La vacation – Martin Winckler

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«Tout en surveillant les mouvements du rideau, tu rabats les feuillets et tu poses le dossier derrière toi sur la paillasse. Tu attends, les bras croisés, le bassin calé contre le plan carrelé, et parfois avec un peu d’impatience, que la femme se soit dévêtue et qu’elle apparaisse enfin en longue chemise de nuit ou en robe légère. – Venez, Madame. Tu lui souris, tu fais deux pas dans sa direction ; tu l’invites à s’approcher.» Bruno Sachs, médecin généraliste, pratique des avortements lors de vacations hebdomadaires dans un hôpital. Le premier roman de Martin Winckler. Capture d’écran 2014-01-04 à 10.04.59

Folio vient de republier le premier roman de Martin Winckler La vacation qui parle d’un sujet sensible dans notre société : l’avortement. L’auteur a voulu présenter l’IVG par le regard d’un médecin, Bruno Sachs.

Bruno Sachs, médecin généraliste consacre une partie de son temps à l’hôpital pour pratique des avortements. Une activité très routière avec toujours les mêmes questions, les mêmes gestes et souvent le même regard lointain des femmes. On nous raconte le passage de ces femmes, avant, pendant et après. Rien n’est épargné tout comme la femme qui écarte les jambes.

Les séances d’avortement s’entrecoupe avec les séances d’écriture d’un roman qu’il essaie d’écrire. Car l’histoire que l’on lit n’est pas raconté par Bruno Sachs mais par un autre personnage qui le connaît très bien. Cela change beaucoup le regard qui est tout aussi prêt et pourtant aussi éloigné. Car l’acte médical en lui même est assez perturbant, j’entendais le bruit de la machine pour l’aspiration à chaque ivg. J’en avais presque des frissons, heureusement que les techniques ont progressé de nos jours. Le livre a été écrit en 1989.

Malgré le sujet, j’ai trouvé beaucoup de longueur dans le récit de l’action, des bruits, des questions et des quelques interrogations du médecin. Je m’attendais peut-être un livre fort pour la défense de la liberté de la femme de choisir et ce n’est pas du tout le cas. Le sujet du comment cela se passe est abordé et c’est tout. Alors une petite déception au rendez-vous surtout que j’aime beaucoup Martin Winkler lorsqu’il parle des séries.

Je vous conseille d’aller faire un tour sur le site de l’auteur

L’avis de Lizouzou (dont j’ai emprunté son image de présentation du livre)
L’avis de Cecile

Merci à Folio de m’avoir fait parvenir ce livre.

Les deux messieurs de Bruxelles – Eric-Emmanuel Schmitt

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Les deux messieurs de Bruxelles
Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Nombre de page : 281
Publication : Novembre 2012

Eric-Emmanuel Schmitt m’a emmené dans un recueil composé de cinq nouvelles, Les deux messieurs de Bruxelles. Le point commun de ces histoires est l’amour et sa complexité. Partout à leur découverte.

– Les deux messieurs de Bruxelles. Bruxelles, cathédrale Sainte-Gudule, avril 1957, Geneviève et Eddy décide de ce marier. Au fond de l’église un autre couple décide de profiter de ce moment pour ce marier en cachette : Jean et Laurent. La première cérémonie va se lier à la deuxième, secrète comme un lien familiale. Jean et Laurent vont à travers leur vie garder un oeil sur cette famille et vont s’y attacher. Ainsi, cinquante ans plus tard, Geneviève recevra un notaire avec une nouvelle qui va la surprendre et bouleverser sa fin de vie. Une belle déclaration d’amour.

Le Chien. Samuel Heymann, ancien médecin du village, vient de se suicider à la suite de la mort de son chien, Argos. Sa fille, Miranda, s’interroge sur le pourquoi de ce geste. Elle aurait tellement aimé mieux le connaître. Pour cela, elle va rencontrer son ami. A son désarroi, il lui explique que l’homme était assez discret sur sa vie personnelle. Ensemble, ils vont enquêter sur cet mystérieux homme. Peu d’informations leur parviennent, jusqu’au jour où il reçoit un courrier. Une lettre surprenant qui le bouleverse, c’est Samuel qui lui raconte sa jeunesse. Il a été enfermé dans des camps de concentration pour finir à Auschwitz. Une rencontre avec un chien lui a donné la force de vivre. « Si les hommes ont la naïveté de croire en Dieu, les chiens ont la naïveté de croire en l’homme. »

Ménage à trois. Difficile de raconter l’histoire car cela risque de gâcher la surprise si vous voulez la lire. Grossièrement, une femme vie un bon moment avec son mari et ces deux enfants, jusqu’à ce dernier meurt. Plus tard, elle rencontre un nouvel homme, un danois. Il aime vraiment sa femme mais aime presque autant son defunt mari, un grand musicien selon lui. D’ailleurs, il va consacrer beaucoup de son temps à revaloriser cet homme presque oublié.

Un coeur sous la cendre. Deux soeurs très liées, vont devoir faire face à deux situations très particulière. La mort d’un enfant, Thor et la survie de l’autre, Jonas. En plein coeur de l’Islande, ces femmes vont devoir face à des situations très difficiles. Seul l’amour leur permettra de reprendre le dessus.

L’enfant fantôme. L’histoire débute sur une place où un homme assise à côté d’un homme, qui feignent se voir. Ils donnent à manger aux pigeons. Deux hommes les regardent surpris de cette scène assez étrange. L’un connaît véritablement leur histoire, l’histoire de ce couple atypique, qui s’aimait passionnément jusqu’à la déchirure qui détruit le coeur.

J’ai vraiment apprécié cette lecture, légère dans la rédaction et si douce par les histoires qui surprennent là où on ne l’attend pas. J’ai été touché par de nombreuses histoires qui paraissent si simple en apparence et qui appel à nos sentiments, comme la mort d’un proche ou l’avortement. Ce que j’apprécie aussi, c’est le fait que l’auteur ne prend jamais vraiment part en disant que son affirmation qui fait foi. L’amour qui lie les histoires n’est pas celle de la rencontre d’un homme et d’une femme, mais d’un lien plus profond, plus vrai qui se construit sur le long terme et la confiance. Chose que je fais rarement, c’est prendre le temps de le lire pour le déguster. Un vrai délice qui est très bon pour le moral.

Du même auteur
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M. Ibrahim et les fleurs du Coran
Milarepa
La rêveuse d’Ostende 

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