Ganesh versus the Third Reich – La Villette

480x,5065,Ganesh_480x240 Ganesh versus the Third Reich, un titre étrange à l’image du spectacle présenté. Un dieu indien part en quête du svastika, symbole volé et modifié par les nazis.

Dans une petite jauge, le public s’installe. Sur scène, un revêtement noir au sol, deux tables blanches, huit chaises noires et deux portes vêtements. Les acteurs arrivent et un spectacle dans un spectacle débute en toute simplicité. Une compagnie décide de monter un spectacle parlant du dieu hindou à la tête d’éléphant, Ganesh, dieu qui lève les obstacles des illusions et de l’ignorance. De son voyage en Allemagne pour reprendre le symbole de l’éternité, le svastika détourné par le national socialisme allemand qui l’a transformé en croix gammée.

330x,7167-GANESH-259Une partie de l’histoire se déroule pendant la seconde guerre mondial, où l’on aborde les essais médicaux du docteur Megele sur les handicapés mentaux et physique, la torture, la mort, la haine. Et l’autre partie, les acteurs qui préparent le spectacle avec leurs coups de gueule, leurs envies… Un mélange surprenant un légèrement déroutant. Le décors, qui pourrait paraître simple, puisque l’on part dans l’aventure de Ganesh grâce à des grandes toiles en plastiques peintes qui nous projette dans un ailleurs où les comédiens deviennent des marionnettes d’ombre. A chaque toile tiré, une musique retentit et nous plonge dans une situation et provoque en nous des émotions en plus du spectacle en lui même.

Le spectacle m’a dérouté, en plus qu’il soit en anglais et que je sois monolingue. Des acteurs handicapés, où leur handicap avait un sens en plus du spectacle et du contexte. Une vision assez originale et bien amené de reparler de cette noire période de l’histoire, surtout lorsqu’on voit la monter de l’extrémisme partout dans le monde. Il est bien de rappeler de temps en temps, qu’il faut peu de chose pour cela se reproduise encore. Déroutant, dérangeant et étrange, voilà comment je présenterai le spectacle.
La rencontre avec les comédiens à la suite de la représentation m’a permis de mieux appréhender la construction de ce spectacle.

330x,7165-GANESH-156Vous voulez être surpris? vous voulez voir autre chose que ce vous voyez d’habitude, alors là, vous ne serez pas déçu.

Lien vers la compagnie Back to back theatre : backtobacktheatre.com/projects/show/ganesh-versus-the-third-reich/

Inconnu à cette adresse – Kressmann Taylor

imgresInconnu à cette adresse
Auteure : Kressmann Taylor
Editeur : Le livre de poche

Katherin Kressmann Taylor publie pour la première fois son roman dans Story Magazine en 1938 au Etats-Unis, et le succès a été au rendez-vous, à tel point que tous les exemplaires du journal ont été épuisés. Sous forme d’une correspondance épistolaire fictive du 12 novembre au 3 mars 1934, entre deux amis, Martin Schulse, 49 ans, père de trois enfants et Max Eisenstein, 50 ans, une soeur, américain ayant fait ces études en Allemagne. Ils sont associés dans une galerie, la Galerie Schulse-Eisenstein, d’art à San Francisco.

Martin décide de retourner dans son pays qui est censé avoir une situation plus stable, suite à 1929. Les deux amis souhaitent garder le contact par un échange de lettres. « Il existe un havre où l’on peut toujours savourer une relation authentique : le coin du feu chez un ami auprès duquel on peut se défaire de ses petites vanités et trouver chaleur et compréhension. » On découvre la passation de pouvoir d’Hindenburg à Hitler et la monter du nazisme par conséquence. Les violences faîtes aux juifs et la restriction des libertés se fait sentir à chaque échange. « Franchement, Max, je crois qu’à nombre d’égards, Hitler est bon pour l’Allemagne, mais je n’en suis pas sûr; […] il possède une force que seul peut avoir un grand orateur doublé d’un fanatique. Mais je m’interroge : est-il complètement sain d’esprit ? » En 1933, il renie son amitié avec Max à cause de ces origines juives. « Nous sommes tous embarqués dans la même galère. Nous sommes futiles et malhonnêtes parce que nous devons triompher de personnes futiles et malhonnêtes. »Leur correspondance reste seulement financière suite à leur entreprise commune. « Maintenant je dois te demander de ne plus m’écrire. Chaque mot qui arrive dans cette maison est désormais censuré, et je me demande dans combien de temps, à la banque, ils se mettront à ouvrir le courrier. Je ne veux plus rien avoir à faire avec les juifs, mis à part les virements bancaires et leurs reçus« . Toutefois, Max contacte plusieurs fois son ancien frère de coeur, car sa soeur Griselle, veut partir en concert à Berlin. Il lui demande de prendre soin d’elle. La réponse au bout de trois courriers, se fait directe et très distante. Il lui annonce que sa soeur s’est faîtes tuer par les SA. Sa vengeance se fait sinueusement par des lettres, tout en sachant que ces dernières étaient par lu par la censure. Max sous entend par des pseudos commandes de tableaux que son ami aide l’ennemi. Il fait référence à Picasso, peintre détester du Reich. Jusqu’au jour où il reçoit son courrier avec noté dessus « Inconnu à cette adresse ».

Un petit roman qui se dévore et qui dresse un tableau de cette Allemagne en pleine mutation. Un pays qui a besoin d’espoir et de changements. Hitler arrive au pouvoir légalement et justifie la haine du juif pour sauver un pays. Personne ne bouge, tous le monde soutient. A travers les échanges de lettres, on sent la modification de la perception de la réalité et de la société. Ce qui est dommage c’est sa brièveté.

Un livre a mettre entre toutes les mains, surtout dès le plus jeune âge.

Cinéma
Le film a été adapté en 1944 par William Cameron Menzies.

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Maus d’Art Spiegelman

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