La tête hors de l’eau – Dan Fante

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De : Dan Fante
Traduit par : Jean-Pierre Aoustin
Editeur : 13ème note
Collection : Pulse
Nombre de pages : 240
Parution : novembre 2012

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4ème de couverture
Autour de Los Angeles, une Chrysler abîmée sillonne les routes brûlantes. Au volant, on retrouve le fameux Bruno Dante, l’alter ego de Dan Fante. Apparemment, il va mieux : il fait partie des Alcooliques Anonymes, et même s’il vient de se faire virer de son boulot de vendeur d’aspirateurs, il compte réussir dans le télémarketing. Mais ne nous y trompons pas, Bruno ne compte pas signer son mea culpa. La Tête hors de l’eau est bien le roman d’un appel permanent à la fureur de vivre. Un appel qui, pour Bruno, prend simultanément la forme d’une sublime Irano-Mexicaine aux yeux de « purs saphirs » et d’une écriture de textes qu’il faut achever.

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13ème note a fait le choix de publier tous les livres de Dan Fante. D’ailleurs, ce dernier se définit comme un auteur français car les éditeurs lui ont fait confiance contrairement à ceux de son pays, les Etats-Unis d’Amérique. Le titre La tête hors de l’eau a été épuisé chez Christian Bourgeois et 10/18, une belle occasion pour 13ème note pour proposer le deuxième tome des aventures de Bruno Dante, le double littéraire de Dan Fante.

Après Rien dans les poches, Bruno Dante, anti-héros alcoolique, décide tant bien que mal de s’en sortir en laissant la bouteille de côté. Son cv est plus long que mon bras, car garder un boulot est très compliqué. Il se reprend en main surtout grâce à un emploi dans une entreprise de télémarketing tenu par des anciens alcooliques qui essaient de motiver tous le monde et de donner confiance en chacun. Bruno aurait pu s’en sortir plus facilement s’il n’avait pas rencontrer Jimi, une femme dévastatrice qui va lui faire perdre la tête. Le problème c’est que lui veut s’en sortir mais elle veut s’enfoncer dans les noirceurs des ténèbres en mêlant sexe, drogue et alcool. Le fait d’avoir un jeune garçon ne lui permet de tenir le cap pour lui donner un environnement un peu stable.

Dans la rue, en allant au magasin, j’ai eu comme un éclair de compréhension. Ma vraie difficulté – mon problème –, ce n’étaient pas mes accès de dépression ou mon alcoolisme ou mes échecs professionnels, ni même la peur inexprimée d’être un foutu cinglé. Mon problème, c’étaient les gens. Et il y en avait partout. 

Entre quelques gouttes d’alcool et l’arrêt de se poison addictif, il essaie de reprendre l’écriture car il aime cela. Il sent en lui le besoin de coucher des mots, mais est-ce possible sans être saoul? Y at’il une vraie réponse à cette question? C’est une question que l’auteur se pose souvent, fils de John Fante (Mon chien stupide) alcoolique notoire et passionnée de la plume de Bukowski. Le succès n’est-il pas au fond de la bouteille? Une interrogation qui le taraude, le poussant à réfléchir et à faire des choix qui peuvent lui coûter beaucoup.

Mon gobelet vide à la main, imitant un client nonchalant, j’ai cherché le rayon des spiritueux et les bouteilles de vodka. Après m’être assuré que personne ne me regardait, j’ai pris une grosse bouteille de Smirnoff dans la rangée du fond et dévissé la capsule. Puis, en la tenant assez pas pour ne pas être vu par-dessus le rayon, j’ai rempli le gobelet à ras bord. Trente-trois centimètres de gnôle claire. J’ai revissé la capsule et remis la bouteille à sa place.  En m’éloignant du rayon, avant même d’avoir porté la paillé à mes lèvres et bu ma première gorgée, j’ai senti une onde d’apaisement soulager mon corps, comme un baiser de Dieu. 

La noirceur d’un monde se fait par ces gens qui vivent dans l’excès de tout en détestant ce qui les entoure. Un roman intense qui avance lentement mais nous tient en haleine avec se personnage qui se confond dans les méandres de la dépression et de l’espoir. Un auteur qui me donne envie de le lire encore.

Du même auteur
Régime sec

Livre lu du papa
Mon chien stupide 

 

 

Régime Sec – Dan Fante chez 13ème note

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Titre : Régime Sec
Auteur : Dan Fante
Traducteur : Léon Marcadet
Editeur : 13 ème note
Nombre de pages : 141

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4ème de couverture
Il n’est jamais facile d’être un fils. A fortiori celui d’un écrivain célèbre. D’aucuns compliquent encore en embrassant la carrière paternelle. Ainsi Dan Fante, 64 ans au jus, rejeton errant, longtemps alcoolisé, de feu John Fante. Clochard maudit, poète céleste et suicidaire, romancier tardif. Un homme traqué qui réapparaît sous nos latitudes, avec son premier recueil de textes courts, pour une rédemption littéraire et déglinguée. L’objet du délire ? Régime sec.

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Vous reprendrez bien un petit verre? Voilà ce que pourrait nous proposer Dan Fante. Alcoolique notoire tout comme son père, il nous propose à travers huit nouvelles de nous raconter des moments de sa vie comme taxi. Dans un profond désespoir et désarroi, on suit les mésaventures d’un raté et fier de l’être.

Dan Fante pendant une période est devenu chauffeur de taxi dans Los Angeles pour survivre et va nous faire part de ces déboires. Imbibé d’alcool et de noirceur, il parle d’amour qu’il va noyer dans l’alcool. Puis il va parler de l’amitié, de rencontres impromptues, d’agressivité, de prostitution, de sexualité le tout arroser d’alcool. D’ailleurs, tout tourne autour de l’alcool sans cela, il n’aurait pas de raison de vivre ou de survivre.

Toutefois, malgré l’absence de bien-être ou de bonheur, tout n’est pas empli d’une totale noirceur qui donne envie de mettre fin à ces jours. La lecture reste dynamique et très agréable. Les nouvelles très courtes et se succèdent rapidement faisant que les pages se tournent sans que l’on se rend compte que l’on est déjà arrivé à la fin. Le problème est peut-être l’envie de boire un bon verre pour mieux apprécier les mésaventures de cet homme pour partager sa déchéance dans le trou des paumés.

Dans une ville sans pitié et très dur, il évolue dans la souffrance d’exister au quotidien. Un roman qui se lit vite tout comme un verre qui se boit d’une traite. Certes il n’a pas le talent de son paternel ni d’un Bukowski, mais le voyage entre clair/obscur est au rendez-vous.

Roman de John Fante
Mon chien stupide

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Contes de la folie ordinaire – Charles Bukowski

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4ème de couverture
Aux États-Unis, rien ne se discute, rien ne s’écrit, sans que d’une façon ou d’une autre Bukowski n’y soit mêlé. Or que raconte cet Américain de cinquante-sept ans, né en Allemagne et ancien facteur de son état ?
Tout simplement que l’époque n’a pas bonne mine, que nos mœurs ne s’améliorent pas et que la vie ne vaut d’être vécue qu’entre un comptoir et un lit. Toutes choses que chacun de nous sait mais que Bukowski redit sur un ton inimitable, entre pleurs et rires. À peine lues, ses histoires ne vous quit-tent plus parce qu’immédiatement vous les reconnaissez pour ce qu’elles sont : en prise directe avec nos déboires, nos misères, notre corps, notre esprit.


Lire Bukowski, c’est une aventure quand on y met les pieds pour la première fois. Attention, esprit prude et très sensible, passez votre chemin. Sinon, ouvrez les pages et laissez la folie ordinaire vous envahir.

Tais-toi, traînée! Tu as vidé plus de couilles qu’il y a de boules sur un sapin de Noël. Le ton est donné. 21 nouvelles vont se succéder ayant toutes deux choses en commun : du sexe, du sexe, du sexe et la femme. Et ici pas de détour de forme pour parler de sexe. Pas de mots tels que pénis ou vulve ou d’image pour parler sexualité. Une bite, une couille, un doigt, c’est clair et direct. Derrière cette thématique, on découvre une société pauvre, qui coule, qui sombre, qui n’a plus de repère. L’espoir est une utopie de riche.

Charles Bukowski dit Hank est le personnage principal de ces histoires. Profitez de la vie, c’est profitez de chaque instant de plaisir : le plaisir de la chair, la drogue, la nourriture. Demain, est un autre jour et on verra à ce moment là. Bien entendu, cela ne se fait pas avec le sourire et la bonne humeur. Hargneux, mécontent, chieur, grossier, il déteste les gens. Sa haine c’est sa manière d’aimer le monde.

Les histoires malgré le désespoir ont une intensité qui m’ont touché. Surtout la nouvelle où une jeune fille se suicide, où la petite parcelle de lumière qui commençait à luire ne lui à pas permis de se battre. J’ai ri dans la découverte extraordinaire de la « machine à baiser ». Un peu dangereuse quand même, surtout si vous tenez à votre service trois pièces.

Bref, des histoires qui mettent un bon coup de pied dans les couilles qui permettent de bien prendre en compte que le monde des bisounours c’est pas là. A moins que cela soit la version non officielle.

Une lecture qui à mon avis va se compléter par la découverte de ces autres romans.

L’avis du Bison

Lu du même auteur
Apporte moi de l’amour – Charles Bukowski et Robert Crumb

Wonderpatate challengeus 9lru challenge-romans-cultes

L’étrange contrée – Ernest Hemingway

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Miami était étouffant et humide et le vent de terre qui soufflait des Everglades apportait des moustiques même le matin.

4ème de couverture
Un écrivain désabusé voyage en Floride avec une femme beaucoup plus jeune que lui : ils vont au restaurant, boivent un verre, parlent de la guerre d’Espagne, de leur vie, d’avenir et font l’amour… Soudain tout se trouble, le soupçon de l’inceste rôde, les difficultés à écrire et à vivre resurgissent et, avec elles, l’inexorable fatalité. Réflexion sur l’écriture et l’amour, ce court roman rassemble toutes les obsessions d’un des géants de la littérature américaine.


C’est parti pour un voyage aux Etats-Unis avec un auteur qui pourrait-être Ernest Hemingway et une jeune demoiselle, forte charmante.

Le couple fuit. Roger, vide son compte bancaire, laisse sa femme et ces enfants derrière lui. Il achète une voiture et part avec la jeune Hélèna. Les voilà sur les routes des Etats-Unis où ils s’arrêtent pour boire et manger. Elle, demande sans cesse  si lui, l’aime. Encore et encore et encore. Et lui, dois lui répondre de façon affirmative pour éviter ces questions tellement répétitives. L’image de la femme n’est pas glorieuse. Belle donc forcément crétine et étrange. Et l’homme, lui plus sérieux, terre à terre et qui aime boire. Le pauvre sans alcool, il serait totalement perdu, égaré.

De motel en motel, ils prennent deux chambres séparées, changent de noms, se font passer pour le père et la fille ou un couple. Roger, essai de savoir ce qu’il se passe en Espagne, la guerre approche. Elle s’en cogne, elle veut juste savoir si lui il l’aime et est content d’être avec elle. Quel ennui…. Il ne se passe rien et les échanges sont totalement stériles. En plus, il appel sa compagne « Ma fille », je trouve cela malsain. L’auteur aurait du boire encore un peu pour travailler ce texte. En tout cas, maintenant, c’est moi qui en a besoin.

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Apporte-moi de l’Amour – Charles Bukowski

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Apporte-moi de l’Amour
Charles Bukowski
Editeur : 1001 nuits

Charles Bukowski aux mots et Robert Crumb aux images. Les deux hommes ne se connaissent pas mais ont en commun un univers bien particulier que les éditions 1001 nuits réunissent pour un court recueil de deux nouvelles.

D’un côté, Charles Bukowski, passionné de musique classique avec Bach, Brahms, Beethoven. De l’autre côté, Robert Crumb, auteur du fameux Fritz the cat, passionné de rock, de blues et de 78 tours. Leur point commun, à part le fait d’avoir eu un père autoritaire et castrateur. Ils sont devenus les pères de l’underground, critiquant la religion, le pouvoir avec une défiance envers le genre humain. Apologie de la solitude, du vagabondages, de l’alcool, du sexe, de la lubricité, de la folie.

La première nouvelle Apporte moi de l’amour, met en scène Harry, qui vient rendre visite à sa femme Gloria dans un hôpital psychiatrique. Elle accuse sans cesse son mari de l’a trompé, de sucer des putes. A force de faire des rencontres extra-maritales, elle est devenue folle. En plus, à l’hôtel où il dort, une femme l’accompagne. Innocemment?

Dans la seconde nouvelle, There’s no business, il nous présente un comique qui arrive en fin de carrière, car il ne fait rire plus personne. On suit la déchéance de cet homme dans une société dur et injuste. Surtout lorsqu’on sait qu’il va se faire remplacer par un faiseur de bulles qui réalise des pénis avec les bourses.

Une lecture rapide et incisif d’un pessimisme absolue, mais délicieux tout de même. Les dessins de Crumb correspondent à l’univers de Bukowski. Envie d’un peu d’écriture morose loin de l’univers des bisounours, tenté Bukowski, vous n’allez pas être déçu.

Lien vers l’éditeur : www.1001nuits.com

Du même auteur
Contes de la folie ordinaire

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