La guitare de Bo Diddley – Marc Villard

imagesOui, Arsène ne rentre pas ce soir car personne ne l’attend barre Michelet, aux Glycines. Il se souvient vaguement de sa répudiation, un soir étouffant de l’été indien 2000. Quand son père Roger Kamanda avait mis la main sur dix gramme de shit planqués sous son lit dans sa chambre. Roger ne rigolait pas avec les principes et Arsène s’était retrouvé, baluchon à la main, au pied de la barre avec en ligne de mire un avenir franchement plombé par l’autorité paternelle.

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4ème de couverture

Il était une fois une guitare rectangulaire, de couleur bleu caraïbe, sur laquelle était inscrit:  » Bo Diddley, Blue Hawaï N°1.

Lorsque Arsène la subtilise en forçant la portière d’une Audi au milieu d’une cité, il ne sait pas que cet instrument a une histoire. Il l’apprendra d’un congolais, lui-même musicien. Ce dernier l’emprunte pour pouvoir se produire dans un club, mais la fourgue au dealer Farid El Attrache en échange de faux papiers. Le trafiquant ne la gardera pas longtemps en sa possession car il se la fait piquer par un chauffeur de taxi.

Quel que soit, son propriétaire, cette guitare ensorcelée porte clairement la poisse… Plus personne n’ignore les rapports passionnés et savants que Marc Villard entretient avec la musique. Ce roman noir et burlesque est son plus bel hommage au rock dont les rythmes n’ont cessé d’imprégner son écriture.

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Marc Villard mélange sa passion du polar avec celle de la musique. Il a profité de ce court roman pour les mélanger et emmener le lecteur au coeur d’une histoire acadabrantesque. Chaque  paragraphe introduit un nouveau personnage et à chaque fois une nouvelle chanson de Bo Diddley rentrait dans mes oreilles. Welcome dans le Paris où les dealers fréquentent les toxicos, les prostitués, les flics pourris, les musiciens et les tueurs à gages. Un roman à l’américain dans l’esprit.

On pourrait croire que la guitare porte malchance, car beaucoup de ces possesseurs trépassent dans des conditions assez brutales. Mais en fin de compte, c’est juste la vie. Elle apporte aussi son lot de bonheur et de rencontre. J’avais deviné la fin dès le début, mais c’est tout de même avec plaisir que j’ai fini l’ouvrage. Parfois, j’étais déroutée par les personnages et où ils étaient physiquement, toutefois je voulais savoir comment ils allaient évoluer.

Un roman court et très sympa. Si vous aimez la musique et le polar, vous trouverez votre bonheur ici. D’autant plus, si en fond sonore vous écoutez du Bo Diddley.

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