Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses – Leslie Plée

9782266198219Titre : Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses ou comment j’ai cru devenir libraire
Auteur : Leslie Plée
Editeur : Pocket

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4ème de couverture
Comment raconter son expérience de libraire en grande surface ? Leslie Plée s’est servie de son blog et de ses dessins pour dépeindre le décor où les chefs décomplexés comparent les livres à des bouteilles de bières, où les clients ont des demandes toujours farfelues, il y a de quoi rire… jaune. Loin des clichés, elle nous offre une autre vision de la librairie, et de la culture en général. Elle évoque notamment la culture de masse, le livre devenu un produit marketing etc. Son expérience dans la grande distribution va la traumatiser et l’inspirer pour son blog.

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Leslie avait un rêve incroyable, combiné son amour de littérature avec un métier. Mais voilà, en sortant de l’école pas facile de faire sa place pour travailler dans une librairie. Impossible, diraient certains mais à coeur vaillant.

Voilà qu’à la suite d’un déménagement sur Rennes pour rejoindre son amoureux, une opportunité professionnelle se présente à elle. En effet, ce n’est pas la petite librairie dans un quartier sympathique au centre ville, c’est dans une grande surface de biens culturels, pour ne pas la nommer, la Fnac. Pleines d’envies car elle veut faire ces preuves pour son nouveau travail, la déception va vite frapper à sa porte. Interdiction de s’assoir lors des séances d’étiquetage, pas de partage, surcharge de travail, pas de respect…. un contexte qui au bout d’un moment ronge le moral. De plus, ce dernier plonge quand les collègues démissionnent ou sont en arrêt maladie.

Qu’elles sont les alternatives pour s’en sortir? pour aller mieux? Surtout que son véritable rêve est de faire de la bande dessinée. Mais ne serais-ce pas une superbe idée que de raconter sa vie dans un boulot pourri? Est-ce un signe qu’il y a une opportunité à saisir? Une thérapie par le dessin va alors s’opérer pour le bonheur du lecteur. Car Leslie Plée possède un talent certain pour raconter des histoires, d’ailleurs ce n’est pas moins que Pénélope Bagieu qui découvre cette artiste.

Pour avoir travailler à la Fnac, j’ai retrouvé plusieurs choses qui m’étaient familières. En effet, travailler dans une grosse entreprise même si elle en vend aussi des biens culturels n’est pas aussi sympa que l’on peut l’imaginer. Mais sans cela, Leslie Plée n’aurait pas eu d’histoire à nous raconter. Une échappée bien sympa dans le monde d’un travail où l’on oublie que l’être humain n’est pas un robot.

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La page blanche – Pénélope Bagieu et Boulet

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La page blanche
Pénélope Bagieu et Boulet
Editeur : Casterman

Qu’est ce je fais assise sur ce banc sous la pluie? J’ai pleuré? Qui suis-je? Je m’appelle… Zut je devrais le savoir… Bien sûr que je le sais. Mais cela ne me revient pas. Je vais regarder dans le sac à côté de moi. En plus la nuit est entrain de tomber, il fait froid, il faut que je rentre chez moi.

Chez moi?? C’est où déjà? Je prend l’écharpe, je trouve une carte d’identité, la sienne surement, où la mienne plutôt. Eloïse Pinson, 10 rue de Nancy, 75010 Paris. Qu’est ce je fais à Montgallet? Direction chez moi.

Pas de souci pour me souvenir du métro, du comment voyager. Comment rentrer, j’ai oublié le code de l’immeuble et 20 776 possibilités s’offre à moi. Merde. Une vielle sort, ouf, plus qu’à rentrer. Après, il ne restera plus qu’à trouver l’étage et l’appartement. Tiens, un beau gosse à la boîte aux lettres qui se souciait de moi car mon chat miaulait. Super indice, merci. Maintenant, que je suis devant la porte, j’ai la clé, qu’est-ce qui va m’attendre derrière? Mon mari avec sa maîtresse? Un cadavre? Un avis d’expulsion? Pleins de films passent dans ma tête ralentissant considérablement mon envie de rentrer chez moi. Peut-être rien, juste un gros chat en manque de croquette? Le mieux pour savoir, reste de pénétrer dans ce lieu et par magie ma mémoire reviendra.

L’accueil est chaleureux par un chat qui lui sait qui je suis. Merde. Un tour de l’appart, des docs et autres me donnera des idées…. Non, rien. Le portable sonne, je décroche. « Eloïse?! Mais…. Mais qu’est-ce que tu fous, bon sang?! Tu as trois heures de retard!! » Euh… un travail…. Je suis malade. En cherchant dans la paperasse, je travaille chez Grambert. Chouette, qu’est-ce que je faisais sur ce banc hier? Une histoire de coeur peut-être…. Un détour par le lieu à l’origine de l’oublie et peut-être des indices vont revenir en mémoire. Un sac dans une poubelle, une chemise verte et un jeux sous cellophane. Le temps passe vite, déjà 16h00, faut que j’aille voir le médecin pour arrêt de travail.

Direction le boulot, pourvue que personne ne s’aperçoivent que je ne suis pas comme d’habitude. Sonia va m’aider, vraiment très gentille personne. Des collègues m’invitent à boire un verre. Nous sommes peut-être ami. Pendant la soirée, je me rend compte que non, qu’ils sont vides. Elle, plutôt moi était quelqu’un d’insipide enfin de compte. Elle se cherchait une personnalité. Cela me donne une idée de partir en quête de qui se suis. Les médecins me disent que mon amnésie n’est pas physique, mais psychologique. J’ai du avoir un gros choc. Je pars à la conquête de mon identité, de ma famille.

Aucun souvenir ne refait surface. Aucun papier chez moi ne me donne plus de souvenirs. La maison d’enfance ne m’inspire rien et mes parents sont morts. Qui suis-je??? Je ne suis personne? La dépression me prend en plein fouet. Va falloir se reconstruire. Je peux le faire, je veux. Je ne serai plus elle…. Je deviendrai moi.

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