Journal d’un corps de Daniel Pennac au Théâtre du Rond-Point

redim_proportionnel_photoDaniel Pennac enchante par ces romans et surtout par son talent d’écrivain. Une nouvelle fois, il décide de monter sur scène pour interpréter le personnage de son roman, Journal d’un corps. Dans un décors simple et efficace, l’auteur prend la peau d’un homme qui nous raconte le rapport à son corps.

Daniel Pennac, célèbre pour sa saga Malaussène publiée entre 1985 et 1996 tout comme ces essais sur la lecture (Comme un roman en 1992) et sur l’échec scolaire (Chagrin d’école en 2007) ainsi que ces ouvrages jeunesses : Cabot – Caboche (1982), L’oeil du loup (1984), la série des Kamo (1997-2007) avec dernièrement Ernest et Célestine (2013) nous dévoile un autre pendant de sa personnalité. En 2012, il publie Journal d’un corps qu’il lira au Bouffe du Nord avec à la mise en scène Clara Bauer. En 2014, il revient au Théâtre du Rond-Point dans lequel il avait fait une lecture de Merci avec Jean-Michel Ribes à la mise en scène. Son d’amitié avec Clara Bauer va l’inciter à la garder à la mise en scène. D’ailleurs, ils ont de nouveaux travaillés ensemble pour l’adaptation L’oeil de loup, joué en 2014 à la Maison des Métallos.

Daniel Pennac ne raconte pas sa vie d’homme, il incarne un personnage masculin en lien avec son corps que cela soit dans la découverte de soi, à la sexualité, aux flatulences ou à la décrépitude. Le lien autobiographique est très léger, il s’est inspiré des corps des autres qu’ils soient proche ou non. Le sujet peut paraître étrange mais le corps fait parti du quotidien. Il est un objet de jalousie, convoitise, de jugement… Je me rappelle lorsqu’il évoque le décès d’une personne. Ce qui nous manque d’elle ce n’est pas son humour, son esprit, c’est sa corporalité, sa présence, son odeur, son touchée. J’avais adoré le roman et bien entendu j’ai adoré le spectacle.

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Un grand rideau en toile de fond où apparaît quelques textes et la date ainsi que l’âge où le comédien va raconter son histoire. A gauche de la scène, une table avec du gazon la recouvrant ainsi qu’un bonzaï et à droite juste une chaise. C’est entre ces trois espaces, que Daniel Pennac avec ces airs de Daniel Cohn-Bendit navigue avec naturel et simplicité pour nous narrer la vie d’un jeune garçon à sa mort. Avec douceur et avec cette voie très particulière comme celle d’André Dussollier, l’auteur nous propose un voyage dans le temps avec humour et  sensibilité.

Une magnifique mise en valeur d’un texte riche et subtil et fabuleusement jouer par son auteur avec une talentueuse mise en scène. Alors vive Pennac, vive les mots et vive la vie!

Au théâtre du Rond-Point jusqu’au 5 juillet 2014 à 21h00.