La côte 400 – Sophie Divry

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Etre bibliothécaire n’a rien de valorisant, je vous le dis : c’est proche de la condition d’ouvrier. Moi, je suis une taylorisée de la culture.

Comme il était américain, vous connaissez le sens pratique, Dewey a lancé une entreprise de menuiserie pour fabriquer des meubles adaptés aux bibliothèques, la Library Bureau Company. Excusez mon anglais. Son entreprise existe toujours. Ca, c’est très américain. Ils vendent des meubles de qualité. Ils en ont quelques-un à Beaubourg.

C’est ainsi : les guerres tuent toujours les fils et jamais les pères qui les ont décidées.

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4ème de couverture
Elle rêve d’être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification de Dewey et à l’ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et la voilà qui remet ses bijoux. Bienvenue dans les névroses d’une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, flâneurs, chacun dans son univers. Mais un jour ce bel ordre finit par se fissurer.

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L’auteure s’adresse à moi, la lectrice qui s’est fait enfermée dans la médiathèque. Pendant qu’elle vaque à ces occupations dans son sous-sol entre ces rayons histoire et géographie. Le temps d’une lecture, on devient sa confidente. Dés le début, elle me paraît hautaine, hargneuse, aigrie, psychorigide et maniaque. Elle déteste les gens, ceux qui aiment l’architecture, ces collègues, les gens qui n’aiment pas lire, les bourgeois, les politiques… S’aime t’elle d’ailleurs. Vivant dans sa solitude, blessé dans son coeur, elle vit seule sans ami, avec comme compagnon les livres. Un jeune garçon vient de temps en temps travailler, Martin, elle rêve de lui en se faisant une obsession sur sa nuque. Mais jamais, elle ne tente quelque chose à part mettre une paire de boucle d’oreilles ou être proche de lui parfois lorsqu’elle range les livres.

Une fois passé le côté pathétique de la bibliothécaire vielle fille, je me suis laissée porté par le livre. Je n’ai pas trouvé l’esprit de la médiathèque où je vais régulièrement. Elle n’aime pas trop les grosses nouveautés, les livres des grosses rentrées littéraires. La médiathèque privilégie des livres d’apprentissage de langues, des livres en japonais, sur la culture arménienne, sur l’art de la pousse du bio… J’avoue que je suis très rarement tenté par les nouveautés. Et en ce qui concerne les conseils, j’ai juste le droit à « Regarder dans la brochure des coups de coeur » ou « il y a un coeur sur la tranche« . Cet accueil souvent peu chaleureux dans un espace assez froid, je me ballade pas très longtemps.

J’ai beaucoup aimé cette phrase « Je fais un métier courageux, utile, intéressant, qui demande un tas de qualités. Quand ils rendent les livres : « J’aime beaucoup aussi, cela vous a plu?« .  J’adorerai rendre mes livres et en discuter avec le bibliothécaire sans devoir regarder ma montre. Un jour peut-être…

Ce livre est sympathique sans être transcendant, surprenant ou autre. Une petite lecture agréable avec en bonus un peu d’histoire sur les bibliothèques.

L’avis d’Aurelie : labibliothequedelilou.hautetfort.com/archive/2012/08/10/la-cote-400-de-sophie-divry.html
L’avis des Livres de Georges : leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2011/03/09/la-cote-400-de-sophie-divry/

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