Waterloo & Trafalgar – Olivier Tallec

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Un jeu de découpes pour une histoire sans paroles (mais avec un oiseau).

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Sur la couverture un petit rond en haut à gauche avec un petit homme bleu sur fond orange puis en bas à droite, un petit rond avec un petit homme orange dans un fond bleu. Les deux hommes une lunette à l’oeil nous observe où s’observe car le titre Waterloo et Trafalgar n’est pas sans rappeler des anciens cours d’Histoire.

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L’histoire débute par un soldat orange qui fait des exercices pour s’échauffer le corps puis vient regarder à sa lunette ce qu’il y a de l’autre côté du mur qu’il garde. Il voit que l’homme bleu l’observe également dans une lunette. Beaucoup d’animosité règne entre eux et parfois quelques petites intercations vont empirer la situation. Comme cette escargot qui part du côté orange vers le côté bleu. Le pauvre petit va se faire dévorer. Car le bleu c’est le français contre l’anglais. Trafalgar et Waterloo, deux défaites et deux victoires, la balle au centre. Une paix qui va se faire grâce à un oiseau qui va poudre un oeuf qui va vite se fendiller. Et là va apparaître un oisillons mi-bleu, mi-orange qui va réunir les deux hommes.

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1216-Rubin-articleLargeOlivier Tallec nous présente dans un ouvrage en bichromie et sans texte une histoire sur l’absurdité de la guerre avec simplicité et ingéniosité. Les mots sont inutiles car le dessin et le message sont limpides ce qui peut provoquer une discussion intergénérationnelle où une réflexion personnelle. Le tout s’accompagne d’un découpage des images très bien pensé. Et cela va aller jusqu’à jouer avec les pages car sur une des dernières pages est coupée en trois parties et selon comment on tourne les pages l’histoire évolue. Tout y pensé avec beaucoup d’imagination et de de talent qui ne peux laisser aucun lecteur insensible.

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Waterloo et Trafalgar est un ouvrage à mettre entre toutes les mains aussi bien pour sa beauté esthétique, que son histoire que le dialogue qu’il peut engendrer. Une certitude également, Olivier Tallec est un artiste à suivre car cela sent la graine de talent.

Sacrés américains! Nous, les Yankees, on est comme ça

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Et puis, le président doit aussi penser à récompenser ceux qui ont « aidé » sa campagne (et payé tous ses spots publicitaires) : se sont ces fameux lobbys, ceux qui parlent, au choix, au nom des banquiers, des fanatiques du port d’armes, des anti-IVG, des géants de l’industrie pharmaceutique, des patrons du Big Business, des marchands de canons et autres amoureux du processus démocratique. 
Sans ces gars-là, nos élections ne seraient qu’un grand débat d’idées, à la française. Dieu nous en préserve. 

Les Etats-Unis totalisent à eux seuls 43% des dépenses militaires de la planète, et les 1 400 dollars dépensés par tête d’habitant par nos armées expliquent bien des aspects de la société américaine : deux semaines de vacances par an, pas de Sécu, et de nombreux laissés-pour-compte. Tout cela pour s’offrir une belle machine de guerre. 

Reste que la pus belle victoire de notre etablishment militaire est de réussir à faire croire au public américain qu’il n’a jamais perdu de guerre. L’épisode de la guerre de 1812 où les Britanniques ont tout de même réussi à brûler notre Maison Blanche? Zappée des manuels d’histoire. La Corée et le Viêt-nam? Des matchs nuls, joués à l’extérieur, donc une performance honorable! Et chacun d’oublier le « génie » militaire du général Westmoreland responsable de la perte de 55 000 GI face à un adversaire qui n’avait ni hélicoptère ni porte-avions.

« On s’est gouré en tirant sur eux, on a même tué le grand-père, et malgré cela il nous adorent », s’était félicité le sergent de l’unité, qui a donné l’ordre à ses hommes d’aider à enterrer la victime sur place. Cet officier n’avait évidemment rien compris : les survivants, terrorisés à la vue de ces hommes surarmés et faisant feu à volonté sur des civils, les imploraient simplement de les épargner. On est loin d’une quelconque reconnaissance pour le libérateur. 

Selon David Cay Johnson, auteur d’un livre sur la fiscalité aux Etats-Unis, en 1999, le revenu des 1% les plus fortunés égalait – après impôts ) celui des 100 millions de leurs concitoyens les moins payés. En 1980, un PDG américain gagnait 40 fois le revenu d’un salarié moyen. Depuis 2000, l’écart est monté à 400. Les gros revenus totalisent 210% du revenu moyen (par rapport à 150% en France).

Si je mourrais après avoir ingurgité un steak bien rouge, ma famille pourrait attaquer en justice le restaurant et sa compagnie d’assurances, gagnant ainsi des millions de dollars. Ainsi vont les choses en Amérique. 

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Après Sacrés Français !, son impertinent best-seller, Ted Stanger récidive. À l’issue de dix années passées en France, notre Yankee parisien est retourné chez lui, dans l’Ohio, et nous livre ses impressions sur une Amérique qu’il ne reconnaît plus. Abordant des thèmes graves ou légers illustrés par de nombreuses anecdotes, il brosse, sur le ton ironique et distancié qui le caractérise, le portrait de l’Amérique profonde. Ted Stanger décrypte avec humour le système électoral diaboliquement complexe de ce pays où les lois changent d’un État à l’autre. Il raconte la patrie du dieu dollar et des fous de Dieu ; le sexe à l’américaine où puritanisme et sexualité débridée se côtoient allègrement ; l’apocalypse gastronomique qui sévit au pays du fast-food et nous menace déjà…
Anti-américain ou pro-américain, chacun se régalera à la lecture de ce livre qui nous permet de mieux comprendre le nouvel Empire.

Ted Stanger, journaliste d’origine américaine à voyager et vécu dans beaucoup de pays dans le monde. Il est resté quelques temps en France avant de retourner dans son pays natal. Son retour, était pour lui l’occasion de rédiger un ouvrage sur ces homologues à l’attention de nous les petits français. Une rivalité nous opposé ainsi qu’un océan.

Il nous présente un portrait loin de l’image véhiculée par la multitude de films et séries que nous pouvons voir. Et certains clichés restent exactes comme par exemple que les américains ne sont pas très cultivés, qu’ils sont nuls en géographie, qu’ils ne pratiquent pas beaucoup de langues étrangères. J’ai été surprise par beaucoup d’informations qui m’a conforté dans certains choix de vie en France.

Par exemple, les élections se déroulent un mardi, un jour où beaucoup de gens travaillent. Personne ne pose une journée pour aller voter, le patriotisme ne va pas si loin. Mais chaque état qui vote pour un grand électeur qui va élire un président  possède un bulletin de vote différent car de nombreuses informations sont demandés. En effet, on ne vote pas seulement pour un grand électeur, mais aussi pour son shérif, le sénateur, le maire, le médecin légiste…. Ainsi pour une vingtaine de personnes ce qui ne facilite pas le comptage des votes qui sont toujours inexacte. Un système complexe qui favorise les manipulations des deux côtés. Deux, car aux Etats-Unis il n’existe que deux gros partis politiques.

Les américains adorent leur voiture même si elle consomme 30l/100, la marche n’est pas leur sport favori, tout faire dans leur voiture, porter plainte pour tout et n’importe quoi, Dieu qui est présent aussi bien au tribunal, à l’école ou sur la monnaie tout en étant un pays laïque, les stéroïdes, le football américain même si il ne se passe jamais grand chose….

Bref, un pays avec de nombreuses particularités qui l’a rend aussi à part des autres, même si elle tend à étendre son mode de vie via le cinéma et les séries. Cela ne m’a pas dissuadé pour autant de pas aller là-bas même si les français ne sont pas trop apprécié. Sacré guerre du golf. Je suis persuadée de vivre un vrai choc culturel surtout si en plus je visite plusieurs états.

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Les Fourmis – Boris Vian

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Boris Vian
Editeur : Le livre de poche
Nombre de pages : 219

Avec Valentyne et L’oeil qui fume, nous avons décidé de faire une lecture commune du recueil de nouvelles Les fourmis de Boris Vian. On retrouve dans cet ouvrage onze nouvelles de jeunesse publié par l’auteur en 1949.

La première nouvelle « Les fourmis » débute ainsi « On est arrivé ce matin et on n’a pas été bien reçus, car il n’y avait personne sur la plage que des tas de types morts ou des tas de morceaux de types, de tanks et de camions démolis. Il venait des balles d’un peu partout et je n’aime pas ce désordre pour le plaisir. » Le ton d’écriture est donné. Le souci c’est que je n’ai pas du tout accroché. Et cette fin, « Je n’ai gardé que mon carnet et mon crayon. Je vais les lancer avant de changer de jambe et il faut absolument que je le fasse parce que j’en ai assez de la guerre et parce qu’il me vient des fourmis. » Pff.

Bon, je reste positive, peut-être que la nouvelle qui suit sera mieux, elle se nomme Les bons élèves. « Lune et Paton descendirent l’escalier de l’Ecole des Fliques. Ils sortaient du cours d’Anatomie contribuable et s’apprêtaient à déjeuner avant de reprendre leur stage devant l’immeuble du Parti Conformiste dont les vilains énergumènes venaient de briser les vitrines avec des bâtons noueux. » La mauvaise impression reste pareil. Je me force à lire avec une profonde déception de ce qui m’attends. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas trouvé un livre que je n’aimais pas du tout lire, où chaque page me demande un effort.

Pour la première fois de ma vie, j’ai sauté des pages, tellement que j’en avais raz le bol. Le soulagement arrive enfin quand la dernier nouvelle débute, j’ai pensé trop vite. « A dix-huit kilomètres de l’après-midi, c’est-à-dire neuf minutes avant que l’horloge sonne douze coups, puisqu’il faisait du cent vingt à l’heure et ceci dans une voiture automobile, Phaéton Bougre s’arrêta sur le bord de la route ombreuse, obéissant à l’appel d’un pouce braqué vers l’avant et que prolongeait un corps prometteur. » Le ton était encore indiqué et l’exaspération à son comble encore. J’ai sauté des pages, je ne me voyais pas faire autrement avant d’avoir un mal de crâne impossible à soigner sans une bonne dose d’anti-douleur.

Une lecture très fastidieuse qui m’a permis de le classer comme le pire livre que j’ai lu depuis le début de l’année.

L’avis de la Jument Verte

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Matin Brun – Franck Pavloff

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Matin Brun
Auteur : Franck Pavloff
Edition : Cheyne

Après la lecture d’Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor, j’ai repensé à ce livre qui était dans ma bibliothèque et que je n’avais pas lu depuis très longtemps. Une fois fini le roman épistolaire, hop je monte les marches et attrape l’ouvrage.

L’histoire m’avait tellement touché que j’en ai acheté plusieurs pour mes amis, et à 1€, je pouvais me le permettre. Je m’installe dans le canapé, un bon thé Fleurs de Geisha à porté de main, une couverture pour rester au chaud. « Les jambes allongés au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. » Voici la première phrase de ce court roman.

Le sujet pourrait paraître trop simple, des amis doivent faire euthanasier leurs animaux de compagnie : un chien et un chat car ils ne sont pas de la bonne couleur. L’Etat a décidé que seul les animaux bruns sont autorisés. Les amis sont attristés par la mort de leurs compagnons et on en acheté des nouveaux et bruns. Mais un soir, le copain de Charlie est arrêté par la police, lui a eu le temps de fuir. Pourquoi? Il a eu un animal qui n’était pas brun. Toutes personnes ayant des animaux non bruns seront arrêtés  et par la suite cela sera le tour de leur famille sur le système de la délation. « On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j’arrive. »

Le choix de la couleur brune n’est pas innocente, cela fait référence aux chemises brunes, nom donné aux SA. C’est un parallèle à la situation de l’Allemagne avant et pendant la seconde guerre mondiale. Pas besoin d’écriture 300 pages pour être percutant et saisissant. Une petite nouvelle à mettre entre toutes les mains, comme les enfants et en discuter avec eux.

Ecouter le livre en ligne : www.litteratureaudio.com

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