Direction le Salon du livre de Paris

101951726Aujourd’hui, j’ai pris la direction du Salon du livre de Paris. Comme à son habitude un lieu qui permet de rencontrer des auteurs, des maisons d’éditions et parfois de céder à la tentation de l’achat. Par chance, je n’ai pas fait d’infidélité à mon libraire.

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Stupeur et tremblements – Amélie Nothomb

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Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l’implacable rigueur de l’autorité d’entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant.
D’erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu’au rang de surveillante des toilettes, celui de l’humiliation dernière. Une course absurde vers l’abîme – image de la vie –, où l’humour percutant d’Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne.

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Amélie Nothomb propose de nous raconter son expérience professionnel ou de son homologue de papier, dans une entreprise japonaise. L’auteure a vécu toute sa petite jeunesse dans le pays du soleil levant et plus grande elle a souhaité aller redécouvrir ce pays qu’elle aimait tant. Bienvenue chez Yumimoto, une expérience que vous ne risquez pas d’oublier.

La mentalité japonaise est bien particulière et c’est cela qui a séduit Amélie Nothomb pour aller y travailler. Mais l’enthousiasme innocent des débuts rencontre très vite une mentalité très différente de celle des occidentaux. Le travail est ce qui le plus important, même devant la famille. Peu de femmes travaillent et encore moins possèdent des postes à haut niveau. Alors lorsque elle travaille aux côtés de Fubuki Mori, elle croyait avoir un soutien, voir une amie. Mais lorsqu’elle l’a dénonce, une rivalité va débuté et la déchéance professionnelle de notre héroïne va tomber jusque dans les toilettes. Une expérience étrange mais enrichissante puisque cela a donné naissance à un livre et une auteure.

Le Japon est un pays avec une véritable culture et des règles très strictes sur le comportement. L’égalité homme/femme est en cours et cela avance très doucement. Les hommes travaillent 6 jours sur 7, rentrent tard ou dorment parfois à leur travail ou à côté et ne voient que leurs enfants le dimanche, qu’ils souhaitent consacrer au repos d’une difficile semaine. Le bonheur est une idée d’occidentale. La femme doit se marier sinon elle devient une honte pour sa famille. Elle doit avoir des enfants et tout leur consacrer du moins jusqu’à trois ans. Cela permet de mieux comprendre une certaine froideur de ces personnes qui ont pourtant du coeur, et certains l’ont prouvé.

J’adore le Japon même si ce côté très coincé et cette obsession du travail à défaut de la santé, de la famille, des enfants, de l’amitié est dérangeant. Mais c’est une autre façon de concevoir le monde et de voir des choses surprenantes. Ce choc des cultures est présenté de façon assez humoristique et les pages de ce fait se tourne avec une certaine délectation de voir la déchéance de cette femme qui va péter les plombs complètement. Un roman plus léger que d’autres ce qui fait du bien et m’a donné envie de replonger dans ces autres histoires.

Envie de partir à la découverte d’un pays radicalement différent à travers le regard d’une petite femme belge? Un livre à apprécier avec un petit thé matcha, comme là-bas, et une ouverture d’esprit qui va faire venir le sourire, car ici, c’est bien d’exprimer des émotions.

De la même auteure
Les combustibles

 

Les combustibles – Amélie Nothomb

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Les combustibles
Auteure : Amélie Nothomb
Editeur : Le livre de poche
Nombre de pages : 89
Genre : Pièce de théâtre
Publication : 1994

 En pleine guerre dans une ville assiégée, je suis la vie de trois personnages, que j’imagine très bien dans un ghetto d’Europe de l’Est pendant la seconde guerre mondiale. Ils vivent ensemble dans l’appartement du professeur contraint par les bombardements extérieurs. Daniel et Marina sont amoureux et viennent de l’université. Leur vrai problème? Le grand froid qui règne et comment résoudre ce problème, surtout après avoir brûlé le mobilier. Il reste les livres, mais comment choisir ceux que l’on doit choisir en premier?

« La formulation habituelle en est : « Quel livre emmèneriez-vous sur une île déserte? » Interrogation que j’ai toujours trouvée un peu stupide, car absurde : si le métier de professeur d’université devait offrir, en prime, un voyage sur une île déserte, ça se saurait. Mais, posée à l’envers, la question devient essentielle : quels livres auriez-vous le moins de scrupules à détruire? Sans la guerre, je n’aurais jamais envisagé cette hypothèse. »

Daniel change de petite copine tous les ans et son poste d’assistant de professeur l’aide à faire des repérages. Il a choisi Marina, mais il s’est mis à l’aimer à moins que la condition de guerre l’a aidé. La destruction de la cité universitaire, pousse la demoiselle à venir habiter avec le professeur et Daniel. Elle n’arrête pas de se plaindre du froid, elle est l’initiatrice du brûlage de livres. Daniel va encore à l’université, même si chaque sortie à l’extérieur est un vrai danger de mort. Le chauffage est en marche et le fait de se coller au mur permet de garder de la chaleur, si rare à l’extérieur. Ils brûlent tous les livres de la bibliothèque du professeur en pesant la valeur de certains ouvrages, aux références imaginaires.

 

De débats sur la valeur d’un ouvrage à celui de la raison sur l’état d’être humain, ils se disputent et moi je m’ennuie. Que de noirceur encore que nous livre Amélie Nothomb qui ne voir que la vie en noir. Quel avenir pour eux? Aucun, et chacun par conséquent en choisi sa fin. Cela nous renvoie à notre condition humaine, que deviendrons nous dans une situation semblable? Et à la question, « qu’elle livre mériterait d’être sauvé? », pas ce livre. D’ailleurs, cela va faire ma troisième lecture sur 10 ans environ, la décision est prise, il va quitter ma bibliothèque vers un nouveau propriétaire inconnu. La question devient, qu’elles sont les livres que j’ai vraiment envie de garder dans ma bibliothèque.

Ce qu’en dit la presse
Marianne Payot – Lire : Et Amélie Nothomb de jouer la littérature comme elle jouerait avec le feu, d’incendier avec un malin plaisir ce qu’elle aime le plus au monde, les livres. Un nouvelle assassinat de sang-froid superbement maîtrisé. 

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