Jarry est Atypique à l’Européen

jarry-affiche-europeenJarry est un humoriste qui monte en puissance et qui commence à se faire sa place dans ce milieu très fermé. Après avoir enchanté de nombreux spectateurs dans divers théâtres, il remonte sur les planches avec son spectacle Atypique à l’Européen.

De plus en plus présent sur le petit écran, sa reconnaissance auprès du grand public se fait plus facilement. Ce qui peut expliquer d’ailleurs la salle presque pleine, le jour où je suis venue. Et bien entendu, quand le talent est là cela aide grandement à faire venir un public certain de passer un bon moment. L’humoriste Jarry décide de nous raconter une histoire farfelue en incarnant un personnage légèrement loufoque en parlant de façon légèrement féminine comme l’image clichée gay.

D’ailleurs, dès le début du spectacle il choisit un homme qui va être sa gentille tête de turc pendant tous le spectacle. Ce jour-là, c’était Arnaud au premier rang qui a eu le droit d’avoir sur ces genoux Jarry ainsi que d’autres signes de tendresse. Par chance, il ne va pas que ce spectateur pris pour cible. Il montre avec ingéniosité sa facilité d’interagir avec le public, l’art de l’improvisation n’a pas beaucoup de secret pour lui. Dommage pour la dame qui avait un rire drôlement sonore et qui avait un bras cassé, en plus. Elle « aurait pu se casser les deux jambes », ainsi elle n’aurait pas été ici ce soir-là. Méchant ? Oui et il l’assume totalement. Mais même si, la dame a réprimé de rire le reste du spectacle, ce fut la première à se lever. Très fairplay.

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Avec souplesse et légèreté, se laissant à quelques fous rires improviser par un public enchanté, Jarry nous raconte l’histoire d’un homme qui va au Pôle Emploi et qui attend son tour. L’attente lui permet de nous raconter ces précédents emplois comme membre du GIGN, caissier à Lidl ou animateur radio. Bien entendu, cela ne se passe jamais bien et se fait virer assez rapidement. Pour nous raconter cela, il saute, il bondit, il virevolte en n’hésitant jamais pour mettre son corps en scène. D’ailleurs, il va nous montrer que son ventre peut se transformer en petit cul. Enfantin, certes mais efficace pour faire rire direct.

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Pas de prise de tête car tout est dérision et absurde. Tout est mis au service du rire pour surprendre le spectacle, là, où on ne l’attend pas forcément. Et que lui ne s’attend pas forcément à être. D’ailleurs, lors de son fameux sketch où il rêve d’être une princesse et qu’il faut qu’il trouve son prince charmant, il fait monter Arnaud. Pas de chance, il ne capte rien alors il fait monter un autre spectateur venu pour le salon de l’agriculture, car lui-même agriculteur. Des moments improbables de rire et de lâcher prise immédiat.

JARRY

Ce spectacle est le premier que je vois deux fois de suite à un an d’écart et une certitude, l’artiste fait évoluer le spectacle, se rapproche plus du public le tout avec beaucoup de travail dans le texte pour le juste usage des mots, le déplacement, le chant et la mise en scène (gros travail avec les jeux de lumière). Un vrai artiste qui aime cela, qui se donne à 200%, qui veut partager et qui prend un plaisir immense et sincère à faire rire. Alors si vous souhaitez vraiment rire et passer une excellente soirée, prenez la direction de la place de Clichy, l’Européen est juste à côté.

Le site officiel de l’humoriste

Ce qu’en dit la presse
Télérama Sortir : « Hors du commun : un potentiel comique et une capacité de jeu exceptionnels »
L’Express Style : « une tornade force 10, un as de la déjante »
Le Parisien : ‘Il déclenche l’hilarité »
Le Canard Enchainé : « Un hurluberlu éberlué, il est tordant »
La Provence : « Epoustouflant de maîtrise et d’inventivité »
Marseille l’hebdo : « Déjanté à souhait … un humour implacable »
Direct Matin :  » Un humour détonnant  »
La Voix du Nord : « Un comique hors norme »
Le Dauphiné libéré : « Loufoque et ubuesque… un vrai succès ! »
Oops :  » La salle est pliée en deux et en redemande ! Bravo !  »
Marie-France :  » Un show déjanté… Rien à voir avec les stand up habituels  »
Ouest France :  » La bonne humeur de Jarry est contagieuse  »
Le Républicain Lorrain :  » Jarry fait la peau aux stéréotypes « 

Mon avis de décembre 2013

26 000 bonnes raisons de rire avec 26 000 couverts

117263-5._26000_couverts_ide_al_club_-_co_26000 Le théâtre Monfort a accueilli dernièrement la compagnie 26 000 couverts qui pour une nouvelle fois nous a proposé un spectacle tout en loufoquerie et en rires avec L’Idéal Club. Bienvenue dans un univers très particulier, celui du music-hall des Monty Python à la française.

On peut être surpris que la compagnie pour une fois ne joue pas dans un chapiteau ou dehors dans le parking. Toutefois la salle est aménagée comme un cabaret avec une scène ovale au centre où du public peut s’assoir autour et une scène tout en longueur avec un plateau légèrement surélevé. Avec de chaque côté des rideaux rouges, les portants remplis de costumes et un orchestre rock rétro. La lumière doucement ce tamise et une sorte de M. Loyal prend la parole un peu de façon dépressive. Puis le premier numéro débute, avec trois hommes habillés en combattant d’arts martiaux mais au final, il monte une cheminé pour déposer un grille saucisse électrique autour de quelques bières. Voilà le ton est donné.

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L’univers de cette compagnie est très riche et absurde à souhait. C’est ainsi que l’on peut rencontrer un dompteur de tente Décathlon, des airs trapézistes, des cartons qui tombent amoureux ou pas, des cowboys jouant de la flûte à bec, la compagnie des Rolling Bretzels, les jongleuses de seins… Le spectacle nous montre un sketch fini et en construction autour de la réflexion qu’est qu’un spectacle idéal. Chacun des comédiens humoristes saltimbanques donnent sa version et proposent des numéros drôles ou complétement râtés ou les deux. Ces acteurs savent tout faire aussi bien jouer, jongler, faire de la musique, chanter, mimer, danser… L’impossible n’existe pas tant que cela est au service de l’art.

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On pourrait croire que c’est très naïf et cela l’est par bien des biais mais je ris à gorges et larmes déployées. Oui, c’est simple le trio de deux scies musicales et d’une tronçonneuse, mais efficace à souhait. Tout comme l’indien qui chante et danse puis à un moment ces plumes se renversent. De chaque côté de la scène apparait deux femmes en tenu de tennis qui joue au badminton avec cet homme qui a une tête de volant. Le ventriloque délateur, Raspoutine avec sa marionnette sous exta qui n’a rien à envier à Jeff Panacloc. Je ris certes mais toute la salle rit de bon cœur, de ce moment salvateur où toute la noirceur n’a pas le choix que le droit à l’oublie, juste pour un moment de bien-être commun. Le tout accompagné de fabuleux musiciens jouant aussi bien Johnny Cash ou Tom Waits.

« C’est quoi pour vous l’idéal ? » « Euh… » A cette question métaphysiqu-euh, les comédiens mangent leur stylo et lèvent les yeux en l’air. « Bon, OK, alors ce serait quoi un cabaret idéal ? » relance le metteur en scène du fond de lasalle. « Y’aurait Chopin au piano, Hendricks à la guitare, et je chanterais en grande robe rouge accompagnée par Gainsbourg » lance une comédienne exaltée. « Ce serait un spectacle complètement rock sans aucune psychologie » assure un comédien qui veut en découdre. « Euh… Les spectateurs pourraient manger le décor ? » tente un autre.

L’univers des 26 000 couverts se rapproche de celui des Monty Python forcément mais aussi ceux des Muppet Show, des Deschiens, des Chiches Capons, d’Edouard Baer, de François Rollin… Un monde complétement déjanté, décalé, subversif, improbable, absurde… où l’on vit et rit de bon cœur. Et c’est cela le plus grand trésor de cette compagnie à part, faire rire simplement en oubliant tout. Alors je cris : OUI A L’HUMOUR POTACHE, OUI AU 26 000 COUVERTS.


Ce qu’en dit la presse
Les 26000 couverts présentent l’Idéal Club, création burlesque et inventive en quête du show parfait. [ …] Un cow-boy arrive sur scène et, prenant des poses ridicules, se met à jouer un air à la flûte à bec. Un deuxième homme le rejoint et, chapeau et santiag compris, l’imite. Puis, apparu au beau milieu du public, un troisième s’y met. Et un quatrième, toujours sur le même principe. La situation dure dans les trois minutes. Simplissime, complètement conne et parfaitement hilarante, elle fait partie de ces nombreux moments réjouissants qui constellent l’Idéal Club. […][…] à quelques scories près, chacun ressort conquis par ce cabaret barré, inventif et sensible, qui culmine dans un finale de comédie musicale destiné à devenir un moment d’anthologie. »

Gilles Renault – Libération – 24 juillet 2010

« Un spectacle de music-hall ? Une compagnie qui en rêve et le construit patiemment. Un ensemble bigarré. Des gags totalement hilarants ; la fluidité de la mise en scène, une grande qualité musicale, une efficacité comique dont le corps, épuisé par le rire, témoigne. Un spectacle qui rend heureux. […]

Du beau théâtre à hauteur d’homme, qui rejette la vanité narcissique du créateur, au profit d’un collectif qui rêve et qui s’amuse. »

Jean-Jacques Delfour – Cassandre – automne 2010

« […] On s’en doutait, les 26000 couverts ne renoncent pas à leur style : égratigner, en le déplaçant légèrement façon Tati, le quotidien consensuel et petit-bourgeois, ou s’enfoncer dans l’absurde le plus accompli, à la manière des Monty Python. »

Emmanuelle Bouchez – Télérama – 30 juin 2010

Site internet du Théâtre Monfort
Site de la compagnie 26 000 couverts

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea – Romain Puertolas

imgresIl paraît incroyable qu’un livre avec le mot Ikéa se vend aussi bien que disparaissent les brochures en magasin. Une publicité gratuite pour une chaîne et un voyage improbable pour un fakir, voilà comment on pourrait résumer le roman de Roman Puertolas : L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa.

 

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Le chevalier inexistant – Italo Calvino

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Le chevalier inexistant
Italo Calvino
Editeur : Folio

Italo Calvino a rédigé une trilogie ayant en commun l’absurdité, une de ces composante est Le Chevalier inexistant. Allons voir ce que ce livre nous raconte.

L’histoire nous est racontée par Soeur Théodora, dans son emploi de nonnain livrière qui doit faire pénitence en écrivant l’histoire d’un chevalier. Lors d’une campagne militaire de Charlemagne, les troupes sont passées en revue. Chaque chevalier soulève son casque et se présente. C’est au tour de la blanche armure, celle d’Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra, chevalier de Sélympie Citérieure de Fez. Il ne souhaite soulever  la visière du heaume, car personne ne vit à l’intérieur de son armure. Seul sa volonté, sa passion le fait agir. Il est très carré et accompli chaque tâche avec honneur.

Personne ne l’apprécie vraiment. Une scène assez cocasse montre sa volonté de vouloir être comme tous le monde mais en faisant cela il montre sa singularité. Lors des repas, les chevaliers se retrouvent chacun à sa place et parlent de leurs exploits. Le chevalier  pinaillent sur les détails pour que toutes les histoires soient précises ce qui contrarient tous les présents à la table et il ne peut pas manger. Il prend un peu de chaque plat et joue avec le pain de façon ordonné.

D’ailleurs, lors d’un de ces repas, toute sa vie va basculer. Son honneur est mis en cause. Accompagné de son fidèle et étrange écuyer, Gourdoulou, il va partir en quête de la femme qui pourra défendre sa valeur, la princesse Sofronie. Son écuyer à la particularité de se prendre pour de nombreuses choses comme un poirier, une soupe ou un canard. Deux autres personnages vont accompagner ce chevalier atypique. Une dame, la belliqueuse Bradamante, qui manie avec talent l’épée, tombe éperdument amoureux de ce chevalier. Et Raimbaut du Roussillon, lui tombe sous le charme de cette dernière et sympathise avec ce chevalier qui l’aide à venger son père.

D’aventures en aventures, les personnages se rencontrent, s’aiment, se détestent et deviennent une autre personne.

Un livre qui se dévore avec plaisir et sourire, où l’absurde est présent avec justesse. L’appréhension était présente avant la lecture et maintenant j’ai envie de lire la trilogie et découvrir l’oeuvre d’Italo Calvino, un homme engagé. Une lecture facile et très agréable, avec des bons mots comme la Surintendance des Duels et Vengeances et Atteintes à l’Honneur ou Raimbaut qui venge son père car son adversaire ne voyait rien car il n’avait plus de lunettes. Je remercie mon libraire qui m’a conseillé ce livre, en me disant qu’il était drôle.

Le petit plus : une biographique d’Italo Calvino en fin de l’ouvrage.

Les deux autres livres de la trilogie 
Le vicomte pourfendu
Le baron perché

Lecture commune avec l’écho des écuries, son avis : l-echo-des-ecuries.over-blog.com/article-le-chevalier-inexistant-italo-calvino-116703378.html

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