Joséphine – Pénélope Bagieu

41dtD93r+lL4ème de couverture
Joséphine a « la trentaine », comme elle dit pudiquement. Elle n’est pas mariée, n’a pas d’enfant, mais elle a un chat. Elle est blonde et menue, mais s’épaissit sensiblement au niveau des hanches. Elle travaille dans un bureau, avec plein de gens qui ne connaissent pas son nom, et un macho abject dont elle ne parvient pas à clouer le bec. Elle a aussi une sœur qui est mariée, et a des enfants blonds, souriants et polis plein sa grande maison.
Elle a des parents qui n’habitent pas la même ville mais qui réussissent à l’envahir et à la culpabiliser par téléphone. Elle a des copines mais aucune n’arrive à la cheville de Rose, sa meilleure amie, solidaire de ses misères quotidiennes. Elle est terriblement fleur bleue et ne désespère pas de rencontrer l’homme idéal, ce à quoi elle s’emploie activement (bars, salles de gym, clubs d’œnologie, Meetic…). En attendant, elle pleure devant les films à l’eau de rose.Joséphine a des tas de malheurs dont elle est bien souvent à l’origine : elle est maladroite, ne gère pas très bien ses relations professionnelles, peine à se faire entendre, fait des gaffes assez embarrassantes, et enchaîne les faux-pas dans sa vie amoureuse. Elle est en quelque sorte l’artisan de son propre malheur, mais veille à ne surtout jamais tirer de leçons de ce qui lui tombe dessus.

Capture d’écran 2014-10-05 à 11.19.30

 

Vous l’aurez compris en regardant la couverture, Joséphine est une bande dessinée pour les filles, celles proches de la trentaine et qui cherchent l’amour. Bien entendu, si vous n’êtes pas dans ces critères, mesdemoiselles certaines expériences vont forcément vous rappeler quelques choses, alors tentez de vous faire sourire, tentez Pénélope Bagieu.

Pénélope Bagieu a commencé tout doucement sur la toile en racontant sa vie tout à fait passionnante et maintenant il est difficile de passer à côté de cette artiste complète qui est arrivée à faire sa place. L’éditeur Jean-Claude Gawsewitch a cru en son talent et lui a donné la chance de faire sa première bd avec Joséphine, personnage crée pour le magazine Fémina. Car Joséphine, c’est un peu toutes les femmes qui sont devenues tout autre quand la quête de l’amour se fait. Il ni a pas d’âge pour revenir à l’âge mentale de 16 ans avec les boutons. Et que dire de son certain naturel à être un peu maladroite et tête en l’air, qui ne l’est pas un peu.

72211900
Bref, j’ai adoré ce côté frais et naturelle de cette Joséphine qui me prête à rire et à sourire de ses mésaventures et de ces espoirs. Elle en a marre d’être toute seule et d’être jugé d’une part par sa famille et par ces amis. L’Amour, elle le cherche partout et parfois elle le rencontre, mais ce n’est jamais le bon et le vrai. Alors quand la déception arrive, par chance le chocolat, la glace et le vin sont là pour compenser. Le montage avec une histoire par page donne une grande dynamique à la lecture avec des dessins tout en rondeur très sympathique, des couleurs douces et du texte qui fait mouche.

Pénélope Bagieu s’est trouvée une plume car les lectrices sont au rendez-vous. Joséphine a conquise tellement de femmes que l’on peut de nouveau l’a rencontrer dans deux autres tomes. En tout cas, une certitude passer un bon moment de lecture que l’on a envie de partager avec une bonne copine et pourquoi pas autour d’un bon verre de vin.

img_6470_new1

Little Joséphine – Raphaël Sarfati et Valérie Villieu

images-1

Little Joséphine
Raphaël Sarfati et Valérie Villieu
Editeur : La boîte à bulles
Collection : Contre coeur

Le sujet des maladies neurodégénératives reste sensible et peu abordé dans la bd. Raphaël Sarfati et Valérie Villieu mettent en images et en texte l’histoire d’une femme, Joséphine.

On estime à 800 000 personnes en France touché par la maladie d’Alzheimer. Joséphine, est un bout de femme de plus de 80 ans, et son souci, c’est sa mémoire. Elle oublie qui elle est, où elle est et les choses simples du quotidien. Virginie Villieu est infirmière, elle connaît le quotidien de ces personnes et la difficulté de les ancrer dans la réalité.

Avec des collègues, par le biais de l’échange et de l’humour, ils essaient de créer un lien. Cela peut paraître déstabilisant de travailler avec des gens égarés. Il faut trouver un chemin pour accéder à l’autre. Cette approche ne dépend pas que d’eux, puisque d’autres personnes interviennent dans le quotidien comme les aides ménagères. Ces dernières, préparent à manger le midi et soir, mais surveillent assez rarement que la personne mange. Et c’est rarement les même personne qui passent chaque jour.

Le combat reste d’installer un climat global cohérent pour Joséphine. La mise sous tutelle n’aide pas au contraire, puisque ces personnes responsables portent peu d’intérêt aux personnes comme identité propre au lieu d’un numéro de dossier. Puis la maladie progresse vite. Un jour elle part de chez elle. On l’a place à l’hôpital. « J’nai nulle part où aller… faut prévenir mes parents. » La déchéance va débuter, suite à un moment de panique d’une auxiliaire de vie qui contact les urgences médicales. Le médecin l’hospitalise. Elle reste assise sur un fauteuil sur lequel on l’attache dans une chambre froide. Puis on la déplace dans un service de moyen séjour. Beaucoup de changements qui nuisent au fragile équilibre qui auront raison de ce petit bout de femme.

Une magnifique bd rempli de douceur et d’espoir malgré de rudes difficultés. La détresse de ces personnes perdues en elle-même face à un système qui est dépersonnalisé et inhumain. Quelques personnes sortent de ce lot comme Virginie qui a choisi ce métier et qu’il l’aime. Elle apprécie le contact avec ces gens et de devoir trouver la méthode pour créer ce pont pour faire un lien. Un jolie témoignage, magnifiquement raconté.

Feuilleter la bd : DigiBiDi

Prix 
Prix du Jury Œcuménique de la BD 2013

challenge-2