Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part – Anna Gavalda

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En 1999, un phénomène littéraire touche toute la France. C’est le phénomène Anna Gavalda avec son recueil de 12 nouvelles Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part. Alors pourquoi passer à côté?

De nos jours, elle a rédigé un bon nombre d’autres romans et son fait figure de référence littéraire. Mais voilà, tout commence ici par ces douze nouvelles avec des moments de vie, de doute et de souffrances. La femme est au coeur de ces histoires de quotidien.

Une femme se fait aborder par un homme dans la rue qui l’invite au restaurant et ne l’a rappelle pas.

Une femme enceinte apprend que dans son ventre, l’enfant est mort. Ils écoutent Fip. C’est bien, Fip : de la musique classique que l’on se sait gré de pouvoir apprécier, des musiques du monde entier qui donnent le sentiment d’être ouvert et des flashs d’information très brefs qui laissent la misère à peine le temps de s’engouffrer dans l’habitacle. 

Une femme est manque d’amour qui va se réfugier dans sa zone confort famille. Je lui dis que mon coeur est comme un grand sac vide, le sac, il est costaud, y pourrait contenir un souk, pas possible et pourtant, y’a rien dedans.

Une femme qui séduit un homme avec ces photos, alors qu’elle est passionnée par ces mains. J’ai pris tes mains parce que c’est la seule chose qui ne soit pas déglinguée chez toi et son coeur aussi, peut-être.

Un homme qui redescend dans sa famille pour son anniversaire et qui va aimer une femme, au moins le temps d’une nuit. Quand j’arrive  à la gare de l’Est, j’espère toujours secrètement qu’il y aura quelqu’un pour m’attendre. (…) Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part… C’est quand même pas compliqué. L’homme lui, du Fait du jour, rentre à la maison où sa femme et ces enfants l’attendant mais lui reste plongé dans un grand désarroi. Comment faire lorsqu’on est responsable de la mort de 9 personnes? Comment agir? Se dénoncer pour apaiser sa conscience ou continuer à vivre comment on peut pour préserver sa famille car on ne peut pas faire revivre les morts?

Une femme vétérinaire en pleine campagne qui se fait violer et qui se fait justice auprès de ces agresseurs. Une nouvelle qui m’a beaucoup touché par la justesse des mots utilisés qui rendent l’histoire véridique et seulement en 6 pages. C’est la nouvelle qui m’a le plus marqué dans le livre.

Des jeunes garçons veulent aller séduire des filles lors d’une soirée. Un des jeune convainc son ami d’emprunter la voiture de son père mais voilà que la rencontre avec un cochon sauvage va bouleverser l’aventure.

Un homme qui se souvient de son premier amour qu’il rencontre des années plus tard lorsqu’il a refait sa vie avec femme et enfants. Jamais je me suis demandé si je l’aimais toujours ou quels étaient mes exacts sentiments à son égard. Ca n’aurait servi à rien. Mais j’aimais la retrouver au détour d’un moment de solitude. Je dois le dire parce que c’est la vérité.

Un homme amoureux d’une de ces collègues mais n’ose pas l’aborder. Depuis tout ce temps, je ne peux pas penser à elle sans avoir une érection magnifique et comme c’est la première fois que cela m’arrive, je ne sais pas comment appeler ce sentiment. 

En enfin, la dernière nouvelle, l’épilogue qui nous fait forcément penser à l’auteur. Une jeune femme qui écrit un livre et un jour elle reçoit un courrier pour dire que son livre intéresse un éditeur. Folle de joie elle se rend chez l’éditeur mais ce dernier lui annonce qu’elle a encore du boulot à faire avant que cela puisse être publié. Et vlan, crise de tétanie qui va la conduire seule devant la maison d’édition à attendre et voir le temps passé.

Une lecture simple et agréable avec des nouvelles de qualité plus ou moins égale. Je ne dirais pas que j’ai vécu un grand moment de littérature, ni qu’il faut absolument l’avoir dans sa bibliothèque mais une lecture rapide qui repose, vide la tête et apaise les idées noires. Peut-être que ce livre vous attend quelque part.

Prix RTL – Lire 2000

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35 kilos d’espoir – Anna Gavalda

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35 kilos d’espoir
Auteure : Anna Gavalda
Editeur : Bayard Jeunesse
Nombre de pages : 111 pages

Grégoire, 13 ans, rentre en 6ème, il déteste l’école. Il a redoublé deux fois. Son univers, c’est le bricolage, l’invention… des travaux manuels. Il a crée une machine à éplucher des bananes, créer une table à repasser assise et même réparer la tondeuse. Ses parents restent désespérés face à leur fils, ils ne savent que faire de lui. En plus, il se fait virer et peu d’écoles souhaitent l’accueillir. Un seul collège veut bien le prendre, mais le niveau général de l’établissement est très bas. Pour rajouter à cela, ces parents n’arrêtent pas de se disputer et le prennent souvent pour raison de ces échanges.

Le seul qui lui donne envie d’avancer, de se battre, c’est Grand Léon, son grand-père polytechnicien et bricoleur. Ces parents ont décidé de l’envoyer, avec le soutien du grand-père dans un pensionnat. Grégoire, dit toto, sait où il veut aller. Il veut faire un travail manuel. Pour rentrer dans l’école de son choix, c’est sur dossier. Son grand-père le pousse à écrire une lettre, qu’il va réécrire 13 fois et c’est grâce à cela qu’il pourra y rentrer.

« Monsieur le directeur de l’école de Grand-champs, 
Je voudrais être admis dans votre établissement, mais je sais que c’est impossible parce que mon dossier scolaire est trop mauvais. 
J’ai vu sur la publicité de votre école que vous aviez des ateliers de mécanique, de menuiserie, des salles d’informatique, une serre et tout çà. 
Je pense qu’il n’y a pas que les notes dans la vie. Je pense qu’il y a aussi la motivation. 
Je voudrais venir à Grandchamps parce que c’est là que je serais le plus heureux, je pense. Je ne suis pas très gros, je pèse 35 kilos d’espoir. »

Quand il rentre dans le collège, il se sent déjà mieux, la boule au coeur de son ventre le sert moins. Il se laisse aller lorsqu’il apprend que son grand-père est à l’hôpital. Mais il décide de se pousser et d’envoyer toute sa force et son énergie à son grand-père comme lui l’avait pour l’aider à passer le test pour rentrer dans le collège. Et cela réussit, son grand-père va s’en sortir pour le plus grand de tous, le lecteur également.

Un vrai plaisir de lecture. Anna Gavalda écrit de façon simple et percutante. Elle prend la place d’un enfant de 13 ans avec ces peurs et doutes. Heureusement pour Grégoire, il aime quelque chose sinon on ne sait pas comment il en aurait pu s’en sortir. Elle montre aussi la difficulté du système scolaire. Si un élève n’arrive pas suivre, c’est forcément un cancre, alors que c’est peut-être tout simplement un enseignement qui n’est pas adapté. Un livre adorable que l’on peut mettre entre toutes les mains, surtout ceux des jeunes qui n’aiment ni l’école, ni la lecture.

Théâtre
Le livre a été adapté en pièce de théâtre.

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