La Bibliothèque de Villers – Benoît Peeters

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4ème de couverture
Venu à Villers pour y conduire une enquête sur des crimes vieux de plus de cinquante ans, le narrateur se trouve entraîné, presque malgré lui, dans la plus angoissante des aventures. Plusieurs meurtres vont se produire coup sur coup dans cette ville où le temps semble s’être assoupi. D’abord simple spectateur, le narrateur se trouve soudain mêlé à cette affaire incompréhensible et dont l’étau, cependant, se resserre progressivement autour de lui… L’intrigue de La Bibliothèque de Villers se réfléchit, à la manière d’un miroir critique, dans le bref essai que constitue Tombeau d’Agatha Christie et qui s’emploie à démasquer les procédés familiers de l’auteur des Dix petits nègres. La Bibliothèque de Villers annonce également par bien des traits la série des Cités obscures, réalisée avec François Schuiten.

SPOILER. Difficile de parler de ce livre, surtout de la première histoire La Bibliothèque de Villers, sans dévoiler la fin. Car je n’arrive à choisir si j’ai détesté ou si je dois crier au génie. Dans la postface de Jan Baetens, on lit cela, « D’autre part, l’inachèvement programmé du texte est tel que la simple relecture individuelle, non écrite, ne sera jamais suffisante pour rendre justice à l’appel du livre. » où « Il existe d’ailleurs de nombreuses anecdotes sur des lecteurs à bout de nerfs assaillant l’auteur de coups de fil dans l’espoir de lui arracher la clé supposée de l’énigme. » En effet, j’étais accroché à cette histoire avec des meurtres et l’enquête pour découvrir qui peut bien les commettre. La fin de l’histoire arrive et le narrateur me dit qu’il sait qui est le coupable mais qu’il ne le dévoilera pas. Quoi?? Je relis la fin et je n’ai pas mal compris ou rater des éléments. Non, le secret sera garder par l’auteur.

Dans l’essai qu’il nous propose par la suite sur l’oeuvre d’Agatha Christie, il explique comment se construit les romans policiers. D’ailleurs, il parle un peu de sa nouvelle précédente « Il n’est pas impossible d’imaginer, en prolongeant cette idée, un roman dont la fiction serait suffisamment passionnante pour que le lecteur ressente, avec une très grande intensité, le désir de connaître son dernier mot. C’est ce dernier mot qui, précisément, lui serait refusé, le texte ne renvoyant, en sa fin qu’à lui-même et à sa relecture. Le livre serait ainsi offert une seconde fois au lecteur qui pourrait alors, le relisant, y découvrir ce que, dans sa fièvre première, il n’avait pas su lire. » Quel petit malin cet auteur.

Avec un certain talent d’écriture, où l’on sent tout de même la plume d’un chercheur, il m’a mené en bateau. Je suis partagée avec le génie de m’avoir tenu en haleine, d’avoir provoquer en moi de la colère, du mécontentement et celle de crier au mensonge. Comment peut-on emmener le lecteur dans cette attente pour le planter? L’essai sur Agatha ne m’a pas calmé. Bien au contraire, en plus, il me nargue par rapport à la création d’un roman policier.

Bref, une lecture que je ne risque pas d’oublier. Dois-je remercier mon libraire de me l’avoir conseillé? Je réfléchis encore.

L’avis du Monde de Papier

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