Elisabeth Buffet à l’Apollo Théâtre

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L’Apollo Théâtre, anciennement Le Temple accueille Elisabeth Buffet pour son deuxième spectacle. Une artiste qui ne s’impose aucune barrière pour faire rire son public. Prêt pour un spectacle déluré?

Elisabeth Buffet, femme d’une cinquantaine d’année, physique un peu ingrat, une voie de fumeuse, n’hésite pas à parler de tout. Alors les blagues pipi, popo, bite, vagin et couille que l’on entend plus généralement dans des bouches du genre masculin se loge dans celle de cette humoriste. Alors ici pas de tabou sur les poils entre les jambes, les règles, les pratiques sexuelles, les princes charmants…. Tout est abordé avec simplicité avec une grande maîtrise des mots et de la scène.

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Jarry, qui a fait la mise en scène, y a mis sa pâte avec une grosse pointe de folie qui le caractérise si bien. C’est sans surprise que le spectacle débute avec Elisabeth Buffet qui se déshabille pour travailler son corps autour de la barre de pole danse. D’ailleurs, cette dernière est située en plein milieu de la scène, outil indispensable pour tous le récit qui se situe en grande partie en boîte de nuit. Et oui, Elisabeth cherche un homme pour partager sa vie et écume des boîtes de nuit pour rencontrer des hommes d’occasion en espérant trouver le bon. Avec un humour bien particulier, elle nous raconte sa vie avec des hauts et des bas.

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Alors, si vous avez envie d’une bonne soirée de détente dans la bonne humeur, faîtes un détour par République pour découvrir une femme qui en veut. Une humoriste qui maîtrise aussi bien le sens de la scène que le sens des mots pour le plaisir de nous détendre le temps d’un instant.

Site officiel de l’humoriste

Après 35 ans de joyeux service, Le Quatuor range ces archets dans un Bouquet final

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Il m’était impossible de ne pas aller aux Bouffes Parisiens pour dire adieux à des artistes hors du commun et au talent immense de ceux qui compose Le Quatuor. Leur spectacle Bouquet finalreprend les grands succès de leur carrière avec quelques nouveautés, bref un délice pour les zygomatiques.

En 1980 se crée un ensemble musical humoristique sous le nom du Quatuor. Le groupe est composé de Jean-Claude Camors (violon, composition), Laurent Vercambre (violon), Pierre Ganem (alto) et de Jean-Yves Lacombe (violoncelle et contrebasse). Ces musiciens humoristes exploitent avec une grande aptitude leurs instruments mais leurs capacités sont très larges et n’ont comme frontière que l’imagination. Déjà ils sont multi-instrumentalistes et créent aussi leurs propres instruments. En effet, quand deux instruments s’accouplent (un violon et un tuba), ils ne peuvent que donner naissance à un nouvel instrument qu’il faut apprendre à maîtriser. Cela vous paraît loufoque ? Et bien tant mieux, car c’est cela leur univers. Celui de l’étrange, du fabuleux et du merveilleux. Celui qui redonne des étoiles dans les yeux des adultes car leur âme d’enfants s’est réveillée.

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Musicien, chanteur, dompteur, nageur, jongleur, mimes… tout est bon pour la créativité au service d’un moment de bonheur simple. Ainsi Vive le vent d’hiver rentre par la porte des notes dans L’hiver de Vivaldi, les peignes ou cintres se transforment en archets, on chante une ode à la vache et ils vont même jouer à quatre sur un violoncelle On the Road Again de Canned Heat. 35 ans de créativité où tout peut se croiser, se mélanger pour leur plus grand plaisir mais surtout celui du spectateur. Car c’est 2h de spectacle intense et magnifique où je n’ai fait que de rigoler, rigoler et rigoler jusqu’à avoir mal à la mâchoire. 

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Avec une mise en scène très travaillé, ce magnifique quatuor propose un spectacle inoubliable pour tirer leur révérence. On ne peut qu’être émerveillé par ce talent exceptionnel et ces histoires extraordinaires pour tirer leur dernier Bouquet final.

26 000 bonnes raisons de rire avec 26 000 couverts

117263-5._26000_couverts_ide_al_club_-_co_26000 Le théâtre Monfort a accueilli dernièrement la compagnie 26 000 couverts qui pour une nouvelle fois nous a proposé un spectacle tout en loufoquerie et en rires avec L’Idéal Club. Bienvenue dans un univers très particulier, celui du music-hall des Monty Python à la française.

On peut être surpris que la compagnie pour une fois ne joue pas dans un chapiteau ou dehors dans le parking. Toutefois la salle est aménagée comme un cabaret avec une scène ovale au centre où du public peut s’assoir autour et une scène tout en longueur avec un plateau légèrement surélevé. Avec de chaque côté des rideaux rouges, les portants remplis de costumes et un orchestre rock rétro. La lumière doucement ce tamise et une sorte de M. Loyal prend la parole un peu de façon dépressive. Puis le premier numéro débute, avec trois hommes habillés en combattant d’arts martiaux mais au final, il monte une cheminé pour déposer un grille saucisse électrique autour de quelques bières. Voilà le ton est donné.

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L’univers de cette compagnie est très riche et absurde à souhait. C’est ainsi que l’on peut rencontrer un dompteur de tente Décathlon, des airs trapézistes, des cartons qui tombent amoureux ou pas, des cowboys jouant de la flûte à bec, la compagnie des Rolling Bretzels, les jongleuses de seins… Le spectacle nous montre un sketch fini et en construction autour de la réflexion qu’est qu’un spectacle idéal. Chacun des comédiens humoristes saltimbanques donnent sa version et proposent des numéros drôles ou complétement râtés ou les deux. Ces acteurs savent tout faire aussi bien jouer, jongler, faire de la musique, chanter, mimer, danser… L’impossible n’existe pas tant que cela est au service de l’art.

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On pourrait croire que c’est très naïf et cela l’est par bien des biais mais je ris à gorges et larmes déployées. Oui, c’est simple le trio de deux scies musicales et d’une tronçonneuse, mais efficace à souhait. Tout comme l’indien qui chante et danse puis à un moment ces plumes se renversent. De chaque côté de la scène apparait deux femmes en tenu de tennis qui joue au badminton avec cet homme qui a une tête de volant. Le ventriloque délateur, Raspoutine avec sa marionnette sous exta qui n’a rien à envier à Jeff Panacloc. Je ris certes mais toute la salle rit de bon cœur, de ce moment salvateur où toute la noirceur n’a pas le choix que le droit à l’oublie, juste pour un moment de bien-être commun. Le tout accompagné de fabuleux musiciens jouant aussi bien Johnny Cash ou Tom Waits.

« C’est quoi pour vous l’idéal ? » « Euh… » A cette question métaphysiqu-euh, les comédiens mangent leur stylo et lèvent les yeux en l’air. « Bon, OK, alors ce serait quoi un cabaret idéal ? » relance le metteur en scène du fond de lasalle. « Y’aurait Chopin au piano, Hendricks à la guitare, et je chanterais en grande robe rouge accompagnée par Gainsbourg » lance une comédienne exaltée. « Ce serait un spectacle complètement rock sans aucune psychologie » assure un comédien qui veut en découdre. « Euh… Les spectateurs pourraient manger le décor ? » tente un autre.

L’univers des 26 000 couverts se rapproche de celui des Monty Python forcément mais aussi ceux des Muppet Show, des Deschiens, des Chiches Capons, d’Edouard Baer, de François Rollin… Un monde complétement déjanté, décalé, subversif, improbable, absurde… où l’on vit et rit de bon cœur. Et c’est cela le plus grand trésor de cette compagnie à part, faire rire simplement en oubliant tout. Alors je cris : OUI A L’HUMOUR POTACHE, OUI AU 26 000 COUVERTS.


Ce qu’en dit la presse
Les 26000 couverts présentent l’Idéal Club, création burlesque et inventive en quête du show parfait. [ …] Un cow-boy arrive sur scène et, prenant des poses ridicules, se met à jouer un air à la flûte à bec. Un deuxième homme le rejoint et, chapeau et santiag compris, l’imite. Puis, apparu au beau milieu du public, un troisième s’y met. Et un quatrième, toujours sur le même principe. La situation dure dans les trois minutes. Simplissime, complètement conne et parfaitement hilarante, elle fait partie de ces nombreux moments réjouissants qui constellent l’Idéal Club. […][…] à quelques scories près, chacun ressort conquis par ce cabaret barré, inventif et sensible, qui culmine dans un finale de comédie musicale destiné à devenir un moment d’anthologie. »

Gilles Renault – Libération – 24 juillet 2010

« Un spectacle de music-hall ? Une compagnie qui en rêve et le construit patiemment. Un ensemble bigarré. Des gags totalement hilarants ; la fluidité de la mise en scène, une grande qualité musicale, une efficacité comique dont le corps, épuisé par le rire, témoigne. Un spectacle qui rend heureux. […]

Du beau théâtre à hauteur d’homme, qui rejette la vanité narcissique du créateur, au profit d’un collectif qui rêve et qui s’amuse. »

Jean-Jacques Delfour – Cassandre – automne 2010

« […] On s’en doutait, les 26000 couverts ne renoncent pas à leur style : égratigner, en le déplaçant légèrement façon Tati, le quotidien consensuel et petit-bourgeois, ou s’enfoncer dans l’absurde le plus accompli, à la manière des Monty Python. »

Emmanuelle Bouchez – Télérama – 30 juin 2010

Site internet du Théâtre Monfort
Site de la compagnie 26 000 couverts

Quand le charme est au service du mentalisme. Comment résister ?

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Patrick Jane n’est pas inconnu au succès des mentalistes sur la capitale. Grâce à cela, nous pouvons aller à la rencontre de Giorgio, mental expert au Sentier des Halles. Un homme plein de malice qui sait mettre en scène son talent de « mentaliste » et surtout d’humoriste.

Giorgio est sur scène depuis 8 ans. Après avoir commencé à la Comédie St Michel, puis être passé au théâtre de Dix Heures, il écume depuis 5 ans les planches du Sentier des Halles avec plus de 900 représentations au compteur. Le spectacle a eu le temps d’être rodé et peaufiner dans tous ces aspects. Rien n’est laissé au hasard sur l’installation en scène que cela soit les éléments diffusés où la fameuse boîte en plastique contenant une enveloppe avec des révélations faîtes par moi au fur et à mesure du spectacle.

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Giorgio jouant avec son physique beau gosse, l’annonce on est là pour rire et pour se faire surprendre. Le slogan du spectacle donne le ton : Si vous pensez être trop cartésien pour un show de mentalisme, vous pouvez quand-même venir pour rigoler ! Et en effet, j’ai été surprise et j’ai beaucoup ri. Car sans aucune surprise, j’ai été prise comme participante et les réponses que j’ai donné étaient bien noté sur l’enveloppe restée devant nos yeux pendant tous le spectacle. Je ne sais pas comment il a fait mais c’était très bien exécuté. Tout d’ailleurs est très bien exécuté en prenant toujours le public pour tous ces tours. Il va surprendre avec sa connaissance par cœur d’un annuaire, il va deviner qui possède quelle carte en lisant sur le visage, va dénicher les menteurs… le tout servi avec humour et bonne humeur.

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Georgio utilise son charme et son charisme naturel avec une proximité avec le public très bien maîtrisée. A la fois mentaliste, humoriste et magicien, il propose un spectacle divertissant, surprenant et drôle. Alors si vous avez envie de passer une bonne soirée, vous savez où aller.

Extrait du spectacle de Giorgio, expert mentaliste

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Le mentaliste de la télé est plus beau que Giorgio.

En revanche, lui est beaucoup plus accessible.

Rares sont les mentalistes qui ne se prennent pas au sérieux.

Or, Giorgio (oui, je parle à la 3ème personne),

Ne vous retournera la tête qu’entre deux blagues.

Désormais, vous pourrez être bluffé tout en vous amusant.

A présent, tentons une petite expérience ensemble:

Concentrez-vous sur un signe. Pour vous aider, je vous propose le rond ou le carré. Choisissez la forme qui vous parle le plus.

Résultats:

Si vous avez choisi le rond: c’est que j’ai réussi a vous influencer! Comment? Lisez de haut en bas les premières lettres du premier paragraphe…

Si vous avez choisi le carré: c’est que vous êtes relou! Recommencez le test et choisissez le rond cette fois!

Si vous avez choisi le triangle: c’est que vous êtes ivre. Ne prenez pas le volant pour venir voir le spectacle!

Site du Sentier des Halles

Site officiel de l’artiste

Chaîne Youtube

Découvrir plus la série Le Mentaliste

Dans le même style, vous pouvez aller voir Fabien Olicard

Les élans ne sont pas toujours des animaux faciles – Théâtre Michel

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L’hiver arrive à grande vitesse avec le froid à vous glacer les oreilles. Alors pour se réchauffer et travailler les zygomatiques, rien de tel qu’un voyage en absurdie au Théâtre Michel pour aller à la rencontre des élans, même si ce ne sont pas toujours des animaux faciles.

Sur la scène à peine éclairé on peut découvrir trois espaces bien définis. Un piano à droite, un fauteuil en cuir noir accompagné d’une grande lampe et d’une petite table et à gauche un siège haut, type bar et un petit meuble en bois. Le point commun entre ces trois lieux ? Des bouteilles d’alcool pleines et vides éparpillés. Importants ces bouteilles, car c’est autour de verres que trois comédiens, musiciens et chanteurs vont nous emmener dans un univers où les jeux de mots côtoient avec talent la musique.

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Jean-Edouard : Ça vous intéresse un bout d’arc-en-ciel ? 

Benoît Urbain, Emmanuel Quatra et Pascal Neyron vont nous raconter des souvenirs, des histoires et des anecdotes qui ont en commun une pointe d’étrangeté. Ainsi on va découvrir qu’un des garçons qui est amoureux d’une femme habitant son immeuble, va être contrarié car la belle n’aime pas les jeux fléchés que lui adore. Ou un autre qui va draguer une femme sublime qui va tomber sous son charme, mais pas de chance c’est une femme d’un côté et un homme de l’autre ou encore une rencontre improbable avec Verlaine mais faut-il en parler en Rimbaud ?

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Bien entendu les histoires sont farfelues, mais se sont ces dernières qui souvent les plus drôles et souvent les plus touchantes. Le tout accompagné par des intermèdes chantés et ainsi on entend du Gershwin, du Nougaro, du Trenet… avec des vrais et faux instruments. Véritable coup de cœur pour la contrevalise et son son presque unique. Il serait dommage d’oublier aussi de parler de leur tenu qui donne un charme crooner. Les trois hommes vêtus de costumes noirs portent avec élégance une chemise de couleur différente assortie aux chaussettes. La classe…

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Dans un univers poétique et loufoque, les rires et les sourires sont présents durant l’intégralité du spectacle. Le public qui m’entoure est tout autant ravi que moi car nous avons eu le droit à trois rappels et quelques blagues élantesques. Alors si vous voulez brillez de satisfaction au sortir d’un spectacle, courrez voir ce bijou d’écriture et d’interprétation.

Plus d’infos au Théâtre Michel

Ce qu’en dit la presse
Le Parisien : « on rit, on swingue »
Figaroscope : « Avec ce trio de choc, le soleil luit même en pleine nuit. »
Libération: »les sketches déjantés de Laurent Serrano ne manquent pas de swing ! »
Web Théâtre : »Comique à froid et musique à chaud, c’est le secret d’un cabaret parfait »
Télérama: « Délicieux »
Les échos : « Les Elans de rêve », « beau répertoire enfoui, qui rendent ce spectacle très séduisant »
Le Monde : « Simple et féérique »
Direct Matin : « ils créent un univers très farfelu »
A nous Paris : « on ne peut que saluer une proposition artistique dont les enjeux consistent à subvertir les codes et à ré-enchanter le quotidien »
L’Express : « Délicatement absurde. Un régal ! »
La Croix : « Un spectacle très séduisant. »
JDD : « Avec ces drôles d’élans, ça balance et ça emballe ! »

Les chansons
Chanson d’automne (P. Verlaine /Ch. Trenet)
They can’t take that (I. et G. Gershwin)
Yellow Train (B. Urbain)
Home At Last (St. Dan)
The Girl Next Door (R. Blane et M. Hugh)
Extraterrum (B. Urbain)
I Wonder Why (M. Anderson et R. Weeks)
Anne-Laure Song (B. Urbain)
Summertime Blues (E. Cochran)
Une bouteille à la mer (Cl. Nougaro et M. Vander)

Lien vers le dossier de presse réalisé par le Lucernaire

Broderies – Marjane Satrapi

broderiesTitre : Broderies
Auteure et dessinatrice : Marjane Satrapi
Collection : Côtelette
Parution : Mars 2003

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4ème de couverture

Toujours dans l’esprit du très célèbre Persepolis, Marjane Satrapi s’invite dans la collection « Côtelette » pour offrir à ses plus fidèles lecteurs des petits instants de vie d’hommes et de femmes iraniens. Entre les fêtes de famille et les repas traditionnels, rien de tel qu’une petite histoire croustillante ! Un régal.

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Marjane Satrapi s’est fait connaître du grand public en 2007 avec son dessin animé, Persepolis, adapté de sa bd qui a fait un raz-de-marée médiatique. Alors c’est avec délice, que je relis cette bd très féminine qui casse les codes de la bd classique.

Les casses avec des bulles, c’est dépassé. La maison d’édition l’Association veut proposer des artistes en leur laissant toute la liberté de créer et de s’exprimer sans limite et sans apriori. Alors des auteurs comme Marjane Satrapi profite de cette totale autonomie pour proposer des oeuvres surprenantes et envoutantes comme Broderies. L’inspiration se trouve au coeur de son histoire personnelle, de sa famille et de son pays d’origine, l’Iran.

Et pourquoi c’est le femmes qui doivent être vierges? Pourquoi souffrir le martyre pour satisfaire un connard? Car l’homme qui demande « la virginité » à une femme n’est autre qu’un connard! Pourquoi on ne fait pas comme les occidentaux !? Chez eux, comme le problème de sexe est résolu, ils peuvent penser à autre chose! C’est pour cela qu’ils progressent. 

C’est ainsi que l’on retrouve Marjane chez sa grand-mère entourée de femmes de la famille et d’amies les voiles laissés à l’entrée. Une bonne réunion pour ventiler le coeur autour d’un bon thé. Ainsi avec légèreté et humour, les femmes parlent avec liberté de l’amour, du mariage choisi et imposé par la famille, de l’amitié, de sexe, de place dans la société…. Les langues se délient et les sujets sensibles apparaissent comme le fait d’être vierge pour le mariage, le fait de devoir se recoudre pour l’honneur des hommes, la difficulté de se remarier après un divorce ou un deuil bref de l’ensemble de ses lois dictées par des hommes et leur égo.

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Avec une légèreté de ton et de structure, Marjane Satrapi nous livre un témoignage touchant et drôle de femmes authentiques, brimés et fortes à la fois. Les sourires apparaissent souvent et cette lecture se fait avec délice. Une bd réalisée par une femme, sur des femmes qui ravira les lectrices femmes j’en suis persuadée. Toutefois, il ne faut pas limiter le lectorat car c’est bien aussi de montrer aux hommes l’autre côté de l’oppression, de l’absurdité de l’idée de la supériorité de l’homme sur la femme que le prétexte soit religieux ou non. Les personnages sont attachants surtout la grand-mère de Marjane qui veut ce qu’elle veut tout comme sa mère. Des femmes de caractères qui veulent de l’égalité et de la liberté pour tous et surtout toutes.

C’était parfait…vous vous rendez compte ? Les chemises sales, ses caleçons dégueulasses, son repassage quotidien, sa mauvaise haleine, ses crises d’hémorroïdes ses grippes, sans parler de sa mauvaise humeur … et ses caprices… et bien tout ça, c’est pour son épouse.
Quand un homme marié vient voir sa maîtresse…il est toujours blanchi et repassé, il a les dents qui brillent, son haleine, on dirait du parfum, il est de bonne humeur, il a de la conversation, il vous dit : vous êtes belle et intelligente…avec vous, je ne m’ennuie jamais…vous êtes extraordinaire, une perle rare…il est là pour passer du bon temps avec vous.

Une bande dessinée qui me donne très envie de poursuivre ma découverte de Marjane Satrapi. Son style léger, tout en noir et blanc, avec une plume acerbe et douce à la fois. Comment résister à la liberté de penser, de rire, de dessiner? Je ne peux pas, alors vive les femmes, vive l’égalité et vive la bd.

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Du bruit dans l’art ! – Andy Guérif et Edouard Manceau

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Ça chuchote, ça clapote, ça beugle, ça ronfle, ça sonne… On ne
s’entend plus ici ! Après Le Code de l’art et 1 et 1 font 3, Andy Guérif fait un retour tonitruant avec Du Bruit dans l’art, un ouvrage surprenant où onomatopées et oeuvres se répondent en un joyeux capharnaüm qui ravira les lecteurs de tous âges. Étonnante boîte à bruits, ce livre met en résonance 30 oeuvres d’art et 30 bruits. Une approche aussi impertinente que drôle… Chut ! Apprenez à écouter les oeuvres.

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Aller à la rencontre de l’Art peut parfois créer des appréhensions sur l’incompréhension de ce que l’on peut voir. Andy Guérif et Edouard Manceau chez Palette décide de présenter l’art avec humour et dérision, ce qui met tout de suite à l’aise. Prêt pour aventure visuelle?

L’oeuvre, qu’importe l’année de réalisation, se confronte à une onomatopée qui lui correspond. Ainsi le livre débute, sur une double page, avec à droit sur fond jaune le mot Bang avec en face l’oeuvre de Damian Ortega de 2007, Controller of the Universe. Puis cela s’enchaîne avec le HAAAAA pour bien entendu, Le Cri d’Edvard Munch de 1893. Puis les sons s’enchaînent en passant par OUIIINN, AAA…Tchoum, GUILI-GUILI ou Chut…. Avec en face, des peintures, gravures, objets… de Gustave Doré, Fontana, Dubuffet, Magritte, Basquiat…qui prennent un autre sens et qui fait bien rire.

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J’ai beaucoup aimé les deux hommes qui rient de Yue Min Jun avec Free and at Leisure 12 avec le mot en face Prout ou la fameuse peinture avec une femme qui se pince le téton de l’autre avec en fond une femme faisant de la couture (Gabrielle d’Estrées et une de ses soeurs) de l’Ecole de Fontainebleau avec en mot Pouët Pouët. Et dans un style plus sobre, deux portraits (un homme et une femme) (Tommaso di Folco Portinari) du 15ème de Hans Memling qui sont en prières avec les mots Clap clap clap.

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Un voyage tout en rire et sourire à travers l’histoire de l’art en trente oeuvres. Il est drôle de voir qu’un simple petit mot peut changer le regard d’une oeuvre et le fait qu’elle puisse rester de façon plus pérenne dans la mémoire. Alors n’hésitez pas à faire du Bruit dans l’Art.

Peut-on rire de tout? – Philippe Geluck

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Peut-on rire… du physique des gens, du malheur des autres, des pauvres, des riches, des vieux, des jeunes, des arabes, des juifs, des politiques, des autres, de soi-même, du Pape, de Dieu… ? A cette question, aussi longue que délicate, Philippe Geluck répond « oui », un grand « oui » qui se décline en nuances, en éclats de rire, en commentaires révoltés ou en exemples personnels. Le créateur du Chat évoque tous ces sujets « tabous », ces sujets qui « ne prêtent pas à rire » avec son ton, son impertinence, son envie toujours plus grande de rire des autres et de lui-même. Dans ce livre, Philippe Geluck interpelle le lecteur, l’invite à rire, à trouver par le rire la bonne distance, un regard neuf, à se méfier de ce qui « ne se fait pas », de ce qui « ne se dit pas » ou du politiquement correct.

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Philippe Geluck décide après sa série Le Chat de se mettre au l’écriture d’un livre avec un titre assez accrocheur : Peut-on rire de tout? Desproges disait que oui mais pas avec n’importe qui. Ce livre permet-il de rire de Dieu, des riches, des vieux, des cathos…?

Geluck en écrivant ce livre voulait se rapprocher de ces maîtres d’humour que sont Cavanna, Siné, Choron ou Gébé en s’interrogeant sur quoi pouvons-nous rire. La question pourrait paraître simple mais tout ne fait pas rire tous le monde. Alors l’humoriste propose des thèmes de moquerie qui oscillent entre religions, origines, croyances, sexes et âges qui composent des chapitres comme Peut-on rire des femmes? Peut-on rire des étrangers? ou Peut-on rire des catholiques?

Je trouvais l’idée assez originale et je m’attendais à ce que l’on peut trouver dans la bd du Chat mais voilà, ce n’est pas tout dans le même ton. Je me suis forcée à le lire par question et je me demandais quand cela allait quitter le facile ou le vulgaire. Et bien jamais, j’avais une pointe d’espoir en tournant les pages qui n’a jamais été satisfaite. Un point positif quand même, j’ai trouvé sympathique qu’il s’approprie la table des matières avec des commentaires.

Je reprend le titre à mon compte et confirme que oui, tout comme l’affirme l’auteur dans le livre, on peut rire de tout. Mais manifestement pas n’importe comment et là la déception de Geluck est véritable. Lire ce livre ne m’a pas fait rire du tout.

Coup de théâtre(s) à la Gaîté Montparnasse

vz-8EF70BCD-A089-4107-BD03-41C1B073F633Vous pensiez que jamais il n’était possible qu’Arlequin devienne le compagnon d’Ulysse, que Cyrano de Bergerac vivrait dans La Cerisaie avec Roxane ou que Pantalon suite à un doux maléfice se transforme en Hamlet. Et bien un voyage épique et surprenant à travers le théâtre et la littérature nous est proposé à la Gaité Montparnasse jusqu’au 24 septembre.

La loufoquerie en apparence souligne l’ingéniosité du texte. Vous n’avez aucune culture théâtre et livresque? Pas de souci ce spectacle est à plusieurs niveaux de lectures. Alors si le nom de Feydeau ne vous parle pas plus qu’Edmond Rostand pas de souci. Le plaisir du voyage dans le temps et l’espace est garanti.

Sébastien Azzopardi et Sacha Danino après le succès du Tour du monde en 80 jours et de Mission Florimont réitèrent avec un spectacle mélangeant histoire et humour avec Coup de théâtre(s). Ici aucun interdit et pas de limite. Alors sans surprise burlesque, absurde, non-sens, anachronisme, référence politique, littéraire, jeux de mots se côtoient pour notre plus grand plaisir. « On ne fait pas d’Hamlet sans casser des œufs. »

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Ulysse, roi d’Ithaque doit repartir pour une nouvelle odyssée. La Quenouille a été volé et pour la rechercher il va devoir voyager dans le temps. Pour cela, il va devoir quitter de nouveau sa belle Pénélope et son fils. A peine embarquer sur son navire, il arrive en Italie à la recherche de Pantalon. Il va rencontrer Arlequin masqué, bienvenue dans la comedia dell’arte. Puis la poursuite se fait dans une forêt shakespearienne où l’on rencontre Puck, l’âne, Juliette et Hamlet. Mais voilà, la Quenouille va arriver dans les mains de Cyrano de Bergerac tout en passant par Feydeau, Molière et Tchekhov.

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Difficile de tout raconter tellement le spectacle est riche et créatif. Le rire est toujours présent. J’ai adoré les références aux différents spectacles des grands auteurs dans des phrases comme Monsieur Chasse ou le Misantrope tout en faisant entrer des personnages comme les filles dans Les précieuses ridicules. Les décors et les costumes simples en apparence permettent de se figer dans les périodes théâtrales tout comme les comportements. Ainsi notre ami Arlequin avec son masque pratique la comédie de gestes et dans les pièces de Feydeau la comédie de situation. Tous les codes sont respectés jusqu’à ceux des comédies musicales de Broadway.

Alors si vous avez envie de prendre une bonne tranche de rire, je ne peux que conseiller d’aller directement à la Gaité Montparnasse. Sept comédiens bourrés de talent changent de costumes tout comme de personnages à la vitesse de l’éclair pour proposer un voyage dans le temps surprenant et hilarant.

Lien vers le théâtre