Chômeurs Academy – Joachim Zelter

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Chômeurs Academy
Joachim Zelter
Editeur : Autrement
Publication : Août 2008
Traduit par : Leïla Pellissier
Langue d’origine : Allemand

Voilà un titre qui m’a tout de suite intéressé, Chômeurs Academy. Un titre bien d’actualité. Mais la déception était au rendez-vous.

En Allemagne, à une période non donnée, qui pourrait être très proche, une entreprise fédérale aide les chômeurs longues durées à se remettre d’aplomb. Des chômeurs choisis sur critères sont envoyés pour aller passer un trimestre chez Sphericon. Les trainees vont devoir s’inventer une nouvelle vie en modifiant leur cv. On ne doit pas raconter sa vie mais en imaginer une nouvelle, plus vendeuse, plus accrocheuse.. « Pas une vie intérieure mais une vie extérieure… Pas une vie de sensations mais une vie d’actions… Pas une vie de pensées mais une vie d’évènements… Pas une vie de bonnes intentions mais une vie de résultats... »

Les étudiants travaillent chaque jour à se réinventer une vie, à veiller les décès pour espérer leur prendre leur emploi. Une descente dans l’enfer d’une recherche d’identité et de respect de soi-même. Une offre d’emploi est à pourvoir au sein de l’entreprise, tous le monde doit postuler et c’est le meilleur qui saura se vendre devant ces collègues de mésaventure qui pourrait avoir le poste. Une rebelle ne veut pas rentrer dans le système. On l’exclut des autres, on l’isole jusqu’à la fin du stage. On lui interdit même de voir ces « amis » qui d’ailleurs ne se préoccupe pas d’elle.

« Regardez un peu votre vitae. Comment voulez-vous qu’on s’identifie à une vie pareille? Qu’on s’emballe pour une vie pareille. On ne peut même pas avoir pitié. »

Je m’attendais à un vrai livre critique et sarcastique sur cette crise de l’emploi, sur le fait de devoir tronquer son cv et devoir devenir une autre personne. Mais tous le monde rentre dans le moule sauf une qui veut juste être fleuriste qui ne critique pas le système en lui même. Une amitié sincère débute entre deux des principaux protagonistes mais rien n’évolue, cela reste plat. La rencontre d’un winner et d’une « rêveuse » pouvait faire couler de l’encre. Les combats entre futur salarié restent abordés légèrement au lieu de montrer la noirceur de ce système. A la fin, ils partent tous en voyage en Afrique et ne peuvent pas contacter leurs familles, d’ailleurs certains numéros n’existent plus. Les familles sont-elles mortes? Que vont-ils faire en Afrique alors que leurs papiers n’ont pas été restitués? Va t’on les tuer? les faire disparaître pour faire baisser le taux de chômage? Pleins de questions qui pourraient mettre un point sur la détresse et le traitement de cette dernière et rien. Ils partent en vacances et c’est tout. J’attendais trop de choses et la déception se trouvait vraiment là. Aucun intérêt en fin de compte à cette lecture.

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Tribulations d’un précaire – Iain Levison

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Tribulations d’un précaire
Iain Levison
Liana Levi
«Piccolo» n°61
Paru le 30 août 2007
Lu le 26 décembre 2012
Nombre de pages : 192

Dépenser 40 000€ pour des études dans l’espoir d’une vie meilleure, d’un emploi intéressant. Voilà ce qu’espérait Iain Levison. La dure réalité du monde dévoile sa violence.

De licenciement à démission, l’auteur aux 42 emplois dans six états différents sur dix ans, ne pensait pas en sortant de l’université, une licence de lettres en poche, que se destin l’attendrait. Aucune offre d’emploi dans le journal qui correspond à ces compétences et aucun chercheur de tête n’est passé dans son université. Le livre débute ainsi « C’est dimanche matin et j’épluche les offres d’emploi. J’y trouve deux catégories de boulots: ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié, et ceux dont je ne veux pas. J’étudie les deux« . Il accumule les jobs pour survivre, avoir juste de quoi pouvoir payer le loyer et quelques bières. L’espoir d’avoir un emploi intéressant s’amoindrit chaque jour, tout comme être respecté. La notion d’être un individu à part entière s’évapore vite.

Aucune compétence n’est requise pour de nombreux emplois comme déménageur, livreur de fuel, serveur où pêcheur de crabes en Alaska. Les offres alléchantes cachent la misère d’une sévère réalité sociale où l’on va toujours exiger le sourire, la mobilité, la rapidité, l’efficacité, l’endurance et l’obéissance. « Pourquoi y a-t-il toujours des annonces pour une AMBIANCE DE TRAVAIL STIMULANTE qui se révèle être une bande de gratte-papier à un poil de la démission ou du suicide« .  Cet américain d’adoption, débite avec humour grinçant ces déboires professionnelles. Il nous fait le portrait d’un pays où ces habitants survivent dans une grande précarité. Et où la frontière avec la grande misère et finir sdf reste très fine. « Ils essaient de nous persuader que les voleurs de câble érodent la moralité américaine. Fermer des usines rentables, licencier des centaines de travailleurs et rouvrir ces usines au Mexique avec une main-d’oeuvre meilleur marché n’est pas un signe d’érosion de la moralité. Payer des ramasseurs de champignons quatre dollards de l’heure n’est pas illégal. » A défaut d’avoir trouvé un vrai emploi, cela lui a donné de la matière  à l’auteur pour ses livres.

Une féroce critique du système actuel, un système oppressif, sans pitié, qui pousse chaque jour des millions de personnes sur la pente de la misère au nom du  profit des entreprises. Une présentation de la mondialisation de la misère. Un livre qui me touche également car  j’ai connu ces employeurs sans scrupule qui oublient que le respect est une valeur qui donne envie de s’impliquer dans son activité. Mais l’humain en bas de l’échelle n’est qu’un déchet que l’on utiliser, épuiser puis jeter pour reprendre un autre et continuer ainsi. Le portrait de l’Amérique me réconforte que nous ayons un droit du travail qui nous préserve, pour l’instant, de ces employeurs sans scrupule qui peuvent nous virer du jour au lendemain. L’écriture sur un ton réaliste, cynique et froid font que les pages se tournent avec délectation.

Ce qu’en dit la presse :

Le Monde – «Drôle, juste, très bien traduit, Tribulations d’un précaire est l’un de ces livres auquel on souhaite un large succès et que l’on s’empresse d’offrir à ses amis.»

Télérama – «Levison fait tilt à chaque page. Il est un enragé de la narration, un de ces conteurs qui emballent le public, parce qu’il est sans haine et d’une clairvoyance furibonde.»

Les Inrockuptibles – «Ici la verve caustique , critique, de ce Jack Kerouac de la Mcjob génération du XXe siècle triomphe de l’horreur ordinaire.»

La vie – «Si la critique de l’Amérique est impitoyable, Iain Levison n’en raconte pas moins ses déboires d’une manière irrésistible

Du même auteur
Un petit boulot
Une canaille et demie
Arrêtez-moi là

Vidéo autour du livre :
Présentation de l’ouvrage

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Un petit boulot – Iain Levison

couvpetitboulot Un petit boulot
Auteur : Iain Levison
Editeur : Liana Levi
Nombre de pages : 211

Un portrait au vitriol de l’Amérique désenchantée des années 2000, entre crise économique et perte des valeurs. On y découvre un monde en délabrement, où le manque d’espoir devient monnaie courante, la montée de la violente et de la délinquance. Un subtil mélange d’ironie, de sarcasmes tout en drôlerie que nous propose Iain Levison.

Jack Skowran, vie dans une petit ville américaine, près du Wisconsin, ravagée par la fermeture de l’unique usine. Après avoir perdu son emploi, son abonnement au câble, sa télévision, son aspirateur et sa petite amie, les appels de ces débiteurs, il est prêt à tout accepter pour garder un peu d’estime de soi. Tous ces anciens collègues vont dans la déchéance et la misère s’installe dans la ville. Il décide d’accepter un petit boulot que lui propose Ken Gardocki, bookmaker mafieux : tuer sa femme contre 5 000 dollars. « Elle va mourir parce que j’ai été licencié d’une usine rentable en plein milieu de ma carrière. Elle va mourir parce que ma copine m’a quitté, parce que je ne supporte pas la vie de chômeur. Corine Gardocki est une femme morte parce qu’un petit malin de Wall Street a décidé que notre usine ferait de plus gros bénéfices si elle se trouvait au Mexique. Je t’aurai, Corinne. Un problème moral? Pas vraiment. » Alors avec sérieux et application, il s’atteler à son nouvel emploi. Puis d’autres missions vont arriver, et c’est toujours avec plaisir qu’il s’applique. Il se reconstruit par la satisfaction d’un travail bien fait et la satisfaction de son employeur. Tuer n’est pas toujours aussi aisé comme l’assassinat, sur une plage de Miami, de l’amant de la femme de Gardocki, avec un fusil à baïonnette qui sent l’urine. Cela aurait pu s’arrêter là, mais son meilleur ami lui propose un poste dans une station service, car un de ces employé a été tué par balle. Une aubaine vu le temps de crise. Mais difficile de concilier les deux emplois. Une succession d’évènements plus rocambolesque les uns que les autres, vont l’amener à l’épanouissement physique et psychologique.

L’auteur nous entraîne dans une histoire  dans laquelle la moralité n’a pas trop sa place et où le héros a réussi sa carrière de tueur, tout en réussissant le tour de force de nous amuser avec un tel sujet. Caustique à souhait, il nous emmène là où nous ne voudrions pas voir, et qui pourtant nous parle tout de suite, vu les conditions économiques actuelles.

Ce qu’en dit la presse : 

Telerama – «Jake est le nouveau héros des temps modernes… Ce Petit boulot pourrait devenir un antidote à la déprime généralisée… un best-seller!» 
Le Monde – «Iain levison a réussi, avc son premier roman, un coup de maître.» 
Elle – «Noir et loufoque… une sacrée bonne surprise.» 
The Wall Street Journal – «Au-delà de l’humour pince-sans-rire percent l’expérience et la compassion.» 
USA Today – «Une force brute, sans pitié.» 
The New York Times Book Review – «Un must… Rafraîchissant, hilarant et totalement actuel.»

Du même auteur
Tribulations d’un précaire
Une canaille et demie
Arrêtez-moi là

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