les aventures d’un jeune écrivain juif américain –  » Jonathan Safran Foer  » – en quête de ses origines, et qui sillonne la région à la recherche des vestiges d’un mystérieux village détruit par les Nazis. Mais soudain le récit bascule, et nous voici projetés dans un autre monde : du 18 mars 1791 au 18 mars 1942, c’est la chronique terrible et fabuleuse d’un shtetl appelé Trachimbrod qui se déroule sous nos yeux – un shtetl qui n’est peut-être que la version légendaire du mystérieux village… Peuplé d’enfants trouvés, de rabbins kabbalistes, d’amoureux en proie à la fureur érotique, cet admirable roman s’inscrit dans une tradition où la bouffonnerie est souvent l’ultime expression du sacré. Mais c’est aussi un tour de force littéraire d’une stupéfiante modernité.

41k-vMy1-7L._SY445_Personne bouge de Denis Johnson
4ème de couverture
Prenant le contre-pied de ses romans les plus récents, Denis Johnson nous offre un polar à la mode californienne. Ménageant retournements de situation et coups de théâtre qui évitent toute impression de déjà-lu, Denis Johnson installe une intrigue implacable servie par son acuité habituelle : des dialogues percutants, une obsession pour les états limites, la conviction que les anonymes et les marginaux sont les seuls personnages possibles de la fiction d’aujourd’hui, la liberté ne leur étant parfois accessible qu’au prix d’un 357 Magnum.

41jlzK3LqTL._SY445_L’histoire de l’amour de Nicole Krauss
4ème de couverture
Poétesse et romancière, Nicole Krauss est née en 1974 à New York. L’histoire de l’amour, son premier livre traduit en français, a obtenu le prix du meilleur livre étranger 2006.

 

 

 

51RPgQXjsOL._SY445_La passerelle de Lorrie Moore
4ème de couverture
A Troie, Tassie Keltjin, vingt ans, mène une vie insouciante. Entre les cours et les copains, elle est la baby-sitter de Mary-Emma, une adorable métisse. Tout juste adoptée, la fillette ne passe pas inaperçue: Les regards sont lourds, les injures pleuvent et ses parents la rejettent peu à peu. Bouleversée, Tassie découvre le visage sombre d’une Amérique où l’hypocrisie se mêle au racisme ordinaire.

 

 

413waiMffXL._SY445_ Le club de chasse de Thomas McGuane
4ème de couverture
Premier roman de Thomas McGuane, Le club de chasse se déroule dans le Nord-Michigan, parmi les rivières limpides et les forêts verdoyantes.
Au beau milieu de cette nature idyllique s’est bâti un club de chasse luxueux où se retrouvent des hommes d’affaires raffinés et de jeunes rentiers de Détroit qui viennent se reposer dans un club très select fondé par leurs grands-parents, au bord d’un lac. Si le cadre est paradisiaque, McGuane plonge rapidement le lecteur dans une spirale de destruction. En effet, tandis que le candide narrateur n’aspire à rien d’autre qu’à se reposer, Vernor Stanton, va semer le trouble. Ce dernier, fils de bonne famille, est un trublion notoire. Il prend un malin plaisir à ridiculiser tous les membres du club, qu’il considère vieux avant l’âge…. Violence, expériences limites, toutes choses qui rôdent à la lisière des consciences et de l’apparente civilité des membres du club surgissent alors. Thomas McGuane livre ainsi un roman explosif où l’on se livre à des duels pervers, on dynamite un barrage, des incendies éclatent, d’augustes bâtiments sont volatilisés et, pour le plus grand plaisir du lecteur, ce feu d’artifice s’achève en un bouquet final aussi spectaculaire qu’inattendu.

41OYkdQSXlL._SY445_Le temps où nous chantions de Richard Powers
4ème de couverture
Tout commence en 1939, lorsque Délia Daley et David Strom se rencontrent à un concert de Marian Anderson. Peut-on alors imaginer qu’une jeune femme noire épouse un juif allemand fuyant le nazisme ? Et pourtant… Leur passion pour la musique l’emporte sur les conventions et offre à leur amour un sanctuaire de paix où, loin des hurlements du monde et de ses vicissitudes, ils élèvent leurs trois enfants. Chacun d’eux cherche sa voix dans la grande cacophonie américaine, inventant son destin en marge des lieux communs : Jonah embrasse une prometteuse carrière de ténor, Ruth, la cadette, lutte aux côtés des Black Panthers, tandis que Joseph essaye, coûte que coûte, de préserver l’harmonie familiale. Peuplé de personnages d’une humanité rare, Le temps où nous chantions couvre un demi-siècle d’histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique.

51h6HmgJdjL._SY445_Les crimes de l’accordéon de Annie Proulx
4ème de couverture
A la fin du XIXe siècle, un Sicilien débarque à La Nouvelle-Orléans, accompagné de son fils et d’un magnifique accordéon de sa fabrication. Passant de main en main, l’instrument devient le héros du livre. Il accompagne les aventures et tribulations des émigrants du melting-pot: Allemands du Middle West, Polonais de Chicago, Norvégiens du Minnesota… Tous ces humbles, ces miséreux de l’Europe gagnés par le rêve du Nouveau Monde, et dont les descendants, oubliant peu à peu leurs racines, forment l’Amérique d’aujourd’hui, sont les personnages d’un roman-fleuve grandiose comme une épopée. Lauréate du National Book Award et du prix Pulitzer, traduite dans une trentaine de pays, Annie Proulx nous conte l’Amérique réelle avec une vigueur et une puissance dignes de Steinbeck ou de Dos Passos.

5102R7HA2QL._SY445_Little de David Treuer
4ème de couverture
Il y a Jeannette, Duke et Ellis, les jumeaux qui furent ses amants, Stan, le vétéran du Vietnam et sa sœur Violet, Paul le jeune prêtre de l’Iowa et Donovan l’enfant trouvé dans une voiture lors d’une tempête de neige.
Ils vivent à Pauvreté, hameau perdu d’une réserve indienne du Minnesota, au milieu des lacs et des bois. Mettant à nu des secrets familiaux accumulés depuis trois générations, les membres de cette petite communauté racontent leurs histoires qui mènent au cœur du mystère entourant la vie et la mort de Little, un petit garçon de huit ans…

514DA0P35DL._SY445_Le nom des morts de Stewart O’Nan
4ème de couverture
Ithaca, New York, 1982. Larry Markham tente désespérément de recoller les morceaux de sa vie, sans vraiment y croire. Son mariage est un échec, accentué cruellement par le lourd handicap mental de son fils, ses relations avec son père sont tendues, et son travail de livreur de pâtisseries industrielles est dérisoire. Vietnam, 1968. Larry Markham s’est enrôlé, contre l’avis paternel, comme médecin dans les rangs de l’armée américaine au Vietnam. De son unité, il est le seul à revenir. Depuis, Larry est hanté par la vision de ses compagnons disparus, de leurs derniers instants : il aurait dû les sauver. Ce sentiment de culpabilité le harcèle et le rend impuissant à envisager sa vie présente. Fatigué d’être regardé comme un traumatisé de guerre, il ne trouve un répit avec lui-même, un début de sens à son existence, qu’en agissant bénévolement comme thérapeute auprès d’un groupe de vétérans. Lorsqu’un membre de ce groupe, un assassin entraîné par la CIA, s’échappe du centre hospitalier et se met à le poursuivre, laissant derrière lui d’inquiétants avertissements en forme de cartes à jouer, Larry prend conscience de la menace qui pèse sur lui, et sur sa propre famille. La faculté de Stewart O’Nan à passer d’un univers à l’autre, la puissance évocatrice de son écriture prennent ici une dimension impressionnante. A la fois roman d’amour et récit de guerre, Le Nom des morts est un thriller mené avec maestria.

51ALxSXVG8L._SY445_La solitude du docteur March de Géraldine Brooks
4ème de couverture
1861, la guerre de Sécession fait rage. Le docteur March s’est engagé comme aumônier auprès des Nordistes pour répandre ses principes humanistes. Il laisse derrière lui son épouse bien-aimée et ses quatre filles. Il marche sur la route de Virginie, jusqu’à cette demeure sudiste dont il fut l’invité vingt ans plus tôt, jusqu’à Grâce, cette belle esclave qui provoqua ses premiers émois amoureux. Ébranlé dans ses convictions par les atrocités de la guerre, troublé par ses désirs, March doit livrer un combat auquel il n’était pas préparé…

51wwQSYMeLL._SY445_En un monde parfait de Laura Kasishke
4ème de couverture
Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote, veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu’elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d’hôtesse de l’air pour celle, plus paisible croit-elle, de femme au foyer. C’est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre. L’existence de Jiselle prend alors un tour dramatique…

51zDSAeF13L._SY445_Féroces de Robert Goolrick
4ème de couverture
Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler.
C’étaient les années 1950, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l’esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c’était la seule chose qu’ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d’ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker. Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi : on ne parle jamais à l’extérieur de ce qui se passe à la maison. A la maison, il y avait des secrets… Les Goolrick étaient féroces.

41qdOK5zU5L._AA160_Kapitoil de Teddy Wayne
4ème de couverture
Pas facile de débarquer à New York pour un jeune informaticien qatari. Même si l’on est un vrai crack et que la multinationale qui vous emploie vous offre un pont d’or pour contrer le bug de l’an 2000. Quelles sont les règles de politesse à respecter ? Comment décoder des expressions aussi déroutantes que  » cul-terreux  » ou  » taper dans l’oeil  » ? Karim s’efforce de ne pas commettre d’impairs pendant le temps libre que lui laisse son travail. Un temps qu’il consacre surtout à développer Kapitoil, un ambitieux programme permettant de prédire les cours du pétrole pour le plus grand profit des traders. A moins que. Dans une comédie bien moins légère qu’elle n’en a l’air, Kapitoil croque avec finesse une Amérique malade de la spéculation et du manque d’éthique de ses grands patrons.

41MGgM4A2PL._SY445_

Les sortilèges du cap Cod de Richard Russo
4ème de couverture
La famille, la transmission, le couple et ses compromis : autant de thèmes abordés avec brio et subtilité par Richard Russo, qui sait aussi conjuguer l’humour avec l’émotion. Professeur dans une université du Connecticut, Jack Griffin est invité à Cape Cod avec sa femme Joy, le temps d’un mariage. C’est l’occasion rêvée d’une escapade en amoureux. Mais le week-end, qui s’annonçait enchanteur, se révèle dévastateur. Il sonne le glas du couple, réveille les espoirs déçus, les conflits jamais résolus. Joy regagne ensuite le Connecticut, tandis que Jack part pour Los Angeles. Un an plus tard, le mariage de leur propre fille scelle leurs retrouvailles. Elles sont d’autant plus mouvementées que cette fois, Jack transporte non seulement les cendres de son père qu’il trimballait depuis un an et demi dans le coffre de sa voiture mais aussi celles de sa mère, décédée six mois plus tôt, et dont l’esprit sarcastique ne le lâche pas une seconde.

510vp3Ix7rL._SY445_Sous le charme de Lilian Dawes de Katherine Mosby
4ème de couverture
Servi par une prose raffinée, un roman d’apprentissage dans le New York des années 1950.

 

 

 

515Cx3PoueL._SY445_La malédiction des colombes de Louise Erdrich
4ème de couverture
L’homme répara le fusil et la balle glissa en douceur dans la chambre. Il l’essaya plusieurs fois, puis se leva et se tint au-dessus du berceau… L’homme épaula le fusil. Autour de lui, dans la pièce close, l’odeur du sang frais montait de toutes parts. L. E. Depuis toujours, la petite ville de Pluto, Dakota du Nord, vit sous «la malédiction des colombes», qui dévorent ses maigres récoltes comme le passé dévore le présent. Nous sommes en 1966 et le souvenir de quatre innocents lynchés cinquante ans auparavant hante toujours les esprits. En écoutant les récits de son grand-père indien qui fut témoin du drame, Evelina, une adolescente insouciante, prend soudainement conscience de la réalité…

51won6lf+6L._SY445_ Débutants de Raymond Carver
4ème de couverture
« On avait le sentiment bizarre qu’il pouvait arriver n’importe quoi maintenant qu’on s’était rendu compte que tout était fichu.  » Qu’ils soient abandonnés ou entourés de leur famille, les personnages des nouvelles de Carver sont irrémédiablement seuls. Ils trompent, boivent, perdent parfois les pédales. Loin de vivre la vie dont ils avaient rêvé, ils ne vont nulle part mais peu d’entre eux ont le courage de se l’avouer. Ces vies sont rendues ici dans leur vérité la plus exemplaire, puisque Débutants est le manuscrit original de Parlez-moi d’amour, paru en 1981 après avoir été amputé de moitié par son éditeur. Il est ici restitué dans sa version intégrale.

514TAWd-CcL._SY445_ L’heure d’avant de Colin Harrison
4ème de couverture
Avocat d’assurances sans histoires, George Young n’a rien d’un fin limier. Alors, pourquoi la veuve de son ancien patron le charge-t-elle d’enquêter sur la mort de son fils et cette mystérieuse heure qui a précédé son accident ? Embarqué malgré lui dans une affaire brûlante, George ne peut plus reculer. La vérité risque de bouleverser son existence à jamais. Un roman noir tendu à l’extrême qui nous entraîne au rythme des pulsations d’un New York hypnotique.

 

41ELvlAAZPL._SY445_Shanghai Moon de Shira Judith Rozan
4ème de couverture
Fin des années 30. Fuyant la montée du nazisme, près de 25 000 juifs d’Europe centrale quittèrent leur pays d’origine pour Shangaï. Parqués dans un faubourg misérable de la ville, ils durent réapprendre à vivre au sein d’une culture totalement étrangère, dans un pays en proie d’abord à l’occupation japonaise, puis à la Révolution culturelle de Mao. Beaucoup d’entre eux disparurent, à l’image de Rosalie Gilder et de son frère Paul. New-York 2009. Des bijoux ayant appartenu à la famille Gilder sont identifiés à Chinatown. Lydia Chin, une détective d’origine chinoise est mandatée par une avocate suisse spécialisée dans la spoliation des biens des victimes de l’holocauste pour les retrouver. Les évènements prennent alors un tour totalement inattendu et les meurtres inexpliqués se succèdent. Afin de reconstituer le puzzle infernal qui se jour autour d’elle, Lydia va essayer de reconstituer l’histoire de la jeune fille à travers les lettres envoyées par celle-ci à sa mère, soixante ans plus tôt. Elle ne se doute pas qu’elle est en train de prendre part à un jeu mortel, où toutes les apparences vont s’avérer trompeuses. Saluée par les plus grands auteurs de thriller, SJ Rozan transfigure complètement le genre avec ce roman exceptionnel à la tension omniprésente. Elle nous offre au passage un tableau passionnant de l’histoire peu connue des réfugiés juifs de Shanghai.