Compagnie K – William March

images-13 4ème de couverture
Décembre 1917. Une compagnie de l’US Marines Corps débarque en France et est envoyée au front. Pour la première fois, les hommes de la Compagnie K découvrent la guerre : attaques de nuit, balles qui sifflent, obus qui explosent, ordres absurdes, grondement de l’artillerie, la pluie et le froid, la tentation de déserter. Les cent-treize soldats qui composent cette compagnie prennent tour à tour la parole pour raconter leur guerre, toutes les guerres. L’un après l’autre, ils décrivent près d’un an de combats, puis le retour au pays pour ceux qui ont pu rentrer, traumatisés, blessés, hantés à jamais par ce qu’ils ont vécu.


Ils se nomment Joseph Delaney, Rowland Geers, Jerry Blandford, Carter Altas… et ils sont soldats, caporaux, capitaines, lieutenants… William March nous propose 113 portraits d’hommes américains qui sont partis faire la guerre pendant la première guerre mondiale.

L’auteur a participé à ce conflit et mettra plus de 10 ans à écrire sur livre qui sera publié en 1933. Les éditions Gallmeister publie pour la première fois ce roman qui parle d’un sujet très rarement abordé dans la littérature américaine. La forme du roman est elle même un peu particulière car William March ne raconte pas ce qui c’est passé avec les hommes présents. Il leur donne la parole par chapitre. Chacun parle de son vécu, de ces peurs, de ces craintes, de ce qu’il aime, de ce qui lui manque… L’histoire est présentée de façon chronologique car à la fin de l’ouvrage, certains parlent de leur retour au pays, de leur retour dans une autre réalité qu’il soit mutilé ou non. Une succession de témoignages et de points de vue très différents des uns et des autres qui donne une idée des conditions de la guerre.

J’aimerais que les types qui parlent de la noblesse et de la camaraderie de la guerre puissent assister à quelques conseils de guerre. Ils changeraient vite d’avis , parce que la guerre est aussi infecte que la soupe de l’hospice et aussi mesquine que les ragots d’une vielle fille.

La guerre est injuste, l’auteur en est convaincu. Elle permet aux hommes de faire ressortir leur mauvais côté comme les bons. On ne s’étonne pas de la lâcheté, de la haine, de la violence, du mensonge, du désespoir…

Je n’ai jamais cessé d’être fasciné par cette chose qu’on appelle la nature humaine, qui a ses heures de beauté et ses heures d’abjection, ni par l’océan de bêtise calme qui s’étend entre les deux.

Mais les pages se tournent et malgré l’originalité des portraits, des certaines histoires, je m’ennuie terriblement. Si c’est 113 hommes qui parlent de leur expérience pourquoi c’est toujours la même écriture, le même vocabulaire, les même formulations. 113 hommes donc des personnalités différentes et des visions différentes. D’autant plus, que chacun venait de milieu social assez hétéroclite alors pourquoi cette unité d’écriture? Et pourquoi ces portraits d’hommes en les faisant parler après la mort?  J’ai fini le livre et c’est avec plaisir que je vais le rendre à la médiathèque.

Lien vers les éditions Gallmeister

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L’étrange contrée – Ernest Hemingway

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Miami était étouffant et humide et le vent de terre qui soufflait des Everglades apportait des moustiques même le matin.

4ème de couverture
Un écrivain désabusé voyage en Floride avec une femme beaucoup plus jeune que lui : ils vont au restaurant, boivent un verre, parlent de la guerre d’Espagne, de leur vie, d’avenir et font l’amour… Soudain tout se trouble, le soupçon de l’inceste rôde, les difficultés à écrire et à vivre resurgissent et, avec elles, l’inexorable fatalité. Réflexion sur l’écriture et l’amour, ce court roman rassemble toutes les obsessions d’un des géants de la littérature américaine.


C’est parti pour un voyage aux Etats-Unis avec un auteur qui pourrait-être Ernest Hemingway et une jeune demoiselle, forte charmante.

Le couple fuit. Roger, vide son compte bancaire, laisse sa femme et ces enfants derrière lui. Il achète une voiture et part avec la jeune Hélèna. Les voilà sur les routes des Etats-Unis où ils s’arrêtent pour boire et manger. Elle, demande sans cesse  si lui, l’aime. Encore et encore et encore. Et lui, dois lui répondre de façon affirmative pour éviter ces questions tellement répétitives. L’image de la femme n’est pas glorieuse. Belle donc forcément crétine et étrange. Et l’homme, lui plus sérieux, terre à terre et qui aime boire. Le pauvre sans alcool, il serait totalement perdu, égaré.

De motel en motel, ils prennent deux chambres séparées, changent de noms, se font passer pour le père et la fille ou un couple. Roger, essai de savoir ce qu’il se passe en Espagne, la guerre approche. Elle s’en cogne, elle veut juste savoir si lui il l’aime et est content d’être avec elle. Quel ennui…. Il ne se passe rien et les échanges sont totalement stériles. En plus, il appel sa compagne « Ma fille », je trouve cela malsain. L’auteur aurait du boire encore un peu pour travailler ce texte. En tout cas, maintenant, c’est moi qui en a besoin.

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Motherfucker – 1ère partie – Sylvain Ricard et Guillaume Martinez

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Abigail  a été menacée de pendaison par des blancs du même âge qu’elle, des enfants blancs déguisés avec des cagoules du KKK!

4ème de couverture
Point 1 : Nous voulons le pouvoir de déterminer le destin de notre peuple noir. Point 2 : Nous voulons le plein emploi pour notre peuple. Point 3 : Nous voulons que le peuple noir ne soit plus volé par les capitalistes. Point 4 : Nous voulons des logements décents, dignes. Point 5 : Nous voulons une éducation pour notre peuple qui expose la véritable nature de cette société américaine décadente. Nous voulons une éducation qui nous enseigne notre véritable histoire et notre rôle dans la société d’aujourd’hui.

Me voilà aux Etats-Unis, dans une Amérique où le racisme fait rage. Nous suivons un personnage,  Vermont Washington, qui lutte pour les droits de l’Homme auprès de Black Panthers. Il regarde sa femme et sa fille et espère des lendemains meilleurs. Pour cela, qu’une seule chose possible, lutter. Son père, ne le comprend pas et souffre encore de la mort de son propre père tué par KKK.

Dans un univers noir et blanc, les dessins de Guillaume Martinez nous dirigent à pas léger et avec beaucoup de vraisemblance au coeur de cette histoire. Je tourne les pages, et j’oublie que je lis une bande dessinée. Je suis au coeur du récit, de l’injustice, de la haine et du rejet.

Une surprenante lecture qui me donne envie de lire la suite.

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Sacrés américains! Nous, les Yankees, on est comme ça

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Et puis, le président doit aussi penser à récompenser ceux qui ont « aidé » sa campagne (et payé tous ses spots publicitaires) : se sont ces fameux lobbys, ceux qui parlent, au choix, au nom des banquiers, des fanatiques du port d’armes, des anti-IVG, des géants de l’industrie pharmaceutique, des patrons du Big Business, des marchands de canons et autres amoureux du processus démocratique. 
Sans ces gars-là, nos élections ne seraient qu’un grand débat d’idées, à la française. Dieu nous en préserve. 

Les Etats-Unis totalisent à eux seuls 43% des dépenses militaires de la planète, et les 1 400 dollars dépensés par tête d’habitant par nos armées expliquent bien des aspects de la société américaine : deux semaines de vacances par an, pas de Sécu, et de nombreux laissés-pour-compte. Tout cela pour s’offrir une belle machine de guerre. 

Reste que la pus belle victoire de notre etablishment militaire est de réussir à faire croire au public américain qu’il n’a jamais perdu de guerre. L’épisode de la guerre de 1812 où les Britanniques ont tout de même réussi à brûler notre Maison Blanche? Zappée des manuels d’histoire. La Corée et le Viêt-nam? Des matchs nuls, joués à l’extérieur, donc une performance honorable! Et chacun d’oublier le « génie » militaire du général Westmoreland responsable de la perte de 55 000 GI face à un adversaire qui n’avait ni hélicoptère ni porte-avions.

« On s’est gouré en tirant sur eux, on a même tué le grand-père, et malgré cela il nous adorent », s’était félicité le sergent de l’unité, qui a donné l’ordre à ses hommes d’aider à enterrer la victime sur place. Cet officier n’avait évidemment rien compris : les survivants, terrorisés à la vue de ces hommes surarmés et faisant feu à volonté sur des civils, les imploraient simplement de les épargner. On est loin d’une quelconque reconnaissance pour le libérateur. 

Selon David Cay Johnson, auteur d’un livre sur la fiscalité aux Etats-Unis, en 1999, le revenu des 1% les plus fortunés égalait – après impôts ) celui des 100 millions de leurs concitoyens les moins payés. En 1980, un PDG américain gagnait 40 fois le revenu d’un salarié moyen. Depuis 2000, l’écart est monté à 400. Les gros revenus totalisent 210% du revenu moyen (par rapport à 150% en France).

Si je mourrais après avoir ingurgité un steak bien rouge, ma famille pourrait attaquer en justice le restaurant et sa compagnie d’assurances, gagnant ainsi des millions de dollars. Ainsi vont les choses en Amérique. 

4ème de couverture
Après Sacrés Français !, son impertinent best-seller, Ted Stanger récidive. À l’issue de dix années passées en France, notre Yankee parisien est retourné chez lui, dans l’Ohio, et nous livre ses impressions sur une Amérique qu’il ne reconnaît plus. Abordant des thèmes graves ou légers illustrés par de nombreuses anecdotes, il brosse, sur le ton ironique et distancié qui le caractérise, le portrait de l’Amérique profonde. Ted Stanger décrypte avec humour le système électoral diaboliquement complexe de ce pays où les lois changent d’un État à l’autre. Il raconte la patrie du dieu dollar et des fous de Dieu ; le sexe à l’américaine où puritanisme et sexualité débridée se côtoient allègrement ; l’apocalypse gastronomique qui sévit au pays du fast-food et nous menace déjà…
Anti-américain ou pro-américain, chacun se régalera à la lecture de ce livre qui nous permet de mieux comprendre le nouvel Empire.

Ted Stanger, journaliste d’origine américaine à voyager et vécu dans beaucoup de pays dans le monde. Il est resté quelques temps en France avant de retourner dans son pays natal. Son retour, était pour lui l’occasion de rédiger un ouvrage sur ces homologues à l’attention de nous les petits français. Une rivalité nous opposé ainsi qu’un océan.

Il nous présente un portrait loin de l’image véhiculée par la multitude de films et séries que nous pouvons voir. Et certains clichés restent exactes comme par exemple que les américains ne sont pas très cultivés, qu’ils sont nuls en géographie, qu’ils ne pratiquent pas beaucoup de langues étrangères. J’ai été surprise par beaucoup d’informations qui m’a conforté dans certains choix de vie en France.

Par exemple, les élections se déroulent un mardi, un jour où beaucoup de gens travaillent. Personne ne pose une journée pour aller voter, le patriotisme ne va pas si loin. Mais chaque état qui vote pour un grand électeur qui va élire un président  possède un bulletin de vote différent car de nombreuses informations sont demandés. En effet, on ne vote pas seulement pour un grand électeur, mais aussi pour son shérif, le sénateur, le maire, le médecin légiste…. Ainsi pour une vingtaine de personnes ce qui ne facilite pas le comptage des votes qui sont toujours inexacte. Un système complexe qui favorise les manipulations des deux côtés. Deux, car aux Etats-Unis il n’existe que deux gros partis politiques.

Les américains adorent leur voiture même si elle consomme 30l/100, la marche n’est pas leur sport favori, tout faire dans leur voiture, porter plainte pour tout et n’importe quoi, Dieu qui est présent aussi bien au tribunal, à l’école ou sur la monnaie tout en étant un pays laïque, les stéroïdes, le football américain même si il ne se passe jamais grand chose….

Bref, un pays avec de nombreuses particularités qui l’a rend aussi à part des autres, même si elle tend à étendre son mode de vie via le cinéma et les séries. Cela ne m’a pas dissuadé pour autant de pas aller là-bas même si les français ne sont pas trop apprécié. Sacré guerre du golf. Je suis persuadée de vivre un vrai choc culturel surtout si en plus je visite plusieurs états.

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill – Jean Regnaud et Emile Bravo

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill
Jean Regnaud et Emile Bravo
Editeur : Gallimard

Lundi 14 septembre 1970, c’est la rentrée des classes pour Jean. Il ne connaît personne, car l’année dernière il était en maternelle dans un autre quartier. Madame Moinot, la maîtresse demande aux enfants de se mettre par deux et de tenir la main de leur voisin. Ainsi, il a un nouvel ami, Alain.

Un sujet l’interroge, où se trouve sa maman. Pour lui, elle est voyage, personne ne veut lui dire pourquoi elle n’est pas à la maison, en plus il ne lui reste aucun souvenir, tout comme à son petit frère. Il a une voisine, avec qui il joue juste entre des arbres qui sépare les deux propriétés. Elle lui fait croire qu’elle reçoit des cartes postales de sa maman. Jusqu’au jour, ou blessée dans son égo de petite fille, il lui avoue que le père Noël n’existe pas et que sa mère est morte.

Il rentre chez lui en pleure, sa grand-mère paternelle et son père essaient de le consoler. Ils lui expliquent que le Père Noël n’existe plus pour les adultes, alors il est devenu grand pour cela. Il en conclut que c’est comme sa maman, il est trop grand pour y croire, mais que c’est important que son petit frère lui y croit.

Un jolie conte magnifiquement illustré, colorisé et écrit. Un vrai plaisir à lire et à regarder. J’aurai aimé une suite, pour savoir comment ce petit garçon va grandir et comprendre que sa mère est morte.

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